Planter les bulbes de tulipe : période, profondeur et distance au jardin
La tulipe se plante en automne, d'octobre à la fin novembre selon la région, une fois que le sol s'est rafraîchi. Enterrez le bulbe pointe vers le haut, à une profondeur d'environ deux à trois fois sa hauteur : comptez une dizaine de centimètres pour un gros bulbe, moins pour un petit. Espacez les bulbes de huit à dix centimètres en pleine terre ; en potée, on peut les serrer davantage sans qu'ils se touchent. La tulipe supporte mal l'humidité stagnante : en sol lourd, posez chaque bulbe sur une poignée de sable grossier ou plantez sur une butte légère. Pour étaler la floraison, mélangez des tulipes précoces et des tulipes tardives dans le même massif. Après la mise en terre, l'arrosage n'est utile que si le sol est sec, les pluies d'automne suffisent en général. Un paillage léger de feuilles mortes ou de compost tamisé protège le rang pendant l'hiver et se retire au démarrage de la végétation.
Planter les narcisses : période, profondeur et naturalisation en pelouse
Le narcisse se plante tôt en automne, de septembre à novembre : c'est l'un des premiers bulbes à mettre en terre car il émet ses racines rapidement. Plantez pointe vers le haut à deux ou trois fois la hauteur du bulbe, soit environ douze à quinze centimètres pour les gros calibres, et espacez de dix à quinze centimètres. Le narcisse accepte le plein soleil comme la mi-ombre et se plaît sous les arbres à feuilles caduques, qui laissent passer la lumière au printemps. C'est un bulbe qui se naturalise bien : plantez par poquets irréguliers dans la pelouse, en lançant les bulbes au sol et en les plantant là où ils tombent, l'effet est plus naturel qu'un alignement. La contrainte est la tonte : laissez le feuillage jaunir complètement avant de passer la tondeuse, c'est lui qui recharge le bulbe pour l'année suivante. Une touffe qui fleurit moins au bout de quelques années demande à être divisée et replantée plus au large.
Planter les crocus en pelouse et en bordure : période, profondeur, distance
Le crocus se plante de septembre à novembre, avant que le sol ne devienne froid. C'est un petit bulbe : cinq à huit centimètres de profondeur suffisent, avec à peu près la même distance entre deux bulbes. Plantez-le par groupes serrés de vingt ou trente, jamais isolément : un crocus seul passe inaperçu, une nappe se voit du fond du jardin. En pelouse, soulevez une plaque de gazon au couteau ou à la bêche, posez les bulbes dessous, remettez la plaque en place et tassez du pied. En bordure ou en rocaille, un plantoir à bulbes fait le travail. Le crocus demande un sol drainé et une exposition dégagée : les fleurs s'ouvrent au soleil et restent fermées par temps couvert. Comme pour les autres bulbes de printemps, la tonte attend le jaunissement du feuillage, ce qui la décale de plusieurs semaines sur les zones plantées. Prévoyez donc les poquets en bordure de pelouse plutôt qu'en plein milieu.
Planter les jacinthes en pleine terre et en potée : période et profondeur
La jacinthe se plante en automne, d'octobre à novembre, dans un sol meuble et bien drainé. Enterrez le bulbe pointe vers le haut à dix ou douze centimètres de profondeur en pleine terre, et espacez de quinze centimètres : la hampe est large, elle a besoin de place. En potée, on plante plus serré, le sommet du bulbe affleurant presque le terreau, avec une couche drainante au fond du contenant et un trou d'évacuation bien dégagé. La jacinthe supporte mal l'eau qui stagne autour du bulbe pendant l'hiver ; en terre lourde, une poignée de sable grossier sous chaque bulbe change beaucoup de choses. Les hampes de la première année sont les plus denses ; les années suivantes elles s'allègent et prennent un port plus naturel, ce qui n'est pas un défaut de culture. Laissez le feuillage jaunir sur pied avant de le retirer, et paillez légèrement le rang après la plantation.
Planter les muscaris en bordure et sous les arbustes : période et distance
Le muscari se plante de septembre à novembre, à cinq ou huit centimètres de profondeur, avec autant de distance entre deux bulbes. Il s'utilise en bordure, en tapis sous les arbustes caducs, ou en compagnon des tulipes dont il souligne le pied. Plantez-le par grands groupes : quelques dizaines de bulbes par poquet donnent la nappe bleue attendue, une poignée dispersée ne donne rien. Une particularité déroute souvent : le muscari sort son feuillage dès l'automne et passe l'hiver avec des feuilles étalées au sol. C'est normal, il ne faut ni les couper ni s'en inquiéter. Il se naturalise facilement et se ressème seul dans les sols légers, au point de devenir envahissant dans une rocaille ; en bordure d'allée ou sous une haie, cette vigueur devient un avantage. Sol ordinaire et drainé, exposition ensoleillée ou mi-ombragée : le muscari est l'un des bulbes de printemps les plus tolérants.
Règle de profondeur des bulbes de printemps : deux à trois fois la hauteur
La règle de base vaut pour la tulipe, le narcisse, le crocus, la jacinthe et le muscari : on enterre un bulbe à deux ou trois fois sa propre hauteur. Un bulbe de cinq centimètres part donc à dix ou quinze centimètres sous la surface, un petit crocus à cinq ou huit. Cette profondeur n'est pas décorative. Trop peu enterré, le bulbe subit les écarts de température, se déchausse et donne une tige qui verse ; trop enfoncé, il lève tard et s'épuise. Plantez toujours pointe vers le haut ; quand la pointe n'est pas évidente, cherchez le plateau racinaire, plat et sec, qui va vers le bas. En sol léger et sableux, plantez plutôt au maximum de la fourchette ; en sol lourd, restez au minimum. Le plantoir à bulbes convient aux plantations isolées, la tranchée ouverte à la bêche est plus rapide pour un rang ou un massif entier et permet de vérifier le niveau d'un seul coup d'oeil.
Bulbes de printemps en sol lourd : drainage du trou et plantation en butte
En terre argileuse qui reste humide tout l'hiver, l'ennemi du bulbe n'est pas le froid mais l'eau qui stagne autour de lui. Trois gestes suffisent le plus souvent. D'abord une poignée de sable grossier ou de gravillon fin au fond de chaque trou, pour que la base du bulbe ne repose pas dans la boue. Ensuite la plantation légèrement surélevée : montez le massif de dix à quinze centimètres avec un mélange de terre du jardin et de compost, et plantez dans cette épaisseur. Enfin la culture en panier ou en bac, qui permet de maîtriser complètement le substrat et de sortir les bulbes après la floraison. Évitez de creuser un trou profond rempli de terreau au milieu d'une argile compacte : il se comporte comme une cuvette et retient l'eau au lieu de l'évacuer. Les tulipes et les jacinthes sont les plus exigeantes sur ce point, les narcisses et les muscaris tolèrent mieux les sols lourds.
Planter les tubercules de dahlia : période, profondeur, distance et tuteur
Le dahlia se met en terre au printemps, une fois les dernières gelées passées : plutôt mi-avril dans le Midi, mi-mai à début juin dans les régions froides et en altitude. Creusez un trou large, ameubli au fond, et posez le tubercule à plat, le collet et les bourgeons vers le haut, recouvert de dix à quinze centimètres de terre. Espacez de soixante centimètres à un mètre selon la taille adulte de la variété : les dahlias nains tiennent en bordure, les grands ont besoin d'air pour ne pas s'étioler. Plantez le tuteur en même temps que le tubercule, avant de reboucher : un tuteur enfoncé plus tard traverse la souche. Arrosez modérément jusqu'à la levée, puis plus régulièrement quand le feuillage se développe. Un paillage installé après la levée garde le pied frais. Sol riche, ameubli en profondeur, exposition ensoleillée et abritée des vents forts qui cassent les tiges creuses.
Planter les glaïeuls : plantation échelonnée, profondeur et distance sur le rang
Le glaïeul se plante au printemps, d'avril à juin selon la région, quand le sol s'est réchauffé. Sa floraison arrive environ trois mois après la mise en terre : pour fleurir tout l'été, échelonnez les plantations toutes les deux semaines au lieu de tout planter le même jour. Enterrez le bulbe pointe vers le haut à dix ou douze centimètres de profondeur, en espaçant de dix à quinze centimètres sur le rang et de trente centimètres entre deux rangs. Une plantation un peu profonde tient mieux debout qu'une plantation superficielle. Le sol doit être drainant, ameubli et ensoleillé ; en terre lourde, ajoutez du sable au fond du sillon. Buttez le pied quand les feuilles atteignent une vingtaine de centimètres, cela stabilise la hampe. Les variétés à grandes fleurs demandent un tuteur individuel, surtout dans un jardin exposé au vent. Arrosez régulièrement pendant la montée de la hampe.
Planter les bulbes de lis : période, profondeur et drainage du fond de trou
Le lis se plante de préférence en automne, d'octobre à novembre, ou à défaut en fin d'hiver dès que le sol est ressuyé. Son bulbe est écailleux et ne supporte pas de sécher : plantez-le rapidement après l'achat. La profondeur compte davantage que pour la plupart des bulbes, environ trois fois la hauteur du bulbe, soit quinze à vingt centimètres, car beaucoup de lis émettent des racines sur la tige au-dessus du bulbe. Espacez de vingt à trente centimètres. Le drainage est déterminant : posez le bulbe sur une couche de sable grossier de trois ou quatre centimètres et évitez les creux où l'eau s'accumule. Le lis apprécie d'avoir le pied à l'ombre et la tête au soleil, alors plantez-le entre des vivaces basses ou paillez son pied. Les variétés dépassant le mètre cinquante demandent un tuteur discret, mis en place à la plantation pour ne pas percer le bulbe plus tard.
Arbres et arbustes à racines nues : période de plantation de novembre à mars
La vente en racines nues suit le repos végétatif : elle commence à la chute des feuilles, en novembre, et s'arrête au démarrage de la végétation, en mars. Toute cette fenêtre convient, à deux exceptions près qu'il faut prendre au sérieux : on ne plante pas dans un sol gelé, ni dans un sol détrempé qui se compacte sous le pied. Plus la plantation est précoce dans la saison, mieux le sujet s'installe : les racines émettent des radicelles pendant l'hiver et l'arbre démarre son printemps avec un réseau déjà en place. Un sujet planté en mars part au contraire avec un décalage et souffrira davantage du premier été sec. À la réception, si le temps ne permet pas de planter, mettez les racines en jauge : une tranchée à l'abri, les racines couvertes de terre meuble et tassées, tiennent plusieurs semaines. Ne laissez jamais un lot de racines nues à l'air libre, même une demi-journée.
Habillage des racines nues avant plantation : rafraîchir, raccourcir, équilibrer
L'habillage est le geste qui précède la mise en terre d'un arbre ou d'un arbuste vendu à racines nues. Sortez le sujet de son emballage et examinez le système racinaire. Supprimez au sécateur bien affûté les racines cassées, écrasées ou desséchées, en coupant net et en amont de la partie abîmée. Rafraîchissez l'extrémité des grosses racines : une section propre cicatrise et émet des radicelles, une extrémité déchirée non. Raccourcissez l'ensemble d'un quart à un tiers pour obtenir un système ramassé et équilibré, plus facile à étaler dans le trou. Conservez impérativement toutes les racines fines, ce sont elles qui absorbent. Sur les arbustes, on équilibre en raccourcissant aussi les branches, pour que la partie aérienne ne demande pas plus que ce que les racines peuvent fournir la première année. Travaillez à l'abri du vent et gardez les racines couvertes d'un sac humide entre deux gestes.
Pralinage des racines nues : composition du pralin et geste de trempage
Le pralin est une boue épaisse dans laquelle on trempe les racines juste avant de les mettre en terre. Il se prépare avec de la terre fine du jardin, de l'eau, et une part de compost bien décomposé ou de bouse ; la consistance visée est celle d'une pâte à crêpe un peu épaisse, qui nappe la racine sans couler. Plongez tout le système racinaire, remuez, laissez égoutter quelques secondes et plantez dans la foulée. Le pralinage sert deux choses : il empêche les racines fines de sécher pendant la manipulation, et il assure un contact direct entre la racine et la terre, sans poche d'air, ce qui est la condition de la reprise. Il se pratique sur les arbres, les arbustes, les rosiers, les fruitiers et les plants de haie vendus à racines nues. Un pralin trop liquide n'adhère pas, un pralin trop épais fait des mottes qui empêchent d'étaler les racines : ajustez à l'eau.
Trou de plantation à racines nues : dimensions, cône de terre et niveau du collet
Pour un arbre ou un arbuste à racines nues, creusez large plutôt que profond : un trou de deux à trois fois l'envergure des racines, les parois griffées à la fourche-bêche pour que les racines ne butent pas sur une paroi lissée. Ameublissez le fond sans le remplir de terreau pur. Formez un petit cône de terre au centre, posez le sujet dessus et étalez les racines tout autour, orientées vers le bas et vers l'extérieur. Le point clé est le niveau du collet, cette zone où le tronc s'évase en racines : il doit rester au niveau du sol fini, jamais enterré. Un collet enfoui étouffe le sujet et le fait dépérir plusieurs années plus tard. Rebouchez avec la terre extraite, éventuellement mélangée à du compost mûr, en tassant par couches successives à la main puis du pied. Formez une cuvette d'arrosage et arrosez copieusement, même par temps humide : c'est cet arrosage qui plaque la terre contre les racines.
Racines nues ou conteneur : ce qui change à la plantation et au calendrier
Deux modes de vente, deux logiques. Les racines nues ne sont disponibles qu'en hiver, de novembre à mars, coûtent nettement moins cher et demandent un habillage puis un pralinage avant la mise en terre. Leur avantage est réel : les racines sont étalées directement dans la terre du jardin, sans transition de substrat, et l'enracinement est souvent meilleur à terme. Le conteneur se plante presque toute l'année, sauf sol gelé et forte chaleur, et rassure quand on ne peut pas garantir la date de plantation. Sa contrainte est le chignon racinaire, qu'il faut démêler, et le contraste entre le terreau de la motte et la terre du jardin, qui crée parfois une frontière que les racines franchissent mal. En pratique : haies, rosiers, fruitiers et arbustes caducs à racines nues quand la saison le permet ; persistants, plantations hors saison et achats de dernière minute en conteneur.
Planter un arbre en conteneur : périodes favorables et moments à éviter
Un arbre en conteneur se plante théoriquement toute l'année, ce qui est l'argument de ce mode de culture. En pratique, deux périodes sont à écarter : le sol gelé, où l'on ne peut ni creuser correctement ni tasser autour de la motte, et le plein été, où le jeune sujet ne suit pas la demande en eau de son feuillage. L'automne reste la meilleure fenêtre, de septembre à novembre : le sol est encore tiède, les pluies reviennent, et l'arbre a tout l'hiver pour émettre des racines avant d'avoir à alimenter des feuilles. Le printemps est la deuxième option, avec l'obligation d'arroser pendant tout le premier été. Une plantation estivale n'est pas impossible mais engage à un suivi d'arrosage sérieux pendant plusieurs semaines, et se solde souvent par un feuillage qui sèche en partie. Pour les persistants et les espèces frileuses, préférez le début du printemps aux plantations tardives d'automne.
Motte d'un arbre en conteneur : bassinage et démêlage du chignon racinaire
Avant de planter, plongez le conteneur entier dans un seau d'eau jusqu'à ce que les bulles cessent de remonter ; quelques minutes suffisent. Une motte sèche mise en terre reste sèche : l'eau du sol la contourne au lieu de la traverser, et l'arbre se dessèche au milieu d'une terre humide. Dépotez ensuite et regardez les racines. Si elles tournent en spirale contre la paroi, il faut intervenir : griffez la surface de la motte avec les doigts ou une petite griffe, dégagez les racines périphériques et coupez net celles qui s'enroulent sur elles-mêmes. Sur un sujet très serré, on entaille verticalement la motte sur deux ou trois centimètres de profondeur, en trois ou quatre endroits. Le geste paraît brutal, il est nécessaire : sans lui, l'arbre reste prisonnier de la forme du pot et finit par s'étrangler. Démêlez aussi le dessous de la motte pour que les racines partent vers le fond du trou.
Trou de plantation pour un sujet en conteneur : dimensions et parois du trou
Pour un arbre ou un arbuste acheté en conteneur, comptez un trou de deux à trois fois le volume de la motte, plus large que profond. Le point souvent négligé est la paroi : la bêche laisse une surface lissée, presque vernie en terre argileuse, que les racines traversent mal. Griffez systématiquement les côtés et le fond à la fourche-bêche. Rebouchez avec la terre extraite mélangée à un tiers de compost mûr ou de terreau de plantation, jamais avec du terreau pur : un trou rempli de substrat léger au milieu d'une terre lourde retient l'eau et cantonne les racines. N'apportez pas d'engrais concentré au contact direct des racines ; un compost bien décomposé mélangé à la terre convient mieux. Le haut de la motte doit affleurer le niveau du sol fini, sans être recouvert de terre. Tassez par couches, formez une cuvette d'arrosage, arrosez abondamment, puis paillez en laissant le pied du tronc dégagé.
Planter une haie à racines nues : période, tranchée continue et distance entre plants
Les plants de haie à racines nues se plantent de novembre à mars, hors gel et hors sol détrempé. Ouvrez une tranchée continue au cordeau plutôt que des trous individuels : quarante à cinquante centimètres de large, autant de profondeur, le fond ameubli. La tranchée assure une terre homogène sur toute la ligne, donc une haie qui pousse régulièrement. La distance dépend de l'espèce et de la hauteur visée : quarante à soixante centimètres entre deux plants pour une haie basse ou moyenne à garnissage rapide, quatre-vingts centimètres à un mètre pour des arbustes de grand développement. Pour une haie épaisse et opaque, plantez sur deux rangs décalés en quinconce, espacés de quarante centimètres. Habillez et pralinez les racines avant la mise en terre, étalez-les dans la tranchée, rebouchez en tassant par couches, puis arrosez sur toute la longueur.
Planter une haie de persistants en conteneur : période et préparation du sol
Les persistants, laurier-tin, photinia, troène, if ou charmille semi-persistante, se vendent surtout en conteneur et se plantent de préférence au début de l'automne ou au début du printemps. L'automne donne la meilleure reprise dans les régions à hiver doux ; le printemps est plus sûr là où l'hiver est rude, car un jeune persistant garde son feuillage et continue de transpirer pendant les mois froids et venteux. Préparez le sol sur toute la ligne et pas seulement au droit de chaque trou : décompactez sur deux fers de bêche, retirez les herbes indésirables et incorporez du compost. Bassinez chaque motte avant la mise en terre et démêlez les racines. Respectez les distances propres à l'espèce, souvent quatre-vingts centimètres à un mètre : une haie plantée trop serrée se dégarnit par le bas en quelques années et ne se rattrape pas.
Arrosage et paillage d'une haie nouvellement plantée pendant la première saison
Une haie qui échoue échoue presque toujours pour la même raison : un manque d'eau pendant le premier été. Formez une cuvette continue le long du rang, ou une petite butte de terre de chaque côté, pour que l'eau reste au pied au lieu de ruisseler. Arrosez copieusement et espacé, un bon volume tous les huit à dix jours en période sèche, plutôt qu'un peu tous les jours : l'eau doit descendre jusqu'au fond des racines, sinon celles-ci restent en surface. Installez un paillage de sept à dix centimètres, écorces, tontes séchées, broyat ou feuilles, sur toute la longueur, en laissant le collet dégagé. Le paillage limite l'évaporation et la concurrence des herbes, qui est bien réelle : une haie enherbée pousse nettement moins vite, sans que nous puissions chiffrer l'écart. Surveillez en priorité les extrémités de la ligne et les plants proches d'un mur, qui sèchent les premiers.
Planter les fraisiers : période de fin d'été à début d'automne et plantation de printemps
La meilleure période pour planter les fraisiers va de la fin juillet à la fin septembre. Le plant s'installe pendant l'automne, constitue ses réserves et donne une récolte pleine dès le printemps suivant. C'est la plantation à privilégier chaque fois que le calendrier le permet. Une plantation de printemps, en mars ou avril, reste possible et se pratique couramment avec les plants vendus à cette saison ; la récolte de la première année est alors nettement plus faible, et beaucoup de jardiniers suppriment les premières fleurs pour laisser le plant s'installer. Choisissez un emplacement ensoleillé qui n'a pas porté de fraisiers depuis trois ou quatre ans, le sol se fatiguant vite sur cette culture. Préparez la parcelle à l'avance avec du compost bien décomposé, et plantez dans un sol frais mais ressuyé, jamais collant.
Fraisiers : niveau du collet, distance de plantation et paillage du rang
Chez le fraisier, le niveau du collet décide de la réussite. Le collet, ce point d'où partent les feuilles, doit se trouver exactement au ras du sol : enterré, il pourrit ; déchaussé, les racines sèchent et le plant reste chétif. Faites un trou au plantoir, présentez le plant en étalant les racines vers le bas sans les recourber en crosse, rebouchez, tassez autour, puis arrosez immédiatement pour plaquer la terre. Comptez trente à quarante centimètres entre deux fraisiers sur le rang, et cinquante à soixante centimètres entre deux rangs, de quoi passer pour ramasser. Paillez le rang, à la plantation ou au printemps avant la formation des fruits : le paillage garde les fraises propres, limite les herbes indésirables et maintient la fraîcheur du sol. Arrosez toujours au pied et non sur le feuillage, en particulier en fin de journée.
Planter l'ail d'automne : période, orientation du caïeu, profondeur et distance
L'ail d'automne, blanc ou violet selon les régions, se plante d'octobre à décembre. Séparez la tête en caïeux au dernier moment en gardant les plus gros, et plantez chaque caïeu pointe vers le haut, le sommet à deux ou trois centimètres sous la surface. Espacez de dix à douze centimètres sur le rang et de trente centimètres entre deux rangs. Le point décisif est le sol : l'ail réclame une terre drainante et une exposition ensoleillée, et supporte très mal l'eau qui stagne pendant l'hiver. En terre lourde, plantez sur une petite butte d'une dizaine de centimètres de haut. N'apportez pas de fumier frais avant la plantation, il fait pourrir les caïeux et donne des têtes molles ; un compost bien décomposé apporté à la culture précédente convient mieux. Ne replantez pas l'ail au même endroit deux années de suite, gardez une rotation de trois ou quatre ans.
Planter l'ail de printemps : période de février à mars et sol bien ressuyé
L'ail de printemps se plante de février à mars, dès que le sol est ressuyé et se travaille sans coller à la bêche. C'est la solution dans les terres lourdes et dans les régions à hiver très humide, où une plantation d'automne finit souvent par pourrir avant la reprise. La profondeur et les distances sont les mêmes qu'à l'automne : caïeu pointe vers le haut, sommet à deux ou trois centimètres sous la surface, dix à douze centimètres sur le rang, trente centimètres entre deux rangs. La récolte arrive un peu plus tard dans l'été et les têtes sont souvent un peu plus petites qu'en plantation d'automne, mais la culture est plus sûre. Choisissez une planche ensoleillée, ameublie, sans apport de matière organique fraîche, et qui n'a pas porté d'ail, d'oignon ni d'échalote les trois dernières années.
Planter les échalotes : période, bulbe affleurant et sol bien drainé
L'échalote se plante de février à avril dans la plupart des régions ; les types dits gris se plantent plus tôt, dès l'automne, mais seulement en terre légère et bien drainée. Contrairement à l'ail, on n'enterre pas le bulbe : enfoncez-le à peine, pointe vers le haut, en laissant le sommet affleurer la surface. Un bulbe trop enterré se déforme et pourrit. Espacez de quinze à vingt centimètres sur le rang et de vingt-cinq à trente centimètres entre deux rangs, chaque bulbe donnant une touffe. Le sol doit être ameubli, drainant et sans apport de matière organique fraîche ; l'échalote se plaît derrière une culture qui a reçu du compost l'année précédente. Surveillez les premières semaines : les oiseaux et le gel soulèvent parfois les bulbes hors du sol, il suffit de les remettre en place. Ne la cultivez pas au même emplacement plus d'une fois tous les trois ans.
Planter les vivaces : automne pour l'enracinement, printemps pour les plus frileuses
Deux fenêtres se partagent la plantation des vivaces. L'automne, de septembre à novembre, convient à la grande majorité : le sol est encore tiède, les pluies reviennent, la plante n'a plus de feuillage à alimenter et consacre tout à ses racines. Une vivace plantée en octobre aborde son premier été avec un système racinaire déjà installé et demande beaucoup moins d'arrosage. Le printemps, de mars à mai, se réserve aux espèces qui redoutent l'humidité hivernale, celles des sols secs et des rocailles comme les sauges, les gauras et les graminées de terrain sec, ainsi qu'aux régions à hiver long et rude. Les vivaces vendues en godet et déjà fleuries au printemps se plantent aussi très bien, à condition de suivre l'arrosage. Évitez seulement les deux extrêmes : le sol gelé et les périodes de forte chaleur.
Vivaces : bassinage de la motte, distance de plantation et arrosage de reprise
Commencez par tremper les godets dans une bassine d'eau jusqu'à ce que les bulles cessent. Creusez un trou d'environ deux fois le volume de la motte, ameublissez le fond et les parois, et mélangez la terre extraite à du compost si le sol est pauvre. Posez la motte en respectant le niveau : son sommet au ras du sol, ni butté ni enfoncé. Décoller le dessous de la motte à la main aide les racines à descendre. La distance se calcule sur le développement adulte et non sur la taille du godet : trente centimètres pour les petites vivaces de bordure, quarante à cinquante pour les touffes moyennes, soixante à quatre-vingts pour les grands sujets. Un massif planté serré paraît réussi la première année et devient étouffé la troisième. Tassez, arrosez copieusement, paillez, et gardez un arrosage régulier pendant les six premières semaines.
Planter un rosier à racines nues : période d'hiver et niveau du point de greffe
Le rosier à racines nues se plante de novembre à mars, hors période de gel et hors sol détrempé, la fin de l'automne donnant les meilleures reprises. Habillez les racines en supprimant les parties abîmées et en les raccourcissant légèrement, puis pralinez. Creusez un trou de quarante à cinquante centimètres dans tous les sens, ameublissez le fond et formez un cône de terre pour étaler les racines autour. Le repère à ne pas manquer est le point de greffe, ce renflement à la base des branches : il se place au niveau du sol, ou un à deux centimètres en dessous dans les régions à hiver froid, jamais à plusieurs centimètres sous la surface. Rebouchez avec la terre du jardin mélangée à du compost mûr, tassez par couches, arrosez copieusement, puis buttez le pied avec de la terre meuble pour le premier hiver ; ce buttage se retire au printemps.
Planter un rosier en conteneur : période, motte et arrosage des premières semaines
Le rosier en conteneur se plante toute l'année en dehors des périodes de gel et de forte chaleur, l'automne restant la meilleure fenêtre. Trempez la motte dans un seau jusqu'à la fin des bulles, dépotez, et griffez les racines si elles tournent contre la paroi. Creusez large, deux à trois fois le volume de la motte, griffez les parois et rebouchez avec la terre extraite additionnée de compost bien décomposé. Le point de greffe se positionne comme pour un rosier à racines nues, au niveau du sol ou légèrement en dessous en région froide. Tassez, formez une cuvette et arrosez abondamment, puis paillez en laissant le pied dégagé. La différence avec les racines nues se joue sur l'arrosage : la motte de terreau sèche plus vite que la terre autour, il faut donc arroser au pied et sans compter pendant les premières semaines, surtout pour une plantation de printemps ou d'été.
Distance de plantation des rosiers et cas d'un sol ayant déjà porté un rosier
Comptez quarante à cinquante centimètres entre deux rosiers buissons pour un massif dense, soixante à quatre-vingts centimètres pour des rosiers arbustifs, et un mètre cinquante à deux mètres entre deux grimpants le long d'un mur. Un rosier grimpant se plante à vingt ou trente centimètres du pied du mur, jamais au ras : la terre y est sèche et pauvre. Inclinez la motte ou les racines vers l'extérieur, en dirigeant les branches vers le support. Le cas particulier à connaître est celui d'un emplacement qui a déjà porté un rosier pendant des années : le sol s'y montre fatigué et le nouveau sujet végète sans raison apparente. La solution pratique consiste à remplacer la terre sur un volume généreux, au moins cinquante centimètres de côté et de profondeur, avec de la terre prise ailleurs au jardin, ou à choisir un autre emplacement.
Planter un arbre fruitier : période d'hiver et distance selon la forme conduite
Les fruitiers se plantent en hiver, de novembre à mars, hors gel : c'est la période où les sujets à racines nues sont disponibles et où la reprise est la meilleure. La distance dépend de la forme et du porte-greffe, pas de la taille du sujet le jour de l'achat. Comptez environ un mètre cinquante à deux mètres entre deux cordons ou deux palmettes le long d'un mur, trois à quatre mètres pour des formes basses en gobelet sur porte-greffe peu vigoureux, quatre à six mètres pour une demi-tige, et huit à dix mètres pour un arbre de plein vent en haute tige, qui occupera cette place pendant des décennies. Une plantation trop serrée est la déception la plus fréquente : les arbres se gênent, s'étiolent et deviennent difficiles à récolter. Demandez toujours le porte-greffe au moment de l'achat, c'est lui qui fixe la vigueur et donc la distance.
Tuteurage d'un arbre fruitier à la plantation : tuteur, lien souple et durée
Le tuteur se plante avant l'arbre, dans le trou ouvert, et non après : enfoncé en dernier, il traverse et blesse les racines. Placez-le du côté des vents dominants, de façon que l'arbre soit poussé loin du piquet et non contre lui. Un tuteur vertical enfoncé de cinquante à soixante centimètres convient à un sujet à racines nues ; deux piquets reliés par une traverse, ou un tuteur oblique planté hors de la motte, conviennent mieux à un sujet en conteneur. Attachez avec un lien large et souple, en formant un huit entre le tronc et le piquet pour que l'écorce ne frotte pas sur le bois. L'attache se place au tiers ou à la moitié de la hauteur du tronc, pas tout en haut : le tronc doit pouvoir osciller un peu, c'est ce mouvement qui l'épaissit. Contrôlez le lien chaque année et desserrez-le, puis retirez le tuteur au bout de deux ou trois saisons.
Trou de plantation d'un fruitier et choix d'un pollinisateur à proximité
Creusez un trou large, au moins soixante à quatre-vingts centimètres de côté, plus large que profond, en griffant les parois. Ameublissez le fond sans y déposer d'engrais concentré au contact des racines ; un compost bien décomposé mélangé à la terre de rebouchage suffit largement la première année. Étalez les racines sur un cône de terre, gardez le collet au niveau du sol fini et le point de greffe nettement au-dessus de la surface : un point de greffe enterré finit par faire racine et annule l'effet du porte-greffe. Tassez par couches, formez une cuvette et arrosez copieusement. Pensez à la pollinisation avant de choisir l'emplacement : la plupart des pommiers, poiriers et cerisiers donnent beaucoup mieux avec une seconde variété compatible qui fleurit à la même période, plantée à portée des abeilles, dans le même jardin ou chez un voisin proche.
Poser du gazon en plaques : période favorable et préparation du sol avant la pose
Le gazon en plaques se pose au printemps, de mars à mai, ou au début de l'automne, de septembre à octobre : il faut un sol qui ne soit ni gelé ni desséché, et de l'eau disponible. La préparation compte davantage que la pose elle-même, car on ne rattrape rien une fois les plaques déroulées. Décompactez sur vingt à trente centimètres, retirez cailloux, racines et herbes indésirables, incorporez du compost si la terre est pauvre, puis nivelez au râteau. Passez un rouleau léger pour révéler creux et bosses, corrigez, ratissez à nouveau et laissez le sol se rasseoir quelques jours. La surface finie doit se trouver deux à trois centimètres en dessous des bordures et des allées, pour que les plaques arrivent au bon niveau une fois posées. Arrosez la terre la veille : les plaques ne se posent jamais sur un sol sec et poussiéreux.
Pose des plaques de gazon : joints en quinconce, roulage et arrosage du démarrage
Commencez par une ligne droite, le long d'une bordure ou d'une allée, et déroulez les plaques bord à bord sans les chevaucher ni laisser d'écart : un joint ouvert sèche et le gazon s'y dégarnit. Décalez les rangs suivants en quinconce, comme un mur de briques, et découpez les extrémités au couteau bien affûté. Travaillez depuis une planche posée sur les plaques déjà installées plutôt qu'en marchant directement dessus. Une fois la surface couverte, passez un rouleau pour mettre les racines en contact avec la terre, puis arrosez abondamment, jusqu'à ce que l'eau traverse la plaque et humidifie le sol dessous. Maintenez humide pendant deux à trois semaines, avec des arrosages quotidiens par temps chaud, et évitez de piétiner la surface pendant ces premières semaines. La première tonte se fait quand le gazon a repris, tondeuse réglée haut.
Plantes de terre de bruyère : sol acide, exposition et période de plantation
Rhododendrons, azalées, camélias, pieris, bruyères, hortensias à fleurs bleues et érables du Japon partagent la même exigence : un sol acide, léger, frais et drainé, riche en matière organique. La plantation se fait de préférence en automne, de septembre à novembre, ou en fin d'hiver et au début du printemps dans les régions froides et pour les camélias, dont les boutons souffrent des gelées tardives. Choisissez une exposition à mi-ombre, à l'abri du soleil direct de l'après-midi et des vents secs. Ces plantes ont un enracinement traçant et superficiel : creusez large et peu profond, quatre-vingts centimètres de diamètre pour trente à quarante centimètres de profondeur, et ne plantez jamais profond. Bassinez la motte, démêlez-la, gardez son sommet au ras du sol et paillez avec des écorces ou des aiguilles de pin.
Terre de bruyère en sol calcaire : fosse de plantation, culture en bac et arrosage
En sol calcaire, le rhododendron, l'azalée, le camélia et l'hortensia jaunissent entre les nervures alors que les nervures restent vertes : c'est la chlorose, signe que le calcaire bloque l'assimilation du fer. Deux solutions pratiques pour ces plantes de terre de bruyère. La fosse de plantation d'abord : creusez large et peu profond, quatre-vingts centimètres à un mètre de diamètre pour trente à quarante centimètres de profondeur, isolez éventuellement les parois avec un feutre, assurez le drainage par une couche de graviers, et remplissez d'un mélange de terre de bruyère, de terreau de feuilles et de compost. Cette fosse tient plusieurs années mais finit par être rejointe par le calcaire environnant. La culture en bac est plus sûre à long terme, avec un rempotage tous les deux à trois ans. Dans les deux cas, arrosez à l'eau de pluie récupérée si l'eau du robinet est calcaire, et paillez avec des écorces ou des aiguilles de pin pour garder la fraîcheur.
Pourquoi la Sainte-Catherine sert de repère pour les plantations d'automne
À la Sainte-Catherine, le 25 novembre, tout bois prend racine : le dicton est ancien et repose sur une observation juste. À cette date, en France métropolitaine, trois conditions se réunissent le plus souvent. Les arbres et arbustes caducs ont perdu leurs feuilles et sont entrés en repos, ils ne demandent donc plus d'eau pour alimenter un feuillage. Le sol garde encore une part de la chaleur emmagasinée pendant l'été, ce qui permet aux racines d'émettre des radicelles pendant plusieurs semaines. Enfin les pluies d'automne assurent l'humidité sans qu'on ait à arroser. Un sujet planté à cette période a tout l'hiver pour s'installer et aborde le premier été avec ses racines en place. Le dicton reste un repère et non une date impérative : selon la région et l'année, la bonne fenêtre s'étend de la mi-novembre à la fin de l'hiver, hors gel et hors sol détrempé.
Réussir la reprise la première année : arrosage espacé, paillage et concurrence
Un arbre, un arbuste ou une vivace n'est installé qu'au bout d'une à deux saisons ; jusque-là il vit sur un système racinaire réduit. La règle qui change tout est l'arrosage copieux et espacé : un grand volume d'un coup, quinze à trente litres pour un arbuste, tous les huit à dix jours en période sèche, plutôt qu'un peu chaque jour. Un arrosage superficiel quotidien maintient les racines en surface et rend le sujet plus fragile encore. Conservez la cuvette d'arrosage pendant la première année et arrosez toujours dedans, au pied. Paillez sur sept à dix centimètres en laissant le collet dégagé. Supprimez la concurrence des herbes sur un cercle d'au moins soixante centimètres autour du pied : c'est le facteur le plus sous-estimé de la reprise. Enfin ne fertilisez pas la première année, l'enracinement se fait mieux dans une terre ordinaire.
Planter en sol lourd et argileux : trou, parois griffées et plantation surélevée
En terre argileuse, l'erreur classique est le trou-baignoire : un trou profond aux parois lissées à la bêche, rempli de terreau léger. L'eau s'y accumule, ne s'évacue pas, et les racines pourrissent au milieu de ce qui semblait être un bon substrat. Faites l'inverse : creusez large et peu profond, griffez systématiquement les parois et le fond à la fourche-bêche pour casser le lissage, et rebouchez avec la terre extraite mélangée à un tiers de compost, pas avec du terreau pur. Sur les sujets sensibles à l'humidité, plantez légèrement surélevé, le haut de la motte deux à trois centimètres au-dessus du niveau du sol, la terre ramenée en pente douce autour. Ne travaillez jamais une terre argileuse détrempée : elle se compacte sous la bêche et sous le pied et garde cette structure des mois. Attendez qu'elle soit ressuyée et s'émiette.
Quand le gel arrive : mise en jauge des racines nues et report de la plantation
On ne plante pas dans un sol gelé : la terre ne s'émiette pas, ne peut pas être tassée autour des racines, et les poches d'air qui subsistent dessèchent le système racinaire. Un sol détrempé pose le problème inverse et se compacte sous le pied. Dans les deux cas, la bonne décision est d'attendre. Pour un lot de racines nues déjà livré, mettez-le en jauge : ouvrez une tranchée dans un coin abrité, couchez les sujets en oblique, couvrez entièrement les racines de terre meuble ou de sable et tassez pour chasser l'air. Les plants tiennent ainsi plusieurs semaines et se replantent dès le dégel. Pour des sujets en conteneur, regroupez les pots contre un mur exposé au sud, calez-les les uns contre les autres et couvrez les mottes de paillage : c'est la motte qui gèle, pas les branches. Reprenez dès que la terre s'émiette de nouveau sous la main.