Puceron vert : colonies sur les jeunes pousses et premiers signes visibles
Le puceron vert est un insecte piqueur de un à trois millimètres, vert tendre à vert jaune, au corps mou et renflé, portant deux petits tubes dressés à l'arrière de l'abdomen. Il vit en colonies serrées sur les extrémités de pousses, les boutons floraux et le revers des jeunes feuilles. On le rencontre surtout au printemps sur rosier, pommier, groseillier, poivron, aubergine et sur de nombreuses plantes d'intérieur. Les feuilles atteintes se gaufrent, s'enroulent vers le bas et restent petites, la pousse s'arrête. Un dépôt collant et brillant, le miellat, apparaît sur les feuilles situées en dessous et attire les fourmis qui montent le long des tiges : c'est souvent le premier indice repéré. Gestes utiles : pincer les extrémités les plus chargées, doucher la plante au jet, limiter les apports d'azote qui poussent des tissus tendres, et laisser travailler les coccinelles, syrphes et chrysopes déjà présents au jardin.
Puceron noir : amas sombres sur fèves, capucines et pousses de fruitiers
Le puceron noir forme des manchons noirs ou brun foncé, mats et très serrés, sur les tiges tendres et les boutons. Il touche surtout la fève, le haricot, la capucine, l'artichaut, le sureau et les jeunes pousses de cerisier et de prunier. Sur la fève, il s'installe en haut de tige à la fin du printemps, au moment où se forment les premières gousses. Sur cerisier, les feuilles d'extrémité s'enroulent en boule compacte et deviennent poisseuses : il faut ouvrir la boule pour voir la colonie, sinon on la manque. Des fourmis très actives le long d'un tronc ou d'une tige signalent presque toujours une colonie plus haut. Gestes utiles : pincer la tête des fèves dès que les premières gousses sont formées, couper et évacuer les extrémités les plus colonisées, doucher au jet, éviter un excès d'engrais azoté au printemps, et garder des fleurs à proximité pour attirer les syrphes.
Pyrale du buis : chenilles vertes, fils de soie et buis qui roussit
La pyrale du buis se repère d'abord à ses toiles : des fils de soie qui relient les rameaux, chargés de déjections vert foncé et de fragments de feuilles séchées. La chenille est vert clair, striée de vert foncé et de blanc, tête noire brillante, jusqu'à quatre centimètres. Le papillon est blanc nacré bordé de brun, parfois entièrement brun, et vole le soir. Les attaques se succèdent d'avril à octobre, avec plusieurs générations dans l'année selon la région et la douceur de la saison. La chenille dévore le limbe puis ronge l'écorce verte des rameaux, ce qui fait brunir le buis par plaques. Gestes utiles : écarter le feuillage et inspecter le coeur de la touffe, là où se cachent les premières chenilles, ramasser chenilles et toiles à la main, tailler et évacuer les rameaux les plus atteints, suivre les vols avec un piège à phéromone, et envisager un arbuste de remplacement à petit feuillage si les attaques reviennent chaque année.
Cochenille farineuse : amas blancs cotonneux aux aisselles des feuilles
La cochenille farineuse ressemble à de petits amas de coton blanc, de deux à quatre millimètres, logés aux aisselles des feuilles, le long des nervures au revers, sous les écailles des bulbes et parfois sur les racines. En écrasant un amas, on trouve un insecte ovale, rose ou gris, couvert de cire, au déplacement très lent. Elle touche surtout les plantes d'intérieur et de véranda : ficus, orchidée, cactée, plante grasse, agrume, dipladénia, et elle se maintient toute l'année dans une pièce chauffée. Signes associés : feuilles collantes de miellat, dépôt noir de fumagine, croissance ralentie, boutons qui avortent. Gestes utiles : isoler deux à trois semaines toute plante nouvellement arrivée et l'inspecter, retirer les amas un par un avec un bâtonnet, doucher le feuillage, aérer la pièce, espacer les plantes et modérer les apports d'engrais azoté qui entretiennent des tissus tendres.
Cochenille à bouclier : carapaces brunes collées le long des rameaux
La cochenille à bouclier se présente comme de petites carapaces bombées, brunes, grises ou noires, rondes ou en virgule, de deux à cinq millimètres, collées sur l'écorce des rameaux, sur les pétioles et le long de la nervure principale au revers des feuilles. Elles semblent faire partie de la plante tant qu'on ne les décolle pas : soulevée à l'ongle, la carapace laisse voir un insecte mou et une poudre d'oeufs. Elle est fréquente sur laurier-rose, agrume, ficus, camélia, olivier, pommier et lierre, et se maintient toute l'année sur le rameau, les jeunes larves mobiles apparaissant au printemps et en début d'été. Les rameaux s'épuisent, les feuilles jaunissent et tombent. Il n'y a en revanche ni miellat ni fumagine : l'INRAE écrit que les cochenilles diaspines, celles à bouclier, n'en produisent pas. Du miellat collant et un dépôt noir de fumagine désignent une cochenille à carapace ou une cochenille farineuse, pas celle-ci. Gestes utiles : brosser les rameaux avec une brosse souple, tailler et évacuer les branches les plus couvertes, éclaircir la ramure pour rétablir l'aération et la lumière, et inspecter le revers des feuilles à chaque taille.
Aleurode : nuée blanche qui s'envole quand on touche le feuillage
L'aleurode, ou mouche blanche, mesure un à deux millimètres et porte des ailes blanches poudrées. Le signe le plus sûr : une nuée blanche s'envole dès qu'on effleure la plante, tourne un instant, puis se repose sous les feuilles. Au revers, on trouve des larves plates, translucides à jaunâtres, immobiles, et des oeufs disposés en petits arcs. L'aleurode se maintient toute l'année en serre et en intérieur, et sort au jardin en été, sur tomate, aubergine, concombre, chou, fuchsia, lantana et sauge. Les feuilles jaunissent, le miellat colle et se couvre de fumagine noire. Gestes utiles : suspendre des panneaux englués jaunes pour suivre la population et détecter l'arrivée, aérer la serre, retirer les feuilles basses les plus colonisées, ne pas forcer sur l'engrais azoté, espacer les plants, et inspecter chaque plante avant de l'introduire dans la serre.
Araignée rouge et acariens : feuillage terne, piqueté et fines toiles
L'araignée rouge est un acarien de moins d'un demi-millimètre, à peine visible à l'oeil nu : à la loupe, un corps ovale rouge orangé ou vert jaune, avec huit pattes. Elle vit au revers des feuilles, en atmosphère chaude et sèche, surtout en été, en serre et dans les pièces chauffées. Premiers signes : un piqueté de points clairs sur le limbe, puis une teinte grise, bronze ou plombée ; la feuille sèche et tombe. À un stade avancé, de fines toiles relient nervures et extrémités de pousses. Plantes fréquemment touchées : haricot, tomate, aubergine, rosier, conifères en haie, palmier et ficus d'intérieur. Gestes utiles : bassiner le feuillage et relever l'hygrométrie, éviter les à-coups d'arrosage, aérer et espacer les plantes, retirer les feuilles les plus atteintes, et inspecter le revers à la loupe une fois par semaine en période chaude.
Thrips : reflets argentés sur les feuilles et fleurs déformées
Le thrips est un insecte allongé de un à deux millimètres, jaune paille, brun ou noir, aux ailes étroites frangées de cils. Il se glisse dans les fleurs, entre les gaines et au coeur des bourgeons, ce qui le rend difficile à voir : pour le confirmer, il faut secouer une fleur au-dessus d'une feuille de papier blanc et regarder ce qui bouge. Le dégât est caractéristique : des plages argentées ou grises, comme un reflet métallique, semées de minuscules points noirs de déjections. Les fleurs s'ouvrent déformées et les pétales portent des stries décolorées. Cultures concernées : oignon, poireau, glaïeul, rosier, gerbera, ficus et plantes de serre, par temps chaud et sec de mai à septembre. Gestes utiles : panneaux englués bleus pour suivre les populations, arrosage régulier, retrait des fleurs fanées, fauche des herbes hautes au pied, inspection des plants avant achat.
Otiorhynque adulte : encoches en demi-lune au bord des feuilles, la nuit
L'otiorhynque adulte est un charançon noir mat, parfois moucheté de jaune, de huit à dix millimètres, au museau court et large. Il ne vole pas, se déplace en marchant, mange la nuit et se cache le jour dans le sol, sous le paillage et sous les pots. On le voit rarement : c'est la trace qui le désigne. Les feuilles portent des encoches arrondies sur le pourtour du limbe, comme mordues au bord, jamais au centre. Il touche surtout rhododendron, camélia, laurier, troène, fraisier, bergenia, vigne et lierre, de mai à septembre. Le dégât reste esthétique tant que la plante est vigoureuse. Gestes utiles : sortir à la lampe une heure après la tombée de la nuit pour le voir en action, ramasser à la main, poser des planches ou des pots retournés au pied comme abris à relever le matin, et inspecter les mottes des plantes achetées avant plantation.
Larve d'otiorhynque : plante en pot qui fane et se soulève sans résister
La larve d'otiorhynque est blanche, arquée en croissant, sans pattes, avec une tête brun clair, et atteint environ un centimètre. Elle vit dans le substrat et ronge les radicelles puis l'écorce du collet, de l'automne au printemps. Le symptôme trompe : la plante fane alors que le substrat est humide, les feuilles jaunissent, la croissance s'arrête. Le test décisif : tirer doucement sur le pied, il vient sans résistance parce que les racines ont disparu. Plantes concernées : cyclamen, primevère, heuchère, fraisier, bruyère, rhododendron en conteneur et beaucoup de potées. Gestes utiles : dépoter et fouiller la motte pour compter les larves, retirer celles que l'on trouve, renouveler le substrat et rempoter après avoir recoupé les racines abîmées, contrôler les mottes à l'achat, et surveiller les potées voisines venues du même lot.
Doryphore : adulte rayé jaune et noir, larve rouge sur la pomme de terre
Le doryphore adulte est un coléoptère bombé d'environ un centimètre, jaune orangé, à dix bandes noires longitudinales sur les élytres. La larve est encore plus visible : rouge orangé, bossue, molle, avec deux rangées de points noirs sur les flancs et une tête noire. Les oeufs forment des amas jaune orangé bien alignés au revers des feuilles. Cultures touchées : la pomme de terre avant tout, mais aussi l'aubergine et la tomate, à partir du printemps, avec parfois une seconde génération dans l'été. Le dégât est rapide : le feuillage est dévoré jusqu'aux nervures et un pied peut être mis à nu en quelques jours. Gestes utiles : passer dans le rang tous les deux ou trois jours au printemps, ramasser adultes, larves et amas d'oeufs à la main, ne pas replanter la pomme de terre au même endroit d'une année sur l'autre, butter les pieds, et privilégier des plantations précoces qui prennent de l'avance sur les premières pontes.
Mineuse du poireau : galeries dans le fût et pupes brunes entre les gaines
La mineuse du poireau est une petite mouche grise dont la larve, blanche et sans pattes, creuse des galeries descendantes dans les gaines puis dans le fût. Deux vols se succèdent dans l'année, l'un au printemps, l'autre en fin d'été ou en automne, avec des dates qui varient nettement selon la région et l'année. Le signe qui confirme le diagnostic : des pupes brun roux, de la taille d'un grain de riz, coincées entre les feuilles quand on ouvre le poireau en deux. La plante se déforme, le fût se perce et se dégrade ensuite. Poireau, oignon, échalote, ail et ciboulette sont concernés. Gestes utiles : couvrir la planche d'un filet à mailles fines posé dès la plantation et bien plaqué au sol, éloigner la nouvelle planche de celle de l'année précédente, arracher et évacuer les plants porteurs de pupes plutôt que de les laisser sur place, et ne pas abandonner de souches en terre après récolte.
Mouche de la carotte : galeries rouille dans la racine, feuillage rougissant
La mouche de la carotte est une petite mouche noire brillante à pattes jaunes, qui vole bas et se remarque rarement. Sa larve, un asticot blanc de six à huit millimètres, creuse des galeries brun rouille juste sous la peau de la racine, souvent dans la partie haute. Au potager, le feuillage rougit puis jaunit et le plant reste chétif : le symptôme visible arrive bien après la ponte, ce qui trompe sur la date de l'attaque. Deux vols se succèdent, l'un à la fin du printemps, l'autre à la fin de l'été, avec des dates variables selon la région et l'année. Carotte, panais, céleri, persil et fenouil sont concernés. Gestes utiles : filet à mailles fines posé dès le semis et refermé au sol, éclaircissage le soir par temps couvert avec retrait immédiat des fanes arrachées dont l'odeur attire la mouche, rotation éloignée des planches, et semis décalé pour éviter le pic de vol.
Mouche de la cerise : asticot blanc près du noyau et piqûre cicatrisée
La mouche de la cerise mesure quatre à cinq millimètres, corps noir, ailes marquées de bandes sombres. Elle pond dans les fruits au moment où ils passent du vert au jaune, en général de la fin du printemps au début de l'été selon la région et l'année. Le fruit atteint porte un point de piqûre cicatrisé, à peine visible, autour duquel la chair devient molle et brunit ; à l'ouverture, un asticot blanc, sans tête distincte, se tient contre le noyau. Les variétés précoces, souvent récoltées avant le pic de ponte, échappent en grande partie aux dégâts, ce qui oriente le choix au moment de la plantation. Gestes utiles : suivre le vol avec des panneaux englués jaunes accrochés dans l'arbre, récolter tôt et complètement, ramasser les fruits tombés et les fruits atteints sans les laisser au pied, et poser un filet sur les arbres de petite taille conduits bas.
Carpocapse : trou obstrué de déjections et galerie jusqu'aux pépins
Le carpocapse, appelé ver de la pomme, est un petit papillon gris brun qui vole au crépuscule par temps doux. Sa chenille est rose clair à tête brune. Le dégât se reconnaît sans hésitation : un trou d'entrée sur le côté ou près de l'oeil du fruit, bouché par un amas de déjections brunes granuleuses, et une galerie qui rejoint le coeur et les pépins. Le fruit tombe avant maturité. Pomme, poire, coing et noix sont concernés. Deux générations se succèdent en général, la première au début de l'été, la seconde plus tard dans la saison, avec des dates qui varient selon la région et l'année. Gestes utiles : ramasser les fruits tombés chaque semaine et les évacuer, éclaircir les bouquets pour éviter les fruits qui se touchent, poser des bandes de carton ondulé autour du tronc en été pour intercepter les chenilles qui descendent, et suivre les vols avec un piège à phéromone.
Chenille processionnaire du pin : nids soyeux et rameaux dégarnis
La chenille processionnaire du pin se repère à ses nids : des sacs de soie blanche, denses, accrochés à l'extrémité des rameaux, très visibles en hiver quand la ramure est claire. Autour du nid, les aiguilles sont dévorées à la base des rameaux, qui roussissent puis restent nus ; la silhouette de l'arbre s'éclaircit par le haut. Pin noir, pin sylvestre, pin maritime et cèdre sont les plus concernés. Un arbre vigoureux perd de la croissance mais repart en général après une attaque isolée : ce sont les attaques répétées qui l'affaiblissent durablement. Les nids et les chenilles ne se manipulent pas soi-même : leur retrait relève d'une entreprise spécialisée et équipée, à qui il faut confier l'intervention. Côté jardin, on se limite à observer et à signaler, on ne taille pas les rameaux porteurs de nids et on ne cherche pas à les décrocher.
Noctuelle : jeunes plants sectionnés au collet et chenille enroulée au sol
Les noctuelles sont des papillons nocturnes discrets, gris à brun, dont les chenilles causent deux types de dégâts. Les chenilles terricoles, dites vers gris, sont grises ou brunes, lisses, et se roulent en cercle quand on les dérange ; elles vivent dans les premiers centimètres du sol et sectionnent les jeunes plants au ras du collet pendant la nuit : au matin, la plantule est couchée à côté de son trou, entière. Les chenilles défoliatrices, souvent vertes, dévorent le limbe en larges morsures irrégulières et laissent des déjections vertes bien visibles au coeur des choux et des salades. Le printemps et l'été concentrent les dégâts. Gestes utiles : gratter la terre autour d'un plant sectionné, la chenille s'y trouve presque toujours, biner régulièrement, poser une collerette de carton autour des jeunes plants repiqués, et ramasser le soir à la lampe.
Tigre du platane : feuilles décolorées et semis de points noirs au revers
Le tigre du platane est une punaise plate de trois à quatre millimètres, aux ailes transparentes finement réticulées comme une dentelle. Il vit au revers des feuilles, où l'on voit surtout ses traces : un semis de points noirs vernissés, ses déjections, et des mues claires abandonnées. Sur le dessus, le limbe se décolore en ponctuations blanchâtres puis jaunit d'ensemble, et les feuilles tombent tôt en fin d'été. L'insecte est actif de l'été au début de l'automne et passe la mauvaise saison sous les plaques d'écorce qui se détachent. Le platane est le premier concerné, le tilleul connaît un tigre équivalent. Le dégât reste esthétique et l'arbre repart normalement au printemps suivant. Gestes utiles : ramasser et évacuer les feuilles tombées en automne, suivre l'arrosage des sujets jeunes ou plantés en ville, et accepter la décoloration sur les arbres bien établis.
Cicadelle : piqueté blanc sur le limbe et mues claires collées au revers
La cicadelle est un insecte allongé de trois à six millimètres, vert, jaune ou brun selon l'espèce, qui saute et file de côté dès qu'on approche la main. Ses larves, blanchâtres et lentes, restent au revers des feuilles et laissent en se transformant des mues blanches translucides qui restent collées : c'est le meilleur indice, car l'adulte s'échappe avant qu'on l'ait vu. Les piqûres produisent un piqueté blanc gris régulier, la feuille prend un aspect délavé, puis sèche par plages. Rosier, vigne, pommier, lavande, fraisier et de nombreuses vivaces sont concernés, de la fin du printemps à septembre. Gestes utiles : retourner systématiquement les feuilles pâles pour confirmer, maintenir un arrosage régulier des rosiers en situation chaude, retirer les feuilles très atteintes, et conserver des bandes fleuries qui abritent les prédateurs.
Psylle : pousses collantes et feuilles en cuillère sur buis et laurier
Le psylle est un petit insecte sauteur de deux à trois millimètres, silhouette de cigale miniature, ailes repliées en toit. Ses larves, plates, jaunes ou orangées, sont souvent noyées dans une gouttelette de miellat ou enveloppées de filaments cireux blancs. Chaque espèce marque sa plante : sur buis, les jeunes pousses de printemps se referment en cuillère avec un peu de cire blanche ; sur laurier-sauce, le bord de la feuille s'enroule et s'épaissit en bourrelet ; sur poirier, les pousses deviennent collantes, noircissent de fumagine et les jeunes fruits se marquent. Le printemps concentre les dégâts, l'attaque s'atténue ensuite. Gestes utiles : tailler et évacuer les pousses déformées avant la fin du printemps, éviter d'enchaîner taille et apport d'azote qui relancent des pousses tendres, doucher les jeunes pousses, et laisser s'installer les prédateurs.
Limace : morsures irrégulières et traînées brillantes sur les jeunes semis
La limace mesure de deux à quinze centimètres, grise, brune, noire ou orangée, sans coquille apparente. Elle sort la nuit et par temps humide, et se cache le jour sous les planches, les pots, les pierres et le paillage frais. Les dégâts : des trous irréguliers à bords lisses en plein limbe, des jeunes semis rasés au ras du sol, des bordures de feuilles entamées, et surtout des traînées de mucus séché qui brillent au matin, avec des déjections en cordons sombres. Salade, basilic, courgette, haricot levé, dahlia, hosta et tous les semis récents sont les plus exposés. Le printemps et l'automne humides concentrent les attaques. Gestes utiles : arroser le matin plutôt que le soir pour que la surface sèche la nuit, écarter le paillage frais des jeunes semis, poser une planche ou une tuile comme abri à relever chaque matin, ramasser à la lampe, et laisser circuler carabes et hérissons.
Escargot : coquille visible, feuilles râpées et mucus séché au matin
L'escargot se distingue de la limace par sa coquille enroulée, portée en permanence. Il grimpe volontiers le long des tiges, des murs et des pots, ce que la limace fait beaucoup moins, et on le retrouve collé sous les rebords, derrière les jardinières et dans les murets, où il se met en sommeil et ferme sa coquille par temps sec. Les dégâts apparaissent après la pluie : morsures en bordure et en plein limbe, épiderme râpé sur les fruits posés au sol comme les fraises et les courges, jeunes pousses entamées. Les traînées de mucus séché confirment le passage. Les sorties se concentrent au printemps et en automne, par temps doux et humide, avec des reprises en été après chaque averse. Gestes utiles : soulever pots, planches et jardinières pour un ramassage régulier, éloigner les abris frais des cultures les plus sensibles, garder une surface de sol sèche autour des jeunes plants, surélever les fruits sur une tuile ou une planchette, et passer le soir après une averse.
Courtilière : galeries superficielles et plants qui fanent en ligne
La courtilière est un insecte de quatre à cinq centimètres, brun velouté, reconnaissable à ses pattes avant élargies en pelles de taupe et à sa silhouette de gros grillon. Elle creuse des galeries superficielles qui soulèvent la terre en boudins, sectionne racines et collets sur son passage, et se signale au printemps par un chant nocturne continu. Le symptôme typique au potager : plusieurs plants qui fanent l'un après l'autre en ligne, le long d'une galerie devenue visible après une pluie ou un arrosage. Elle fréquente les sols frais, riches et travaillés, et reste très inégalement répartie selon les régions. Gestes utiles : repérer les galeries après une pluie et les tasser au pied, arroser le matin, ouvrir les galeries au travail du sol, protéger les jeunes plants par une collerette enfoncée en terre, et relativiser quand les dégâts restent isolés car l'insecte se raréfie dans beaucoup de secteurs.
Larves de hanneton dans le gazon : plaques jaunes qui se soulèvent en tapis
Le ver blanc est la larve du hanneton : corps blanc recourbé en C, de deux à quatre centimètres, tête orangée, trois paires de pattes bien visibles à l'avant. Deux confusions à éviter : la larve d'otiorhynque n'a pas de pattes et reste plus petite ; la larve de cétoine, à petite tête et pattes courtes, vit dans le compost et les tas de feuilles et ne cause aucun dégât aux cultures. Le symptôme au gazon apparaît en fin d'été : des plaques jaunes qui s'étendent, et une plaque qui se décolle et se roule comme un tapis parce que les racines ont disparu. Les oiseaux qui retournent la pelouse par endroits confirment souvent la présence de larves. Gestes utiles : soulever une plaque et compter les larves sur un quart de mètre carré pour juger de l'ampleur, arroser et regarnir les zones abîmées, relever la hauteur de tonte, et scarifier au printemps.
Taupin : larve jaune rigide et galeries fines dans les tubercules
La larve de taupin, appelée ver fil de fer, est jaune orangé, allongée, cylindrique et dure au toucher, de deux à trois centimètres. L'adulte est un coléoptère brun allongé qui se retourne en claquant quand on le pose sur le dos. La larve reste plusieurs années dans le sol, ce qui explique des dégâts qui reviennent d'une saison à l'autre sur la même parcelle. Les traces : des galeries fines, rondes et régulières qui traversent pommes de terre, carottes et betteraves, et des salades ou de jeunes plants qui fanent un à un sans cause apparente. Les parcelles récemment retournées après une prairie ou un enherbement durable sont les plus concernées. Gestes utiles : éviter d'y planter des tubercules la première année, travailler le sol à plusieurs reprises pour exposer les larves aux oiseaux, récolter tôt, alterner les cultures, et enterrer des morceaux de pomme de terre comme pièges de comptage.
Altise : criblure de petits trous ronds sur les jeunes feuilles de choux
L'altise est un petit coléoptère brillant de deux à trois millimètres, noir uni ou marqué de deux bandes jaunes, aux pattes arrière renflées : elle saute comme une puce dès qu'on approche la main, ce qui la distingue de tout le reste. Le dégât est très reconnaissable : une criblure de petits trous ronds, nombreux et rapprochés, sur les jeunes feuilles, qui prennent un aspect de passoire. Radis, navet, roquette, chou, moutarde et parfois aubergine sont concernés, d'avril à septembre, avec des pics par temps chaud et sec. Un plant jeune peut être bloqué net, un plant déjà développé encaisse sans conséquence. Gestes utiles : couvrir la planche d'un filet à mailles fines dès le semis, arroser en pluie fine et bassiner le feuillage car l'altise fuit l'humidité, semer assez dense pour passer vite le stade sensible, et décaler les semis hors des périodes de forte chaleur.
Punaise diabolique : punaise marbrée et fruits creusés sous la peau
La punaise diabolique, ou punaise marbrée, mesure environ un centimètre et demi, en forme de bouclier, brun marbré, avec deux marques qui la font reconnaître à coup sûr : des antennes annelées de blanc et un bord d'abdomen alterné clair et sombre. Elle s'installe sur un très grand nombre de plantes : poirier, pommier, tomate, poivron, haricot, noisetier, vigne. Ses piqûres laissent sur les fruits des zones en creux, décolorées, et une chair sèche et spongieuse sous la peau, souvent découverte seulement à la coupe. À l'automne, elle se regroupe sur les façades exposées au soleil et cherche à entrer dans les bâtiments pour passer l'hiver. Gestes utiles : poser un filet sur les arbres bas et les cultures en pot, inspecter les fruits pendant leur grossissement, ramasser les punaises à la main, et refermer moustiquaires et ouvertures avant les premiers froids.
Des trous ronds sur la plante : lire la taille et la répartition
Un trou rond n'a pas la même signification selon sa taille et l'endroit où il se trouve. Des trous ronds petits, nombreux et rapprochés sur de jeunes feuilles, façon passoire : altise. Un trou rond unique dans un fruit, bouché par des déjections brunes granuleuses, avec une galerie vers le coeur : carpocapse sur pomme et poire. Des découpes rondes très nettes, faites en bordure du limbe comme à l'emporte-pièce : abeille découpeuse, un pollinisateur que l'on laisse travailler. Un trou rond dans le bois d'où sort une sciure fine : insecte de bois, à examiner sur la branche elle-même. Des trous plus grands, à bords irréguliers, accompagnés de mucus séché : limaces ou escargots. Le réflexe utile : regarder si le trou traverse le limbe de part en part ou si l'épiderme est seulement râpé sur une face, les deux ne désignent pas le même animal.
Galeries dans une feuille, un fruit ou une racine : lire le tracé
Une galerie est la trace d'une larve qui se nourrit à l'intérieur d'un organe, et son tracé oriente le diagnostic. Une galerie claire et sinueuse dessinée entre les deux épidermes d'une feuille, visible par transparence : mineuse, sur marronnier, agrume, chrysanthème ou tomate. Une galerie descendante dans les gaines d'un poireau, avec des pupes brunes en grains de riz : mineuse du poireau. Une galerie brun rouille juste sous la peau d'une carotte ou d'un panais : mouche de la carotte. Une galerie centrale allant vers les pépins, avec des déjections à l'entrée : carpocapse. Des galeries fines, rondes et régulières qui traversent un tubercule : taupin. Une galerie sous l'écorce d'une branche, avec de la sciure : insecte de bois. Le geste de vérification : couper en travers plutôt que dans le sens de la galerie, la coupe montre l'occupant et l'ancienneté de l'attaque.
Encoches en demi-lune au bord des feuilles : deux origines à distinguer
Deux animaux découpent le bord des feuilles, et la qualité de la découpe les sépare. Des encoches arrondies, irrégulières, de tailles inégales, sur le pourtour des feuilles de rhododendron, camélia, laurier, fraisier ou bergenia, apparues d'un jour à l'autre : otiorhynque adulte, qui mange la nuit et se cache le jour dans le sol et le paillage. Des découpes en demi-lune très nettes, lisses, toutes du même calibre, sur rosier, lilas, glycine ou cercis : abeille découpeuse, qui emporte les fragments pour tapisser son nid. Elle ne mange pas la plante, ne s'y installe pas et compte parmi les pollinisateurs, on la laisse faire. Le geste de vérification pour l'otiorhynque : une sortie à la lampe une heure après la tombée de la nuit, ou un pot retourné laissé au pied et relevé le matin.
Feutrage blanc ou cotonneux : distinguer amas d'insectes et duvet
Un revêtement blanc sur une feuille peut être un insecte ou un champignon, et le doigt tranche la question. Des amas cotonneux, blancs, localisés aux aisselles des feuilles ou le long des nervures, qui s'écrasent en laissant une trace rose ou grise : cochenille farineuse. Un feutrage blanc, poudreux, étalé en plages à la surface du limbe, qui s'essuie et laisse une feuille verte à peine marquée : oïdium. Un duvet gris violacé au revers, situé exactement en face d'une tache jaune ou brune vue sur le dessus : mildiou. Une fine toile grise, poussiéreuse, tendue entre nervures et pousses, avec un limbe piqueté et bronzé : araignée rouge. Des filaments cireux blancs sur une jeune pousse déformée et collante : psylle. Le geste de vérification : passer le doigt et regarder ce qui reste dessus, des insectes ou une simple poudre.
Dépôt collant et brillant sur les feuilles : remonter jusqu'au piqueur
Le miellat est le rejet sucré des insectes qui piquent et se nourrissent de la sève. Il tombe par gravité et se dépose sur les feuilles situées en dessous, sur le sol, sur le mobilier et les voitures garées sous un arbre : le premier réflexe est donc de regarder ce qui se trouve au-dessus de la surface collante, pas la surface elle-même. Le miellat noircit ensuite d'une fumagine, pellicule noire sèche qui s'essuie et ne pénètre pas dans la feuille. Les responsables possibles : pucerons, en colonies visibles sur les jeunes pousses ; cochenilles, boucliers ou amas cotonneux sur les rameaux ; aleurodes, nuée blanche qui s'envole au moindre contact ; psylles, sur pousses déformées ; cicadelles. Des fourmis très actives sur un tronc sont un signal fiable. Gestes utiles : doucher, tailler et évacuer les parties les plus chargées, essuyer le feuillage, limiter les apports d'azote.
Feuille enroulée, cloquée ou repliée : ce que la forme du repli indique
Une feuille déformée garde toute sa matière : ce n'est donc pas une morsure, mais une piqûre, une maladie ou un trouble de culture. Enroulement vers le bas avec une colonie serrée au revers : puceron. Feuilles d'extrémité repliées en boule compacte et poisseuse sur cerisier ou prunier : puceron également. Jeune pousse de buis refermée en cuillère au printemps : psylle. Bord de feuille de laurier enroulé et épaissi en bourrelet : psylle. Feuille roulée en cigare et maintenue par des fils de soie, avec un occupant à l'intérieur : chenille tordeuse. Boursouflures rouges, épaisses et gaufrées au printemps sur pêcher : cloque, une maladie et non un ravageur. Le geste de vérification : dérouler une feuille pour voir si elle abrite quelqu'un, et regarder si la déformation ne touche que les pousses les plus jeunes ou toute la ramure.
Feuillage terne et piqueté de points clairs : identifier le piqueur
Un feuillage qui perd sa couleur sans perdre de matière signale presque toujours un insecte qui pique et vide les cellules. Ponctuations très fines, teinte grise ou bronze d'ensemble, fine toile aux extrémités, par temps chaud et sec : araignée rouge. Piqueté blanc net et régulier, mues blanches translucides collées au revers, insecte qui saute au passage : cicadelle. Ponctuations blanchâtres sur le dessus et semis de points noirs vernissés au revers, sur platane ou tilleul : tigre. Plages argentées et métalliques, points noirs de déjections, fleurs déformées : thrips. Décoloration jaune régulière entre les nervures, sans aucun insecte au revers : carence, un trouble de nutrition et non un ravageur. Le geste de vérification : retourner trois feuilles prises à des hauteurs différentes et les regarder à la loupe avant de conclure.
Dégâts apparus pendant la nuit : la sortie à la lampe qui tranche
Quand les dégâts apparaissent d'un matin à l'autre sans que rien ne soit visible en journée, l'auteur travaille de nuit et se cache le jour. Jeune plant sectionné net au ras du sol et couché à côté : noctuelle terricole, à chercher en grattant les deux premiers centimètres de terre. Trous irréguliers en plein limbe avec traînées de mucus séché : limaces et escargots. Encoches en bordure du limbe, sans mucus, sur arbustes à feuillage persistant : otiorhynque adulte. Terre soulevée en boudin et plants qui fanent en ligne : courtilière. Feuillage haut brouté sans aucune trace au sol : gibier ou lapin selon le contexte du jardin. La méthode : sortir une à deux heures après la tombée de la nuit avec une lampe, inspecter le pied et le revers des feuilles, et poser des abris comme une planche ou une tuile à relever au matin.
Plante qui fane malgré un arrosage correct : inspecter collet et racines
Une plante qui fane dans un substrat humide a un problème sous la surface, et il faut regarder pour trancher. Larve blanche arquée, sans pattes, tête brune, dans la motte d'une potée : otiorhynque. Larve blanche en C, avec trois paires de pattes, sous une plaque de gazon ou en pleine terre : ver blanc de hanneton. Collet sectionné et chenille grise enroulée dans les premiers centimètres : noctuelle. Galerie superficielle qui soulève la terre et plants qui fanent en ligne : courtilière. Galeries fines et régulières dans les tubercules et les racines : taupin. Racines brunes et molles dans un substrat détrempé, sans aucun insecte : excès d'eau et manque de drainage, pas un ravageur. Le test le plus rapide : tirer doucement sur le pied, s'il vient sans résistance les racines ont disparu, et il faut alors dépoter ou déchausser pour identifier l'occupant.
Morsure de ravageur ou tache de maladie : la question à poser d'abord
Avant de nommer un coupable, une seule question fait gagner du temps : la matière est-elle partie, ou seulement changée de couleur. Si de la matière manque, un animal s'est nourri sur la plante : trou traversant, encoche en bordure, limbe rongé jusqu'aux nervures, jeune plant sectionné, fruit creusé. On cherche alors l'animal lui-même, ses déjections, son mucus, ses mues, et on regarde de nuit si rien n'apparaît de jour. Si la matière est présente mais transformée, c'est une maladie ou un trouble de culture : tache brune cerclée de jaune, feutrage, décoloration entre nervures, boursouflure. Le bord de la lésion aide aussi : une morsure laisse un bord franc, net ou déchiré, tandis qu'une maladie s'étend en auréole diffuse. Cas mixte fréquent : déformation sans perte de matière avec des insectes au revers, c'est alors un piqueur qu'il faut chercher.
Auxiliaires du jardin à reconnaître avant de conclure à une attaque
Plusieurs habitants utiles se font régulièrement prendre pour des ravageurs, et les reconnaître évite d'agir contre eux. La larve de coccinelle est allongée, gris ardoise, tachée d'orange, très mobile au milieu des colonies de pucerons : elle ne ressemble en rien à l'adulte. La larve de syrphe est un asticot vert translucide, sans pattes, qui progresse lentement sur les mêmes colonies. La chrysope adulte a des ailes vertes transparentes et de grands yeux dorés. Le carabe est un coléoptère noir brillant qui court au sol la nuit. Le perce-oreille mange des pucerons mais mordille aussi pétales et fruits mûrs, d'où sa réputation double. Signe à connaître : un puceron beige, gonflé, immobile et percé d'un trou rond est une momie, la marque d'un parasitoïde déjà à l'oeuvre, et un motif suffisant pour ne rien faire.
Où regarder pour identifier un ravageur : inspection en cinq points
Un diagnostic fiable dépend surtout de l'endroit où l'on regarde, et cinq points suffisent dans la plupart des cas. Un, le revers des feuilles, où vivent la majorité des piqueurs et leurs larves. Deux, les extrémités de pousses et les boutons, colonisés en premier. Trois, le collet et les deux premiers centimètres de sol, à gratter à la main. Quatre, les abris du jour : sous les pots, sous les planches, sous le paillage, derrière les jardinières. Cinq, le sol sous la plante, où déjections, mues et fruits tombés racontent ce qui se passe au-dessus. Deux gestes complètent l'examen : le battage, qui consiste à secouer un rameau au-dessus d'une feuille de papier blanc pour voir tomber ce qui s'y cache, et la loupe de poche. Noter la date de chaque observation, car une évolution suivie sur deux semaines vaut mieux qu'un constat isolé.
Filets, voiles et barrières : quand les poser selon la culture concernée
Une barrière physique ne sert que si elle est posée avant l'arrivée de l'insecte, ce qui suppose de connaître le calendrier. Filet à mailles fines posé dès le semis, refermé au sol et bords lestés, sur carotte, poireau, radis, navet et chou, à laisser en place jusqu'à la récolte. Sur les cultures qui fleurissent et demandent des pollinisateurs, courgette ou haricot par exemple, le filet se retire à l'ouverture des fleurs. Filet à petites mailles sur les fruitiers conduits bas. Collerette de carton enfoncée autour des jeunes plants repiqués, contre les chenilles terricoles. Planche ou tuile posée au sol et relevée chaque matin, pour surveiller limaces et otiorhynques. Bande de carton ondulé autour d'un tronc en été pour intercepter les chenilles. Règle à ne pas oublier : ne pas couvrir une planche qui portait la même culture l'an passé, les insectes hivernant dans le sol se retrouveraient enfermés sous le filet avec la culture.