Taille des arbustes d'ornement

46 passages · calendrier-2026-08-12

Quand tailler un rosier buisson : la taille de fin d'hiver et son bon repère

Le rosier buisson se taille en fin d'hiver, quand les grands froids sont passés et que les bourgeons commencent à gonfler. Selon les régions, cela va de la fin février dans le Midi à la fin mars ou au début avril dans l'Est et en altitude : le repère est le végétal, pas le calendrier. Attendez que les yeux se colorent et pointent nettement le long des tiges. Tailler trop tôt fait partir des pousses tendres que les gelées tardives font noircir. Tailler trop tard, quand les pousses ont déjà filé de plusieurs centimètres, fait perdre à l'arbuste l'énergie qu'il a mise dedans. Le rosier buisson fleurit sur les pousses de l'année : c'est cette coupe de fin d'hiver qui déclenche le départ des rameaux qui porteront les fleurs de juin.

Comment tailler un rosier buisson : sévérité, choix des branches, coupe sur un œil

Sur un rosier buisson, gardez trois à cinq branches charpentières bien réparties et supprimez tout le reste : le bois mort, les branches grêles comme une mine de crayon, celles qui se croisent au centre et celles qui filent vers l'intérieur. L'objectif est un centre ouvert où l'air circule. Rabattez ensuite les branches conservées à trois ou cinq yeux du pied, soit une vingtaine de centimètres selon la vigueur : plus le sujet est faible, plus la taille est courte, car une coupe courte concentre la sève dans peu de départs. Coupez en biais, à un demi-centimètre environ au-dessus d'un œil tourné vers l'extérieur, pour que la pousse s'écarte du centre au lieu de l'encombrer. Une coupe trop loin de l'œil laisse un chicot qui sèche.

Rosier buisson : supprimer les fleurs fanées en été pour relancer la floraison

Sur un rosier buisson remontant, le nettoyage des fleurs fanées se fait au fil de l'été, de juin jusqu'en septembre. Ne vous contentez pas de pincer la fleur sèche : coupez la tige défleurie plus bas, juste au-dessus de la première feuille complète à cinq folioles tournée vers l'extérieur. Le bourgeon logé à cette aisselle est assez fort pour repartir et donner une nouvelle tige florale, alors que ceux situés plus haut, sous les feuilles à trois folioles, ne donnent que des pousses maigres qui fleurissent mal. Arrêtez ce nettoyage vers la fin septembre : les coupes plus tardives relancent des pousses tendres qui n'ont pas le temps de durcir avant l'hiver et qui grillent au premier gel.

Rosier remontant ou non remontant : reconnaître les deux et adapter la période

La distinction commande toute la taille des rosiers. Un rosier remontant fleurit une première fois en juin puis à nouveau en vagues jusqu'aux gelées : il fleurit sur les pousses de l'année, donc il se taille en fin d'hiver, avant le départ de végétation. Un rosier non remontant ne fleurit qu'une fois, en mai ou juin, sur le bois formé l'année précédente : le tailler en fin d'hiver reviendrait à couper les rameaux qui portent déjà les boutons, et la saison serait blanche. Il se taille donc juste après sa floraison, en juin ou juillet. Sur un sujet inconnu repris avec une maison, le plus sûr est de l'observer une saison entière avant d'y toucher : une année d'attente coûte moins qu'une floraison supprimée.

Quand tailler un rosier grimpant remontant : fin d'hiver, puis entretien d'été

Un rosier grimpant remontant se taille en fin d'hiver, de février à mars selon la région, avant que les bourgeons ne partent. Conservez la charpente : quatre à six longues branches principales palissées, que l'on ne rabat pas. La taille porte sur les rameaux latéraux qui partent de ces charpentières. Rabattez-les à deux ou trois yeux, soit une dizaine de centimètres : ce sont eux qui donneront les bouquets de fleurs de l'année. Supprimez au même passage le bois mort et les vieilles branches épuisées, coupées au ras de leur départ, et remplacez-les par une jeune tige partie du pied. En été, contentez-vous de couper les fleurs fanées et de rentrer les pousses vagabondes dans le palissage.

Rosier grimpant non remontant : tailler juste après la vague de fleurs de juin

Un rosier grimpant non remontant, du type de ceux qui couvrent une façade d'une seule vague de fleurs en mai et juin, se taille juste après cette floraison, dans les semaines qui suivent : en juin ou en juillet selon la région. La raison tient en une phrase : il fleurit sur le bois de l'année précédente, et les rameaux qui porteront les fleurs de l'an prochain se construisent pendant l'été qui vient. Le tailler en hiver revient à les supprimer. Après la floraison, coupez à la base les branches les plus âgées, gardez les jeunes tiges vigoureuses parties du pied, et rabattez les rameaux défleuris. Palissez ensuite les nouvelles tiges tant qu'elles sont encore souples.

Rosier grimpant : palisser les charpentières à l'horizontale pour garnir le bas

Un rosier grimpant palissé à la verticale fleurit en haut et se dégarnit en bas : c'est le défaut le plus courant, et il se corrige au palissage bien plus qu'au sécateur. Conduisez les branches charpentières à l'horizontale, ou en éventail très ouvert, le long d'un fil tendu ou d'un treillage. Une branche couchée émet des rameaux latéraux sur toute sa longueur, et ce sont ces latéraux qui portent les fleurs. Attachez avec un lien souple en laissant du jeu, car le bois grossit et un lien serré finit par entailler la tige. Le meilleur moment pour palisser est l'automne ou la fin d'hiver, quand les tiges de l'année sont encore assez souples pour être courbées sans casser.

Quand tailler un hortensia macrophylla : attendre la fin de l'hiver, pas l'automne

L'hortensia à grosses têtes, l'hortensia macrophylla des jardins, se taille en fin d'hiver ou au tout début du printemps, souvent en mars selon la région. Ne le taillez pas à l'automne : les têtes sèches laissées en place abritent du froid les bourgeons situés juste en dessous, et ce sont eux qui donneront les fleurs de l'été suivant. C'est l'erreur la plus fréquente sur cet arbuste, et elle se paye par une année sans fleurs. Attendez donc que le risque de fortes gelées soit écarté, ce qui peut aller de la fin février sur la façade atlantique au début avril à l'intérieur des terres, puis taillez quand les bourgeons du haut des tiges sont visiblement gonflés.

Comment tailler un hortensia macrophylla sans supprimer les fleurs de l'été

L'hortensia macrophylla fleurit sur le bois formé l'année précédente : sa taille doit donc rester légère. Sur chaque tige portant une tête sèche, coupez juste au-dessus de la première ou de la deuxième paire de gros bourgeons située sous l'inflorescence. Vous ne retirez ainsi que quelques centimètres de bois. Profitez du même passage pour supprimer à la base le bois mort, les tiges cassées et les plus vieilles branches, celles dont l'écorce se détache en lanières : en enlever une ou deux par an suffit à renouveler la touffe. Ne rabattez jamais l'ensemble de la touffe à vingt centimètres. Le pied repartira en feuilles, vigoureusement, mais il ne fleurira pas cette année-là.

Quand tailler un hortensia paniculata : la coupe de fin d'hiver et sa sévérité

L'hortensia paniculata, celui dont les fleurs forment des cônes allongés qui s'ouvrent en été, se taille en fin d'hiver, de février à mars selon la région, avant le départ de végétation. Contrairement à l'hortensia macrophylla, il accepte une taille franche : il fleurit sur les pousses de l'année, donc tout ce que vous coupez en hiver sera remplacé par des rameaux neufs qui fleuriront la même saison. Vous pouvez laisser les panicules sèches sur l'arbuste tout l'hiver, elles tiennent bien et décorent le jardin ; la taille les emportera au printemps. Un sujet taillé court donne des fleurs moins nombreuses mais plus grosses, un sujet taillé long l'inverse.

Comment tailler un hortensia paniculata : rabattre chaque année sur une charpente

Sur un hortensia paniculata, l'idée est de construire une charpente basse et permanente, puis de rabattre dessus chaque fin d'hiver. Choisissez cinq à huit branches charpentières bien réparties et rabattez tous les rameaux de l'année qui en partent à une ou deux paires de bourgeons de leur base, soit une quinzaine de centimètres. Au fil des ans, un moignon renflé se forme à chaque point de coupe : c'est normal, taillez toujours juste au-dessus de lui. Supprimez au passage le bois mort, les rameaux très fins et ceux qui poussent vers l'intérieur. Si l'arbuste a été laissé libre plusieurs années, remontez vers une charpente propre sur deux saisons plutôt qu'en une fois.

Quand tailler la lavande : la coupe qui suit la floraison, en fin d'été

La lavande se taille au moins une fois par an, juste après la floraison, quand les épis commencent à sécher : selon les régions et l'année, cela tombe entre la fin juillet et la fin août. Coupez les tiges florales fanées et environ un tiers de la pousse de l'année qui les porte, de façon à redonner à la touffe une forme de boule régulière. Le repère est visuel : après la coupe, la touffe doit rester ferme et arrondie, sans trou. Taillez de préférence par temps sec. Cette coupe de fin d'été empêche la lavande de monter sur pattes, ce qui est son défaut naturel : sans elle, la touffe se dégarnit par le centre en trois ou quatre ans et s'ouvre en couronne.

Lavande : ne pas couper dans le vieux bois, et reprendre une touffe dégarnie

La lavande ne repart pas, ou très mal, sur le bois âgé et dépourvu de feuilles : c'est la règle qui commande toute sa taille. Coupez toujours dans la partie encore garnie, en laissant quelques centimètres de pousse verte feuillée sous le trait de coupe. Un pied rabattu sur du bois nu reste nu à cet endroit, parfois définitivement. Sur une touffe déjà dégarnie, ouverte au centre et ligneuse à la base, la reprise en main est lente et incertaine : rabattez très progressivement, un tiers de la touffe par an et uniquement sur les parties encore feuillées, en acceptant un résultat inégal. Souvent, replanter et tailler le jeune pied dès sa première année va plus vite.

Quand tailler un buddleia : la taille sévère de fin d'hiver et sa raison

Le buddleia, l'arbuste aux papillons, se taille sévèrement en fin d'hiver, de février à mars selon la région, avant que les bourgeons ne s'ouvrent. Il fleurit sur les pousses de l'année : tout ce que vous rabattez en hiver repart en rameaux neufs qui fleuriront le même été. Rabattez les branches de l'année à une ou deux paires de bourgeons de leur point de départ, soit environ trente à cinquante centimètres du sol selon la place dont vous disposez et la hauteur voulue. Un buddleia non taillé fleurit tout de même, mais il monte, se dégarnit du bas et ses grappes s'appauvrissent d'année en année. Supprimez au passage le bois mort et les rameaux fins, nombreux sur cet arbuste.

Buddleia : couper les grappes fanées en été pour prolonger la floraison

Sur un buddleia, la floraison s'étale de juillet à septembre et se relance si l'on ne laisse pas les grappes monter en graines. Dès qu'une grappe brunit, coupez-la juste au-dessus de la première paire de feuilles ou du premier départ de rameau situé en dessous. L'arbuste repart alors en deux nouvelles pousses à cet endroit, qui fleuriront quelques semaines plus tard. Repassez toutes les deux ou trois semaines pendant l'été pour tenir la floraison jusqu'aux premiers froids. Cette coupe légère a un second effet, souvent décisif quand le jardin est mitoyen : elle limite fortement les semis spontanés du buddleia, qui essaime volontiers dans les graviers et les murets.

Quand tailler un forsythia : juste après la floraison jaune du printemps

Le forsythia se taille immédiatement après sa floraison, dans les deux à trois semaines qui suivent la chute des fleurs jaunes : selon les régions, cela va de la fin mars à la fin avril. Il fleurit sur le bois formé l'année précédente, et les rameaux qui porteront les fleurs du printemps prochain se construisent pendant l'été qui vient. Le tailler en hiver, ou même en juillet, revient à les supprimer : c'est la cause la plus fréquente d'un forsythia qui ne fleurit plus. Après la floraison, rabattez d'un tiers environ les rameaux qui ont fleuri, en coupant au-dessus d'une jeune pousse bien placée, et supprimez à la base le bois mort et les branches couchées au sol.

Rajeunir un vieux forsythia dégarni : renouveler les branches par tiers

Un forsythia laissé libre pendant dix ans fleurit surtout en périphérie et se vide au centre : ses branches deviennent grises, s'arquent jusqu'au sol et ne portent plus que de courts rameaux épuisés. La reprise en main se fait juste après la floraison, au printemps. Supprimez chaque année, au ras du sol, le tiers des branches les plus âgées, celles dont l'écorce est la plus terne et la plus fissurée, en gardant les tiges jeunes et droites parties du pied. En trois ans, toute la touffe est renouvelée sans jamais perdre une floraison. Le rabattage complet à vingt centimètres reste possible sur un sujet vigoureux, mais il coûte une saison de fleurs, souvent deux.

Quand tailler un lilas : dans les semaines qui suivent la floraison de mai

Le lilas se taille juste après sa floraison, en mai ou en juin selon la région et l'année. Il forme dès l'été les boutons qui s'ouvriront au printemps suivant : une taille d'hiver les emporte, et le lilas passe une année entière sans fleurir. Le geste principal consiste à couper les panicules fanées juste sous la grappe sèche, au-dessus de la première paire de bourgeons. Ces deux bourgeons donneront les pousses qui porteront les fleurs de l'an prochain, il ne faut donc pas descendre plus bas. Profitez du même passage pour supprimer le bois mort et une ou deux vieilles branches à la base. Le lilas supporte mal une taille sévère et répétée chaque année.

Lilas : gérer les rejets du pied et rajeunir un sujet devenu trop haut

Le lilas émet des rejets à la base, parfois à bonne distance du pied. Sur un sujet greffé, ces rejets viennent souvent du porte-greffe : ils sont très vigoureux, leur feuillage diffère un peu, et ils finissent par prendre la place de la variété choisie. Supprimez-les à leur point de départ, en dégageant la terre pour les arracher d'un coup sec plutôt qu'en les coupant net, ce qui ne fait que les multiplier. Sur un lilas franc de pied, quelques rejets bien placés servent au contraire à renouveler la touffe. Pour rajeunir un sujet devenu trop haut, étalez le travail sur trois ans : chaque année, après la floraison, coupez à la base une ou deux des plus grosses branches.

Quand tailler un weigela : après la vague de fleurs de mai et juin

Le weigela se taille juste après sa floraison principale, en juin, quand les clochettes commencent à sécher. Il fleurit sur les rameaux formés l'année précédente : la taille de fin d'hiver, courante et tentante puisque l'arbuste est alors nu et lisible, supprime précisément les tiges qui devaient fleurir. Après la floraison, rabattez les rameaux défleuris d'environ un tiers, en coupant juste au-dessus d'une jeune pousse orientée vers l'extérieur. L'arbuste dispose ainsi de tout l'été pour construire les rameaux de l'an prochain. Certains weigelas donnent une seconde floraison plus discrète en fin d'été : elle vient sur les pousses de l'année et ne demande aucune intervention.

Weigela : renouveler la touffe en supprimant un tiers des vieilles branches

Le weigela vieillit par la base : ses plus vieilles branches, grises et arquées, fleurissent de moins en moins et encombrent le centre de la touffe. Le bon rythme consiste à supprimer chaque année, juste après la floraison de juin, une à trois des branches les plus âgées, coupées au ras du sol. Comptez environ un tiers de la touffe : sur trois ans, l'arbuste est entièrement renouvelé et il n'a jamais cessé de fleurir. Repérez ces vieilles branches à leur écorce terne et grise et à la finesse de leurs rameaux. Gardez au contraire les tiges jeunes et droites parties du pied dans l'année : ce sont elles qui porteront les fleurs des saisons suivantes.

Quand tailler une spirée à floraison de printemps : juste après les fleurs

Les spirées qui fleurissent au printemps, en avril et mai, avec de petites fleurs blanches serrées le long de rameaux arqués, se taillent juste après cette floraison, en mai ou en juin. Elles fleurissent sur le bois de l'année précédente, donc une taille de fin d'hiver supprimerait la floraison entière. Après les fleurs, rabattez d'un tiers les rameaux qui ont fleuri en coupant au-dessus d'un départ de jeune pousse, et supprimez au ras du sol une ou deux des plus vieilles branches. Respectez le port retombant naturel de ces spirées : une coupe au taille-haie, à hauteur constante, leur donne une silhouette en boule qui casse la cascade de rameaux.

Quand tailler une spirée à floraison d'été : rabattre court en fin d'hiver

Les spirées qui fleurissent en été, de juin à septembre, avec des corymbes roses ou rouges au bout des pousses, se taillent en fin d'hiver, de février à mars selon la région. Elles fleurissent sur les pousses de l'année : plus vous rabattez, plus les rameaux neufs sont vigoureux et les fleurs nombreuses. Rabattez l'ensemble de la touffe à vingt ou trente centimètres du sol, au-dessus de bourgeons visibles, et supprimez le bois mort et les rameaux fins. En cours d'été, couper les corymbes fanés juste sous la fleur relance souvent une seconde vague en fin de saison. Ces deux familles de spirées se ressemblent beaucoup au feuillage : c'est la saison de floraison qui tranche.

Quand tailler un seringat : dans le mois qui suit la floraison parfumée

Le seringat, l'arbuste aux fleurs blanches très parfumées de la fin du printemps, se taille juste après sa floraison, en juin ou en juillet selon la région. Il fleurit sur les rameaux formés l'année précédente et il construit pendant l'été qui suit les tiges qui porteront les fleurs de l'an prochain : c'est pourquoi une taille d'hiver, ou même une taille tardive en septembre, se paye par une saison sans parfum. Après les fleurs, rabattez les rameaux défleuris jusqu'à un départ de jeune pousse bien orienté, et supprimez au ras du sol une à trois des branches les plus âgées. Ne taillez pas à hauteur constante : le seringat a un port souple et arqué.

Seringat dégarni du bas : rajeunir la touffe sans perdre deux ans de fleurs

Un seringat qui n'a jamais été taillé finit dégarni du bas, avec des branches nues sur près d'un mètre et des fleurs uniquement en hauteur. Le rajeunissement progressif est presque toujours le meilleur choix : chaque année, juste après la floraison, supprimez au ras du sol le tiers des branches les plus âgées, celles dont l'écorce grise se détache en plaques. Les jeunes tiges parties du pied prennent le relais et fleurissent dès la deuxième année. En trois ans la touffe est neuve, et vous avez eu des fleurs chaque saison. Le rabattage complet à vingt centimètres est supporté par un sujet vigoureux, mais il coûte deux saisons de floraison.

Quand tailler une haie de laurier-palme : le passage de printemps et celui d'été

Le laurier-palme, le laurier-cerise des haies de jardin, se taille en général deux fois par an : un premier passage au printemps, en avril ou en mai, une fois les fortes gelées passées et la nouvelle pousse démarrée, puis un second en fin d'été, en août ou au début septembre. Le second passage compte autant que le premier : il fixe la silhouette avant l'hiver et évite d'avoir à intervenir dans le froid. Évitez les coupes tardives d'octobre et novembre, qui relancent des pousses tendres prises par les premières gelées. Sur une haie jeune que l'on veut épaissir, trois passages légers dans la saison donnent une haie plus dense qu'une seule coupe sévère.

Laurier-palme : préférer le sécateur au taille-haie sur les grandes feuilles

Le laurier-palme porte de grandes feuilles épaisses. Un taille-haie les coupe en deux, et les moitiés restées sur la haie brunissent puis sèchent sur le rang : la haie garde des taches brunes pendant plusieurs semaines, le temps que la nouvelle pousse les recouvre. Sur une haie de longueur raisonnable, ou au moins sur la face la plus visible, le sécateur donne un résultat bien plus net : on coupe la tige entre deux feuilles plutôt qu'au travers du limbe. Le taille-haie reste acceptable sur de longs linéaires, à condition de repasser ensuite pour retirer les feuilles à moitié sectionnées. Taillez la haie plus étroite en haut qu'en bas, pour éclairer la base.

Quand tailler une haie de charmille : le passage de juin et celui de fin d'été

La charmille, la haie de charme conduite taillée, demande un passage principal en juin, quand la première pousse de printemps est terminée, et un second en fin d'été, en août ou au début septembre, pour rattraper la seconde pousse. Sur une haie bien établie et peu vigoureuse, un seul passage annuel en fin d'été suffit à tenir la forme, mais la haie sera moins nette au printemps. Ces périodes valent pour une haie d'agrément ordinaire ; sur une charmille jeune que l'on cherche à épaissir, taillez plus souvent et plus court. Évitez la coupe en plein soleil et en pleine sécheresse : les feuilles sectionnées à vif rougissent sur les bords.

Charmille : taille de formation et feuilles sèches conservées tout l'hiver

La charmille garde une partie de ses feuilles sèches, brunes et bruissantes, jusqu'au départ de la nouvelle pousse au printemps : c'est ce qui en fait une haie encore opaque en hiver alors que le charme est un arbre à feuilles caduques. Cet effet ne s'obtient que par une taille régulière et assez basse ; un charme conduit en arbre libre, lui, perd normalement ses feuilles à l'automne. Sur une haie en formation, taillez court dès les premières années, y compris en hauteur : c'est la coupe du sommet qui force les départs latéraux et donne une haie garnie jusqu'au sol. Une haie qu'on laisse monter d'abord et qu'on rattrape ensuite reste creuse à la base.

Quand tailler une haie de troène : le rythme des passages d'avril à septembre

Le troène pousse vite et repart de partout : c'est une haie qui demande deux à trois passages par an pour rester nette, répartis d'avril à septembre. Un premier passage en avril ou mai après le départ de végétation, un deuxième en juin ou juillet, un troisième en fin d'été si la haie est vigoureuse et si vous la voulez impeccable. Un seul passage annuel suffit lorsque vous acceptez une haie plus libre. Arrêtez-vous au début septembre dans les régions froides : les pousses tendres relancées par une coupe tardive sont prises par les premières gelées et noircissent sur le rang. Taillez la haie plus étroite au sommet qu'à la base, pour que la lumière atteigne le bas.

Troène devenu trop large : le rabattage sévère de fin d'hiver et sa reprise

Le troène fait partie des rares arbustes de haie qui repartent franchement sur le vieux bois : une haie devenue trop large ou trop haute peut être rabattue sévèrement en fin d'hiver, en février ou mars, avant le départ de végétation. Reprenez une face à la fois, en la coupant nettement plus court que la ligne visée, et attendez une saison complète que la repousse garnisse avant de reprendre l'autre face. La haie restera nue et peu esthétique pendant quelques mois, puis les départs apparaissent sur le bois ancien dès le printemps. Arrosez au pied la première saison qui suit ce rabattage, surtout si la haie est ancienne et le sol sec en été.

Quand tailler un photinia : les passages qui relancent les jeunes pousses rouges

Le photinia se taille deux à trois fois par an, et chaque coupe déclenche une nouvelle pousse rouge : c'est tout l'intérêt de le tailler souvent. Le premier passage se fait en fin d'hiver ou au tout début du printemps, vers mars, avant le démarrage ; le deuxième après la première vague rouge, vers juin, quand les jeunes feuilles ont verdi ; un troisième reste possible en fin d'été, en août. Évitez les coupes tardives d'automne, qui relancent des pousses tendres à contretemps et les exposent au gel. Sur une haie de photinia, une taille légère et fréquente donne une couleur bien plus continue qu'une seule coupe sévère par an.

Photinia : sévérité de coupe et reprise d'un sujet dégarni de la base

Sur un photinia, taillez plutôt court à chaque passage : rabattre les pousses de cinq à quinze centimètres suffit à déclencher deux ou trois départs par tige, et c'est la multiplication de ces départs qui densifie la haie. Une coupe faite juste au-dessus d'une feuille ou d'un bourgeon visible donne un redémarrage plus propre qu'une coupe au hasard sur une portion de tige nue. Le photinia se dégarnit souvent du bas lorsqu'il est taillé plus large en haut qu'en bas : donnez à la haie une section légèrement trapézoïdale. Il repart bien sur le bois ancien, donc un rabattage de fin d'hiver reste envisageable sur un sujet fatigué.

Quand tailler un buis : la période de printemps et le second passage d'été

Le buis se taille au printemps, en avril ou en mai selon la région, une fois les fortes gelées passées et la première pousse tendre bien sortie. Un second passage léger est possible en fin d'été, en août, pour reprendre la forme avant l'hiver. Ne taillez pas par forte chaleur ni en plein soleil de midi : les feuilles sectionnées à vif roussissent sur les bords et la boule reste piquée de brun. Un temps couvert et sec est idéal. Évitez également les coupes de fin d'automne, qui exposent au froid des pousses trop jeunes. Le buis pousse lentement, donc mieux vaut deux coupes légères qu'une taille sévère : une erreur de forme met plusieurs saisons à se rattraper.

Buis en topiaire : fréquence de taille et reprise d'une forme déformée

Une topiaire de buis nette demande deux passages par an, au printemps et en fin d'été ; sur une forme géométrique très lisse, un troisième passage en juin garde les arêtes vives. Taillez peu à chaque fois, quelques centimètres seulement, en suivant la silhouette existante, éventuellement avec un gabarit ou un fil tendu pour les formes régulières. Le buis repart sur le bois ancien, ce qui permet de reprendre une forme déformée : rabattez alors franchement à la fin du printemps, quitte à découvrir du bois nu, et laissez une saison complète aux départs pour regarnir. Sur un sujet ancien, ne reprenez qu'une face ou qu'un étage par an.

Quand tailler une glycine en été : raccourcir les longues tiges en juillet et août

La glycine se taille deux fois par an, et le passage d'été est le plus utile pour la floraison. En juillet ou en août, quand les longues tiges volubiles de l'année se sont allongées de plusieurs mètres, raccourcissez-les à cinq ou six feuilles de leur point de départ sur la charpente. Ce raccourcissement arrête la course en avant de la plante et concentre la sève dans des rameaux courts et trapus, à la base desquels se forment les gros boutons ronds qui donneront les grappes du printemps. Gardez seulement les tiges dont vous avez besoin pour prolonger la charpente, et palissez-les au fur et à mesure de leur allongement.

Quand tailler une glycine en hiver : la taille courte de janvier à février

La glycine se taille en hiver, de janvier à février selon la région, quand la plante est nue et que la structure se lit bien : c'est le second des deux passages annuels de la glycine, celui qui suit le raccourcissement des longues tiges fait en été. Reprenez ces tiges déjà raccourcies et rabattez-les cette fois à deux ou trois bourgeons de leur base, soit quelques centimètres seulement. À ce stade les boutons à fleurs se distinguent facilement des bourgeons à feuilles : ils sont nettement plus gros et plus ronds, et vous coupez au-dessus d'eux. Supprimez le bois mort, les tiges enchevêtrées et celles qui s'insinuent sous une gouttière ou derrière un volet : une glycine âgée développe une force considérable et soulève ce qu'elle enserre.

Glycine qui ne fleurit pas : construire la charpente et tailler court deux fois par an

Une glycine qui fait des mètres de tiges et pas de fleurs est presque toujours une glycine qu'on laisse courir. La floraison vient des rameaux courts, et ces rameaux courts ne se forment que si l'on arrête les longues tiges deux fois par an, en été puis en hiver. Commencez par établir une charpente : deux à quatre bras principaux palissés à l'horizontale, que l'on ne rabat plus une fois en place. Tout le reste devient du rameau à tailler court. La patience compte aussi : un sujet issu de semis peut mettre de nombreuses années avant de fleurir, alors qu'un sujet greffé fleurit bien plus tôt. Un excès d'azote au pied entretient également le feuillage.

Tailler une clématite à floraison de printemps, type montana : après les fleurs

Les clématites qui fleurissent au printemps sur le bois de l'année précédente, dont la clématite montana est l'exemple le plus courant dans les jardins, se taillent juste après leur floraison, en mai ou en juin. Elles n'ont besoin d'aucune taille pour fleurir : on intervient seulement pour contenir l'encombrement, dégager une gouttière ou une fenêtre, et retirer le bois mort et l'enchevêtrement sec accumulé au fil des ans. Taillez donc après les fleurs et pas plus tard, car les rameaux formés pendant l'été porteront la floraison du printemps suivant. Sur un sujet devenu énorme, rabattez une portion à la fois, sur deux ou trois saisons.

Tailler une clématite à grandes fleurs de mai-juin : taille légère de fin d'hiver

Les clématites à grandes fleurs qui s'ouvrent en mai et juin fleurissent sur les rameaux formés l'année précédente, souvent avec une seconde vague plus légère en fin d'été sur les pousses de l'année. Elles demandent une taille courte et prudente en fin d'hiver, de février à mars : remontez chaque tige depuis le haut jusqu'à la première paire de gros bourgeons bien vivants et coupez juste au-dessus, en retirant tout le bois sec situé plus haut. Ne rabattez pas au sol, vous perdriez la floraison principale. Après la première vague de fleurs, une taille légère des tiges défleuries favorise la remontée de fin de saison.

Tailler une clématite à floraison d'été, type viticella : rabattre en fin d'hiver

Les clématites qui fleurissent de juillet aux gelées, dont les clématites viticella et les clématites à petites fleurs d'automne, portent leurs fleurs uniquement sur les pousses de l'année. Elles se rabattent franchement en fin d'hiver, de février à mars selon la région : coupez toutes les tiges à vingt ou trente centimètres du sol, juste au-dessus d'une paire de bourgeons visibles. C'est la taille la plus simple de toutes les clématites et la plus difficile à rater. Sans elle, la plante monte et fleurit de plus en plus haut en laissant un paquet de tiges sèches à la base. Paillez le pied et gardez-le à l'ombre : la clématite aime avoir la tête au soleil.

Bois de l'année ou bois de l'année précédente : la règle qui fixe la période

Toute la taille des arbustes d'ornement tient dans une question : sur quel bois l'arbuste fleurit-il ? Un arbuste qui fleurit au printemps, avant ou pendant la sortie des feuilles, fleurit presque toujours sur le bois formé l'année précédente. C'est le cas du forsythia, du lilas, du seringat, du weigela, de la spirée de printemps et de la clématite montana : ils se taillent juste après leur floraison, jamais en hiver. Un arbuste qui fleurit en été, au bout de pousses feuillées sorties dans la saison, fleurit sur le bois de l'année : buddleia, hortensia paniculata, spirée d'été, clématite viticella. Ceux-là se taillent en fin d'hiver et acceptent une coupe franche.

Taille de formation et taille d'entretien : deux gestes aux buts différents

La taille de formation intervient dans les premières années suivant la plantation. Elle construit la structure : on choisit les branches charpentières, on écarte celles qui se croisent, et on taille souvent plus court que ne le voudrait l'instinct, car c'est la coupe qui force les départs latéraux et donne un arbuste garni jusqu'à la base. Un sujet qu'on laisse monter d'abord reste creux du bas ensuite, et cela ne se rattrape plus. La taille d'entretien vient après : elle conserve une structure déjà en place, renouvelle le vieux bois par tiers, retire le bois mort et maintient un volume. Elle est légère et annuelle. Confondre les deux donne un arbuste dégarni, ou un arbuste sans cesse mutilé.

Haies persistantes et haies caduques : deux calendriers de taille distincts

Une haie persistante, laurier-palme, troène en climat doux, photinia ou buis, se taille pendant la saison de végétation : un passage au printemps une fois les fortes gelées passées, un second en fin d'été. La haie reste garnie toute l'année, donc chaque coupe se voit longtemps, et il vaut mieux tailler souvent et peu. Une haie caduque, charmille ou hêtre, se taille à la fin du printemps une fois la première pousse terminée, puis éventuellement en fin d'été ; sa structure se rattrape aussi en hiver, quand elle est nue et lisible. Dans les deux cas, évitez les coupes de fin d'automne, et donnez à la haie une section plus étroite en haut qu'en bas.

Outils de taille et propreté de coupe : lame affûtée, coupe nette, lame propre

Un sécateur à lame franche, du type à deux lames qui se croisent, écrase moins les tissus qu'un modèle à enclume et convient mieux aux rameaux vivants. Gardez la lame affûtée : une coupe nette se referme vite, une coupe mâchée laisse un bois éclaté qui sèche mal. Passez à l'ébrancheur au-delà de deux centimètres de diamètre, et à la scie d'élagage au-delà de trois ou quatre, plutôt que de forcer sur le sécateur, ce qui finit par tordre la lame. Essuyez et nettoyez la lame entre deux sujets, en particulier après avoir coupé du bois mort ou un rameau atteint de chancre : une lame sale transporte d'un arbuste à l'autre ce que vous venez d'ôter.

Erreurs de période les plus fréquentes en taille d'arbustes d'ornement

Quatre erreurs reviennent sans cesse au comptoir. Tailler en hiver un arbuste à floraison printanière, forsythia, lilas, seringat ou weigela : les boutons sont déjà formés sur le bois de l'an dernier, et l'année est blanche. Rabattre un hortensia macrophylla à l'automne : les têtes sèches abritaient les bourgeons qui devaient fleurir. Tailler une haie trop tard, en octobre ou novembre, ce qui relance des pousses tendres prises par les premières gelées. Enfin tailler trop tôt en fin d'hiver, avant que les fortes gelées ne soient passées : les yeux réveillés par la coupe partent et noircissent au premier coup de froid. Dans le doute, attendez la floraison et taillez juste après.