Taille des arbres fruitiers

40 passages · calendrier-2026-08-12

Pommier : quand tailler, la période d'hiver et sa raison

Le pommier se taille surtout pendant le repos végétatif, entre la chute des feuilles et le départ de la végétation, le plus souvent de novembre à mars selon la région et la douceur de l'année. À cette période la charpente est visible, on lit la structure de l'arbre sans le feuillage, et les réserves sont descendues dans le bois et les racines, si bien que l'arbre repart vigoureusement au printemps. Évitez les journées de fort gel : le bois est cassant et la coupe se referme mal. Beaucoup de jardiniers attendent la fin de l'hiver, en février ou début mars, pour tailler plus près du redémarrage et limiter le temps pendant lequel les plaies restent ouvertes. Une taille tardive, juste avant le débourrement, freine un peu la vigueur ; une taille précoce en début d'hiver la stimule davantage. Sur un pommier adulte équilibré, une intervention par an suffit largement.

Pommier : la taille de formation des trois premières années

Sur un jeune pommier, la taille de formation construit la charpente qui portera l'arbre pendant des décennies. L'objectif est simple : un tronc net, puis trois à cinq branches charpentières bien réparties autour de l'axe, étagées en hauteur et ouvertes vers l'extérieur. On supprime les branches qui concurrencent l'axe, celles qui partent vers le centre et celles qui se croisent. Les branches trop dressées portent peu de fruits : on les incline en les attachant plutôt qu'en les coupant, car l'arcure calme la vigueur et fait naître des boutons à fleur. À la plantation d'un scion, un rabattage franc en fin d'hiver déclenche la première ramification ; les années suivantes, on raccourcit modérément le prolongement de chaque charpentière pour la faire ramifier sans l'épuiser. Restez léger : un jeune pommier trop taillé répond par des pousses verticales et retarde sa première récolte.

Pommier : reconnaître les dards et les lambourdes avant de couper

Le pommier porte ses fruits sur des organes courts installés sur du bois de deux ans et plus : les dards, petits éperons pointus, les lambourdes, un peu plus longues et terminées par un bouton renflé, et les brindilles couronnées, fines et coiffées d'un bouton à fleur. Ces organes sont la récolte de l'année suivante : les couper, c'est tailler ses propres pommes. Un bouton à fleur est gros, arrondi et un peu duveteux ; un bourgeon à bois est plat, pointu et collé au rameau. La taille de fructification consiste à dégager ces organes de la concurrence : on éclaircit les rameaux qui les ombragent, on retire le bois mort et les branches qui se croisent, et on raccourcit les coursonnes devenues trop longues et ramifiées pour les rapprocher de la charpentière. Sur un pommier qui produit une année sur deux, retirer une partie des boutons à fleur en hiver aide à régulariser la récolte.

Poirier : période de taille en hiver et ce qui le distingue du pommier

Le poirier se taille pendant le repos végétatif, de la chute des feuilles jusqu'au gonflement des bourgeons, en pratique de novembre à mars selon la région ; beaucoup de jardiniers préfèrent février. Il démarre un peu plus tôt que le pommier au printemps, donc ne repoussez pas l'intervention trop loin. Le poirier est naturellement plus dressé et plus vigoureux : ses rameaux montent à la verticale et se dégarnissent à la base si on les laisse faire. La réponse n'est pas de couper davantage, car chaque coupe sévère relance des pousses verticales, mais d'incliner et d'arquer les branches jeunes pour les rapprocher de l'horizontale. Une branche couchée fleurit, une branche dressée pousse. En hiver on retire le bois mort, les branches qui se croisent et les rameaux qui plongent vers le centre, puis on limite la hauteur en revenant sur une ramification latérale plutôt qu'en coupant droit au milieu d'un rameau.

Poirier : taille de formation en axe vertical ou en palmette palissée

Le poirier se forme bien en axe vertical : un tronc central conservé, et autour de lui des branches courtes et proches de l'horizontale, réparties en spirale du bas vers le haut. Les branches basses restent les plus longues, celles du sommet les plus courtes, pour que la lumière descende jusqu'en bas. À la plantation d'un scion, on le rabat en fin d'hiver à hauteur de genou ou un peu plus haut pour déclencher les premières ramifications, puis chaque hiver on choisit les pousses à garder et on supprime celles qui rivalisent avec l'axe. Le poirier accepte aussi très bien les formes palissées contre un mur, palmette à branches horizontales ou cordon, parce que ses rameaux plient sans casser tant qu'ils sont jeunes. Dans ce cas la formation se fait surtout par attachage : on fixe progressivement les branches sur les fils, un peu à chaque saison, et on ne coupe que ce qui sort du plan du palissage.

Poirier : coursonnes, brindilles et ce qu'il ne faut pas raccourcir

Sur un poirier, les fruits naissent sur des coursonnes courtes et sur des brindilles fines terminées par un bouton à fleur, installées sur du bois de deux ans et plus. Ces brindilles ressemblent à de petits rameaux insignifiants et se font raccourcir par réflexe : c'est l'erreur classique, on supprime la récolte de l'année. Avant de couper un rameau fin, regardez son extrémité : un bouton gros et arrondi annonce une fleur, un bourgeon plat et pointu ne donnera que du bois. La taille de fructification se limite alors à éclaircir : enlever le bois mort, les rameaux qui se croisent, ceux qui poussent vers l'intérieur, et rajeunir les coursonnes trop longues en revenant à deux ou trois yeux d'une ramification bien placée. Sur un poirier âgé qui ne fait plus que du bois, une remise en forme progressive, étalée sur deux ou trois hivers, donne un meilleur résultat qu'une coupe sévère en une seule fois.

Cerisier : pourquoi le tailler juste après la récolte plutôt qu'en hiver

Le cerisier supporte mal les grosses coupes et referme lentement ses plaies : c'est pourquoi on le taille en été, dans les semaines qui suivent la récolte, en général en juillet ou en août selon la région et la précocité de l'année. À ce moment l'arbre est encore actif, la coupe sèche vite et se recouvre pendant que le temps est chaud, alors qu'une plaie faite en hiver reste ouverte des mois par temps humide. Les écoulements de gomme sur les grosses coupes sont d'ailleurs un signal : l'arbre réagit à une blessure qu'il a du mal à refermer. En pratique, taillez peu et taillez tôt ; mieux vaut retirer chaque été un rameau gros comme un doigt que devoir couper une charpentière au bout de dix ans. Un cerisier bien conduit peut passer plusieurs années sans autre intervention que la suppression du bois mort et des branches qui se croisent.

Cerisier : taille de formation et pourquoi limiter les grosses coupes

La formation d'un cerisier se joue dans les cinq premières années, quand les branches sont encore fines et que chaque coupe reste petite. Le gobelet ouvert convient bien : un tronc court, trois à quatre charpentières partant en étoile, et un centre dégagé pour que la lumière atteigne l'intérieur de la ramure. Sur les variétés greffées sur porte-greffe vigoureux, l'arbre monte vite ; on limite la hauteur en revenant chaque été sur une ramification latérale bien orientée, jamais en coupant droit au milieu d'une grosse branche. Les branches trop dressées se ramènent en les attachant vers l'horizontale pendant la belle saison plutôt qu'en les supprimant. Le principe qui guide toute la formation du cerisier tient en une phrase : anticiper pour ne jamais avoir à faire de grosse coupe, parce que c'est la grosse coupe qui abîme cet arbre.

Cerisier : les bouquets de mai portent la récolte, ne les coupez pas

Le cerisier fructifie sur des organes courts appelés bouquets de mai : de petits éperons de quelques centimètres, portant une couronne de feuilles et plusieurs boutons à fleur, installés sur du bois de deux ans et plus. Ils restent productifs plusieurs années de suite. Les raccourcir, ou les casser au passage du sécateur, revient à supprimer directement les cerises de la saison suivante. Sur un jeune cerisier, les longs rameaux d'un an ne portent presque rien : c'est les années suivantes, quand ces rameaux se garnissent de bouquets, que la récolte arrive. La patience fait donc partie de la taille et l'on ne rabat pas systématiquement les pousses d'un an. L'intervention utile se limite au bois mort, aux rameaux qui plongent vers le centre et aux branches qui se frottent, en laissant intacts tous les éperons courts qui garnissent la charpente.

Prunier : tailler en fin d'été après la récolte, pas au cœur de l'hiver

Le prunier se taille de préférence en fin d'été, après la récolte, ou au début de l'automne tant que le temps reste doux et sec. Comme les autres arbres à noyau, il referme mal les plaies faites en hiver et réagit aux grosses coupes par des écoulements de gomme. Une coupe pratiquée en août sur un arbre encore en végétation se recouvre beaucoup plus vite. Restez sobre : retirez le bois mort, les branches cassées par le poids des fruits, celles qui se croisent et les rameaux qui encombrent le centre. Les pruniers drageonnent souvent depuis le porte-greffe ; ces rejets partant du sol se coupent au ras dès qu'ils apparaissent, à n'importe quel moment de la saison, sinon ils captent la vigueur de l'arbre. Si une remise en forme importante s'impose, étalez-la sur deux ou trois étés successifs plutôt que de tout couper la même année.

Prunier : formation en gobelet et entretien léger d'une année sur l'autre

Un jeune prunier se forme en gobelet ou en demi-tige, avec un tronc dégagé et trois à cinq charpentières bien réparties. Les deux ou trois premières années, on se contente de choisir ces branches et de supprimer celles qui les concurrencent, sans raccourcir davantage : le prunier ramifie facilement et une taille trop appuyée le fait repartir en gerbe de pousses verticales. Il fructifie à la fois sur des rameaux d'un an et sur des éperons courts installés sur du bois plus âgé, donc on ne rabat pas systématiquement les pousses de l'année précédente. Une fois l'arbre formé, l'entretien annuel est léger : éclaircir pour que la lumière entre, limiter la hauteur en revenant sur une ramification latérale, et retirer les branches qui plongent vers l'intérieur. Toutes ces interventions se font en fin d'été, quand l'arbre referme encore bien ses coupes.

Pêcher : taille de fin d'hiver, au moment où les boutons se distinguent

Le pêcher se taille en fin d'hiver, en février ou en mars selon la région, au moment où les boutons commencent à gonfler et où l'on distingue les boutons à fleur, ronds et duveteux, des bourgeons à bois, pointus et plaqués contre le rameau. Attendre ce stade rend la taille beaucoup plus juste : on voit ce que l'on garde. Cette taille est annuelle et non facultative, car le pêcher se dégarnit vite ; les rameaux qui ont fructifié ne refleurissent pas, la production se déplace chaque année vers l'extrémité des branches et l'intérieur de l'arbre devient nu si on ne le rappelle pas régulièrement. Évitez les périodes de gel et les journées très humides. Sur un pêcher planté depuis peu, la taille de fin d'hiver sert surtout à installer trois ou quatre charpentières ouvertes ; sur un arbre adulte, elle sert à ramener chaque année du bois jeune près de la charpente.

Pêcher : la récolte se fait sur les rameaux de l'année précédente

Le pêcher porte ses fruits uniquement sur le bois poussé l'année précédente, jamais sur du bois plus âgé. Le rameau à privilégier est le rameau mixte : de la longueur d'une main à celle d'un avant-bras, souple, portant à la fois des boutons à fleur groupés par deux ou trois et des bourgeons à bois qui donneront la pousse de remplacement. On le conserve en le raccourcissant modérément. Les rameaux très courts, garnis uniquement de boutons à fleur, donnent un fruit puis s'épuisent : ils ne renouvellent rien. Les rameaux très longs et vigoureux, garnis seulement de bourgeons à bois, ne donneront pas de récolte cette année. La taille consiste donc à choisir sur chaque charpentière un nombre raisonnable de rameaux mixtes bien répartis, à retirer le reste, et à conserver systématiquement près de la base un rameau destiné à fournir le bois de l'an prochain.

Pêcher : la taille en vert de l'été et l'éclaircissage des jeunes pousses

En complément de la taille de fin d'hiver, le pêcher profite d'une intervention en vert pendant la belle saison, entre mai et juillet. Elle consiste à supprimer à la main les jeunes pousses mal placées tant qu'elles sont tendres : celles qui partent vers l'intérieur, celles qui poussent sous une charpentière, et les pousses verticales très vigoureuses installées sur le dessus des branches. Pincer une pousse herbacée coûte beaucoup moins à l'arbre que couper le même rameau devenu ligneux six mois plus tard. Cette intervention fait entrer la lumière au moment où les fruits grossissent, ce qui améliore leur coloration, et limite l'humidité stagnante dans un feuillage dense. C'est aussi le moment d'éclaircir les fruits, quand ils ont la taille d'une noisette, en gardant une pêche tous les quinze à vingt centimètres environ, pour éviter que les branches ne cassent.

Abricotier : taille légère après la récolte et prudence sur les grosses coupes

L'abricotier est le plus délicat des arbres à noyau sur la question des plaies : il referme lentement et réagit aux grosses coupes par des écoulements de gomme et par le dessèchement de branches entières. On le taille donc peu, et de préférence en fin d'été après la récolte, quand l'arbre est encore actif et que le temps est sec, plutôt qu'au cœur de l'hiver. Une taille légère chaque année vaut mieux qu'une reprise en main tous les cinq ans. Concrètement : bois mort, branches cassées, rameaux qui se croisent, et limitation de la hauteur en revenant sur une ramification latérale. Ne coupez pas de branche plus grosse que le poignet si vous pouvez l'éviter, et si vous devez le faire, répartissez ces coupes sur plusieurs années. Sur un abricotier planté depuis peu, la formation se fait surtout en choisissant les charpentières et en attachant les branches, plus qu'en coupant.

Abricotier : formation en gobelet et renouvellement des rameaux dégarnis

L'abricotier fructifie sur des éperons courts, appelés bouquets, installés sur du bois de deux à trois ans, ainsi que sur les rameaux d'un an. Ces bouquets s'épuisent au bout de quelques saisons : sans renouvellement, la production se déplace vers l'extrémité des branches et le centre de l'arbre se dégarnit. L'entretien consiste donc à ramener régulièrement du bois jeune près de la charpente, en retirant chaque année quelques rameaux âgés et improductifs pour laisser la place aux pousses de remplacement. La formation initiale, en gobelet ouvert avec trois à quatre charpentières, prépare ce travail : un arbre aéré garde des bouquets fertiles jusqu'à l'intérieur de sa ramure. Menez ces interventions en fin d'été, après la récolte, et gardez-les modestes ; sur cette espèce, plusieurs petites coupes réparties sur des années valent mieux qu'une seule coupe importante.

Figuier : taille de fin d'hiver et sort des figues-fleurs déjà formées

Le figuier se taille en fin d'hiver, généralement en février ou en mars selon la région, une fois les fortes gelées passées et avant le départ de la végétation. Une taille faite trop tôt en hiver expose les coupes au froid ; une taille faite trop tard fait couler la sève en abondance. Le point à comprendre avant de couper : chez les variétés qui donnent deux récoltes, les premières figues, dites figues-fleurs, sont déjà présentes sous forme de petits fruits sur les rameaux de l'année précédente dès l'automne. Rabattre ces rameaux en fin d'hiver supprime la récolte précoce de l'été. Si cette première récolte compte pour vous, taillez peu et conservez les rameaux d'un an portant ces petites figues. Si seule la récolte d'automne vous intéresse, vous pouvez tailler plus franchement, puisqu'elle se forme sur les pousses de l'année en cours.

Figuier : maîtriser la hauteur et former une touffe accessible à la cueillette

Un figuier livré à lui-même monte haut et met ses fruits hors de portée : la taille sert d'abord à garder une ramure basse et accessible. Sur un jeune plant, rabattez en fin d'hiver pour faire partir trois à cinq branches charpentières depuis la base, en touffe ouverte, plutôt qu'un tronc unique. Sur un sujet installé, ramenez chaque fin d'hiver les branches qui montent trop, en revenant sur une ramification latérale bien orientée vers l'extérieur, et retirez le bois mort, les rameaux qui se croisent et ceux qui poussent vers le centre. Le figuier repart facilement du vieux bois, ce qui autorise la reprise d'un sujet négligé, mais étalez-la sur deux hivers pour ne pas déclencher une forêt de pousses verticales. Les rejets qui partent du pied se coupent au ras dès qu'ils apparaissent, sauf si vous souhaitez justement remplacer une branche âgée.

Vigne : taille d'hiver pendant le repos et la question des pleurs de sève

La vigne se taille pendant le repos végétatif, entre la chute des feuilles et le débourrement, en pratique de décembre à mars selon la région. Beaucoup attendent la fin de l'hiver : une taille tardive retarde légèrement le débourrement, ce qui aide dans les secteurs sujets aux gelées de printemps. Il faut en revanche terminer avant que la sève ne monte franchement, sinon les plaies pleurent abondamment ; les pleurs n'épuisent pas la souche autant qu'on le dit, mais ils signalent une taille trop tardive et gênent la cicatrisation. La règle de fond : la vigne fructifie sur les pousses de l'année, qui naissent elles-mêmes sur les sarments d'un an. On conserve donc chaque hiver un petit nombre de sarments jeunes bien placés et on retire tout le reste. Une vigne non taillée fait beaucoup de bois, beaucoup de feuilles et de moins en moins de raisin.

Vigne : former le tronc et le cordon pendant les trois premières années

Les trois premières années d'une vigne servent à construire un tronc et une charpente durables. La première année après plantation, on laisse pousser, puis on rabat en fin d'hiver sur deux yeux pour obtenir un départ vigoureux. La deuxième année, on garde la pousse la plus forte, on la palisse verticalement pour former le tronc à la hauteur voulue et on supprime les autres. La troisième année, on établit la forme choisie : soit un cordon horizontal permanent le long d'un fil, sur lequel on installera des coursons courts à deux yeux, soit une taille longue où l'on conserve chaque hiver une baguette d'une dizaine d'yeux plus un courson de rappel à deux yeux, destiné à fournir le bois de l'année suivante. Dans les deux cas le principe est identique : produire cette année, et préparer en même temps le bois qui produira l'année prochaine.

Vigne : épamprage, rognage et travaux en vert de la belle saison

Entre le printemps et l'été, la vigne demande des travaux en vert qui comptent autant que la taille d'hiver. L'épamprage consiste à retirer à la main, dès qu'elles sont tendres, les pousses parties du tronc ou du vieux bois : elles ne portent rien et captent de la vigueur. Le relevage puis le palissage des rameaux entre les fils maintiennent le feuillage droit et espacé. Le rognage raccourcit les extrémités qui retombent, quand la végétation dépasse le palissage. Un effeuillage léger autour des grappes, du côté le moins exposé au soleil de l'après-midi, fait circuler l'air et sécher la rosée plus vite, ce qui gêne l'installation de l'oïdium et du mildiou ; effeuillez modérément, car des grappes entièrement découvertes souffrent des fortes chaleurs. Tous ces gestes se font progressivement, au fil de la pousse, et non en une seule fois.

Kiwi : taille d'hiver de l'actinidia sur les sarments d'un an

Le kiwi, ou actinidia, est une liane vigoureuse qui produit sur les pousses de l'année, lesquelles naissent sur les sarments d'un an. La taille d'hiver se fait pendant le repos, souvent en janvier, et doit être terminée avant la montée de sève de fin d'hiver, car les plaies pleurent ensuite abondamment. On conserve la charpente permanente, tronc et bras palissés, puis on choisit sur ces bras un nombre limité de sarments d'un an bien placés, que l'on raccourcit à quelques yeux au-delà de la zone qui a déjà porté des fruits. Tout le bois qui a fructifié deux fois est retiré, ainsi que l'enchevêtrement de rameaux enroulés les uns sur les autres. Une liane non taillée devient une masse impénétrable qui ne fleurit plus qu'en périphérie. Prévoyez une structure solide : un kiwi adulte pèse lourd et la taille est impossible sur un support qui plie.

Kiwi : taille d'été, pincement au-dessus des fruits et cas du pied mâle

En été, le kiwi demande une intervention complémentaire, entre juin et août. On pince les rameaux fructifères quelques feuilles au-delà du dernier fruit, ce qui arrête l'allongement et envoie la sève vers les kiwis plutôt que vers les extrémités. On retire les pousses qui s'enroulent autour des autres rameaux ou du support, ainsi que celles qui partent du tronc et du vieux bois. Point important : la plupart des kiwis sont dioïques, avec des pieds mâles et des pieds femelles, et seul le pied femelle porte les fruits. Le pied mâle ne se taille pas en hiver comme le femelle : on le laisse fleurir, puis on le taille juste après la floraison en réduisant les rameaux qui viennent de fleurir. Le rabattre sévèrement en hiver revient à supprimer les fleurs qui assurent la pollinisation, donc la récolte du pied femelle voisin.

Framboisier non remontant : couper les cannes qui ont porté les fruits

Le framboisier non remontant donne une seule récolte, au début de l'été, sur les cannes sorties de terre l'année précédente. Ces cannes s'épuisent après avoir fructifié et ne redonneront rien. Dès la fin de la récolte, coupez-les au ras du sol ; elles se reconnaissent facilement, leur écorce est brune, sèche et se desquame, alors que les nouvelles pousses de l'année sont vertes et souples. Ces jeunes cannes sont la récolte de l'été suivant : on les conserve, on les palisse sur un fil et on n'en garde que six à huit par mètre de rang, en retirant les plus faibles et les drageons qui s'écartent de la ligne. En fin d'hiver, on se contente de raccourcir l'extrémité sèche ou abîmée des cannes conservées. Aérer le rang de cette façon limite aussi l'humidité stagnante entre les tiges.

Framboisier remontant : deux conduites possibles, une ou deux récoltes

Le framboisier remontant produit deux fois : à la fin de l'été et en automne sur les pousses de l'année en cours, puis au début de l'été suivant sur la partie basse de ces mêmes cannes. Deux conduites sont possibles. La plus simple consiste à couper toutes les cannes au ras du sol en fin d'hiver : la plantation repart de zéro chaque printemps et donne une seule récolte, abondante et tardive, sur des tiges jeunes et faciles à entretenir. L'autre conduite garde les cannes une année de plus ; après la récolte d'automne on raccourcit seulement la partie qui a fructifié, en conservant la base pour la petite récolte du début d'été, puis on coupe la canne entière une fois cette seconde production terminée. Choisissez selon votre besoin : une grosse récolte d'automne avec un entretien minimal, ou deux récoltes étalées avec un rang plus dense à gérer.

Groseillier à grappes : taille d'hiver et formation des coursonnes courtes

Le groseillier à grappes fructifie surtout sur des coursonnes courtes installées sur du bois de deux et trois ans, et un peu à la base des pousses d'un an. La taille se fait en hiver, pendant le repos, de décembre à février. Sur une touffe formée, on garde une dizaine de branches d'âges différents, réparties comme les doigts d'une main ouverte, et on coupe chaque hiver au ras de la souche les deux ou trois branches les plus âgées, sombres et peu productives. Les rameaux latéraux se raccourcissent à deux ou trois yeux pour former des coursonnes ramassées. On enlève aussi ce qui traîne au sol et ce qui pousse vers le centre : une touffe ouverte sèche plus vite après la pluie et se cueille sans se battre avec les branches. Un groseillier jamais renouvelé continue de vivre, mais ses grappes deviennent courtes et clairsemées.

Groseillier à maquereau : aérer le centre et relever les rameaux retombants

Le groseillier à maquereau porte ses fruits sur des coursonnes courtes de deux ans et plus, comme le groseillier à grappes, mais ses rameaux épineux retombent et s'enchevêtrent vite. La taille d'hiver vise donc surtout à dégager le centre : on coupe les branches qui plongent vers l'intérieur, celles qui touchent le sol et les plus âgées, sombres et fatiguées, pour ne conserver qu'une charpente aérée en forme de coupe. Les rameaux latéraux se raccourcissent à deux ou trois yeux. Cette ouverture n'est pas cosmétique : un buisson dense reste humide longtemps après la pluie et l'oïdium s'y installe volontiers, alors qu'un feuillage traversé par l'air sèche vite. Elle rend aussi la cueillette moins pénible sur une plante épineuse. Sur un sujet négligé, étalez la remise en forme sur deux hivers plutôt que de tout dégager la même année.

Cassissier : renouveler le bois, car les fruits viennent sur les pousses d'un an

Le cassissier se distingue des groseilliers sur un point décisif : il fructifie surtout sur les pousses de l'année précédente, du bois jeune d'un an. Les branches de trois ans et plus donnent des grappes courtes et peu de fruits. La taille d'hiver, de décembre à février, sert donc à renouveler en permanence : chaque année on coupe au ras du sol environ un tiers des branches, les plus âgées, reconnaissables à leur écorce foncée et à leur aspect noueux, pour faire monter de nouvelles pousses vigoureuses depuis la souche. On garde une touffe d'une dizaine de branches d'âges mélangés. On peut aussi intervenir juste après la récolte, en coupant les branches qui viennent de porter les fruits, ce qui laisse plus de lumière aux jeunes pousses pendant la fin de l'été. Dans les deux cas le principe reste le même : du bois jeune chaque année.

Noisetier : taille d'hiver, gestion des rejets et aération de la touffe

Le noisetier se taille en hiver, hors période de gel, en gardant en tête qu'il fructifie sur les pousses de l'année précédente et que sa floraison, sous forme de chatons, est déjà en place dès l'automne : une taille sévère en fin d'hiver enlève une partie de la récolte. On le conduit en touffe de six à dix branches d'âges différents. Chaque hiver, on coupe au ras du sol les deux ou trois branches les plus vieilles et les plus grosses pour faire place à de jeunes pousses, on retire le bois mort et les branches qui se croisent, et on ouvre le centre pour laisser passer la lumière. Les rejets qui sortent du sol autour de la touffe sont nombreux : on garde chaque année les mieux placés pour le renouvellement et on arrache les autres. Sur un sujet greffé, les rejets partant sous le point de greffe se coupent systématiquement.

Olivier : tailler au printemps, une fois les fortes gelées passées

L'olivier se taille au printemps, une fois les fortes gelées passées, souvent de mars à mai selon la région. On évite l'automne et l'hiver, car les coupes fraîches et le froid ne font pas bon ménage sur cette espèce, et parce qu'une taille faite avant l'hiver stimule des pousses tendres au mauvais moment. Attendre le printemps présente un autre avantage : les dégâts du froid sont alors visibles, on voit quelles branches sont sèches et on taille en connaissance de cause. La fréquence dépend de l'objectif. Un olivier d'ornement se contente d'une intervention légère tous les deux ou trois ans, pour garder sa silhouette et sa transparence. Un olivier conduit pour la récolte se taille chaque année ou une année sur deux, car la production dépend du renouvellement régulier du bois jeune.

Olivier : gobelet aéré et rameaux d'un an à conserver pour la récolte

L'olivier fructifie sur les rameaux poussés l'année précédente : ce sont ces pousses souples, un peu pendantes, garnies de feuilles fines, qui porteront les fleurs puis les olives. Les rabattre systématiquement revient à supprimer la récolte. La conduite classique est le gobelet : un tronc dégagé, trois ou quatre charpentières écartées, et un centre ouvert où la lumière entre, parce qu'un olivier fructifie mal à l'ombre de son propre feuillage. La taille consiste donc à retirer le bois mort, les rameaux qui poussent vers l'intérieur, ceux qui se croisent, et les pousses verticales très vigoureuses qui montent depuis les charpentières. Les rejets qui partent du pied, souvent nombreux, se coupent au ras. Évitez les rabattages sévères sur les grosses branches : l'olivier repart, mais il répond par une masse de pousses désordonnées à reprendre pendant plusieurs années.

Agrumes en pot : quand tailler un citronnier ou un oranger cultivé en bac

Un agrume cultivé en pot, citronnier, oranger, mandarinier ou calamondin, se taille à la sortie de l'hiver, en fin d'hiver ou au début du printemps, avant la reprise de la végétation et avant de le ressortir dehors. C'est aussi le moment où l'on fait le point sur les branches sèches ou dégarnies apparues pendant l'hivernage à l'intérieur. Une difficulté propre aux agrumes : ils portent souvent en même temps des fruits en cours de grossissement, des fleurs et des jeunes pousses. On taille donc en regardant l'arbre, pas le calendrier, en évitant de sacrifier les rameaux chargés de fruits. La taille reste légère : on rééquilibre la silhouette, on raccourcit les rameaux qui déforment la couronne en revenant au-dessus d'une feuille bien orientée, et on retire le bois mort. Un agrume en pot supporte mal d'être rabattu sévèrement chaque année.

Agrumes en pot : gourmands, aération de la ramure et pincement des pousses

Sur un agrume en pot, trois gestes suffisent la plupart du temps. D'abord retirer les gourmands : ces pousses très vigoureuses, verticales, souvent épineuses et à grandes feuilles, qui partent du tronc ou du centre de la couronne et captent toute la vigueur sans jamais fructifier. Sur un sujet greffé, celles qui sortent sous le point de greffe se coupent au ras sans hésiter. Ensuite aérer l'intérieur de la ramure en enlevant le bois mort et les rameaux qui se croisent : un feuillage traversé par l'air sèche mieux et les cochenilles s'y installent moins facilement. Enfin pincer l'extrémité des jeunes pousses pendant la belle saison, pour densifier la couronne sans grosse coupe. Gardez en tête que la ramure et les racines vont de pair : un agrume en pot se rempote ou se surface tous les deux à trois ans, et une taille sévère sur un sujet à l'étroit dans son bac donne rarement un bon résultat.

Taille en vert contre taille d'hiver : ce que chacune produit sur l'arbre

Sur un arbre fruitier, la taille en vert et la taille d'hiver n'ont pas le même effet, et c'est la raison pour laquelle on les combine. La taille d'hiver, faite pendant le repos végétatif, enlève du bois alors que les réserves sont stockées dans les racines et le tronc : l'arbre les redistribue au printemps sur un nombre réduit de bourgeons, donc il repart plus fort. Tailler beaucoup en hiver stimule la vigueur, ce qui est utile sur un arbre faible et contre-productif sur un arbre qui fait déjà trop de bois. La taille en vert, pratiquée du printemps à la fin de l'été sur des pousses encore tendres, retire au contraire des feuilles en activité : elle calme la vigueur, laisse entrer la lumière au moment où les fruits se colorent, et favorise la transformation de pousses à bois en organes fertiles. Elle a un autre mérite : pincer une pousse herbacée entre deux doigts fait une blessure minuscule, alors que le même geste six mois plus tard demande une coupe franche au sécateur.

Gourmands : les reconnaître et les enlever sans relancer l'arbre en pousses

Sur un arbre fruitier, un gourmand est une pousse née d'un bourgeon latent sur du vieux bois ou sur le tronc : très vigoureuse, parfaitement verticale, avec de longs entre-nœuds et de grandes feuilles, et sans aucun bouton à fleur. L'arbre en produit surtout après une taille sévère, une casse ou une perte de branches, comme une réaction pour rétablir son équilibre. La règle utile : enlevez-les tôt et à la main. Un gourmand arraché en juin, tant qu'il est herbacé, part avec sa base et ne repousse pas au même endroit, alors que le même gourmand coupé au sécateur l'hiver suivant fait repartir trois pousses. Ne le confondez pas avec le rejet, qui sort du sol au pied de l'arbre depuis le porte-greffe et se coupe au ras systématiquement. Un gourmand bien placé peut aussi servir : sur une charpentière dégarnie, on le conserve et on l'incline vers l'horizontale pour le transformer, en deux ou trois saisons, en branche fruitière.

Arbres à pépins contre arbres à noyau : deux calendriers de taille distincts

Chez les arbres fruitiers, la distinction entre arbres à pépins et arbres à noyau commande le calendrier de taille. Les arbres à pépins, pommier, poirier, cognassier, cicatrisent correctement et acceptent la taille pendant le repos végétatif : on intervient de la fin de l'automne à la fin de l'hiver, avec une préférence pour février et mars. Ils fructifient sur des organes courts et durables, dards, lambourdes, brindilles couronnées, installés sur du bois de deux ans et plus, ce qui autorise une taille précise année après année. Les arbres à noyau, cerisier, prunier, abricotier, pêcher, referment mal les plaies faites en saison froide et humide, et réagissent aux grosses coupes par des écoulements de gomme. On les taille donc en végétation : en fin d'été après la récolte pour le cerisier, le prunier et l'abricotier, en fin d'hiver au gonflement des boutons pour le pêcher, qui exige un renouvellement annuel de son bois.

Pourquoi certains fruitiers se taillent après la récolte et pas en hiver

Tailler juste après la récolte répond à une logique simple : intervenir quand l'arbre est encore en activité et capable de refermer ses coupes. Sur les arbres à noyau comme le cerisier, le prunier et l'abricotier, une plaie faite en juillet ou en août sèche par temps chaud et se recouvre en quelques semaines, alors que la même plaie faite en janvier reste ouverte tout l'hiver, dans l'humidité, ce qui favorise l'installation de chancres. Le deuxième argument est visuel : après la récolte, on sait exactement quelles branches ont produit, lesquelles sont restées stériles et lesquelles ont cassé sous la charge, donc on taille avec l'information de l'année. Le troisième est physiologique : enlever du feuillage en fin d'été calme un peu la vigueur, ce qui convient à des espèces déjà vigoureuses. La contrepartie est qu'il faut rester léger ; on ne restructure pas un arbre à cette période, on l'entretient.

Outils de taille : coupes nettes, lames propres et passage d'un arbre à l'autre

Sur un arbre fruitier, la qualité de la coupe compte autant que le moment de la taille. Un sécateur bien affûté sectionne net ; une lame émoussée écrase les fibres et laisse une surface qui sèche mal. Adaptez l'outil au diamètre : sécateur jusqu'à l'épaisseur d'un doigt, ébrancheur ou scie au-delà, sans forcer le sécateur en le faisant pivoter, ce qui déchire l'écorce. Coupez juste au-dessus d'un bourgeon orienté vers l'extérieur, légèrement en biais et sans laisser de chicot, car un chicot sèche et sert de porte d'entrée. Sur une grosse branche, procédez en trois temps : une entaille dessous, une coupe plus loin dessus pour faire tomber le poids, puis la coupe finale près du tronc en respectant le bourrelet sans l'entamer, car c'est lui qui recouvrira la plaie. Nettoyez et essuyez la lame en passant d'un arbre à l'autre, surtout après avoir coupé du bois atteint de chancre ou de moniliose.

Quand renoncer à tailler : gel, arbre affaibli, forte montée de sève

Il existe des moments où, devant un arbre fruitier, le meilleur geste est de ranger le sécateur. Par temps de gel, le bois est cassant et les tissus autour de la coupe se dégradent : attendez le dégel. Par temps humide et doux prolongé, les plaies restent ouvertes longtemps, ce qui convient mal aux arbres à noyau. Au moment de la forte montée de sève de fin d'hiver, la vigne et le kiwi pleurent abondamment : il fallait tailler avant, mieux vaut reporter à l'hiver suivant. Sur un arbre affaibli par une sécheresse, par un chancre étendu ou par une plantation récente, une taille sévère aggrave la situation, car chaque coupe demande de l'énergie pour être refermée ; limitez-vous alors au bois mort. Enfin, ne découvrez pas brutalement des branches jusque-là ombragées par le feuillage juste avant une période de forte chaleur : une écorce restée à l'ombre supporte mal le plein soleil.

Bourgeon à bois ou bouton à fleur : lire le rameau avant le premier coup de sécateur

Avant la première coupe sur un arbre fruitier, apprenez à lire un rameau : c'est ce qui sépare une taille utile d'une taille au hasard. Un bourgeon à bois est petit, pointu, plat et plaqué contre le rameau ; il donnera une pousse feuillée. Un bouton à fleur est nettement plus gros, arrondi, souvent un peu duveteux, et il donnera une fleur puis un fruit. Sur pommier et poirier, ces boutons se trouvent au bout d'organes courts, dards, lambourdes et brindilles couronnées, portés par du bois de deux ans et plus. Sur pêcher, ils sont groupés par deux ou trois le long des rameaux d'un an, autour d'un bourgeon à bois central. Sur cerisier et abricotier, ils garnissent des éperons courts. Le raisonnement reste le même partout : repérez d'abord où se trouve la récolte de l'an prochain, décidez ensuite ce que vous enlevez. Quand la floraison est très abondante, éclaircir une partie des jeunes fruits régularise la production et limite l'alternance.