Multiplication

32 passages · conseil-2026-08-12

Bouturage de tige herbacée : période, longueur et préparation du rameau

Le bouturage de tige herbacée se pratique du printemps au début de l'été, tant que les pousses de l'année restent souples et n'ont pas durci. Prélevez un fragment de tige d'une dizaine de centimètres, à l'extrémité d'un rameau sans fleur ni bouton : une tige qui fleurit dépense son énergie ailleurs qu'aux racines. Coupez juste sous un nœud avec une lame propre et affûtée, retirez les feuilles du bas sur les deux tiers de la longueur et raccourcissez de moitié les grandes feuilles restantes pour limiter l'évaporation. Enfoncez la base sur trois à quatre centimètres dans un mélange léger et drainant, tassez au doigt, arrosez une fois, puis maintenez l'air humide sous cloche ou sous sachet, à la lumière mais jamais au soleil direct. L'enracinement demande le plus souvent deux à quatre semaines selon l'espèce et la chaleur ambiante. Sur des tiges herbacées bien choisies, il est courant de réussir la majorité des boutures d'une série.

Bouturage semi-aoûté : reconnaître le bois de l'année qui commence à durcir

Le bouturage semi-aoûté se pratique de la fin juillet à la mi-septembre, sur des rameaux poussés dans l'année dont la base a bruni et durci alors que l'extrémité reste souple. C'est la méthode de référence pour les arbustes persistants et pour beaucoup d'arbustes de haie. Prélevez un fragment de dix à quinze centimètres, soit coupé sous un nœud, soit arraché avec un talon d'écorce du rameau porteur, ce talon favorisant la cicatrisation. Supprimez les feuilles de la moitié basse et raccourcissez les plus grandes. Piquez en pot ou en châssis froid dans un mélange sableux, à mi-ombre, et gardez le substrat frais sans le détremper. L'enracinement est plus lent qu'en herbacé : comptez un à trois mois, parfois jusqu'au printemps suivant selon la douceur de l'arrière-saison. Laissez les jeunes plants hiverner à l'abri du gel fort et ne les repiquez qu'au retour de la végétation.

Bouturage de bois sec en hiver : rameaux défeuillés, tranchée et patience

Le bouturage de bois sec se fait de novembre à février, sur des arbustes à feuillage caduc entrés en repos. Choisissez un rameau de l'année bien mûr, de la grosseur d'un crayon, et débitez-le en tronçons de vingt à vingt-cinq centimètres portant chacun trois à quatre yeux. Faites une coupe droite juste sous l'œil du bas et une coupe en biseau au-dessus de l'œil du haut : c'est le seul repère pour ne pas planter la bouture à l'envers. Enfoncez les deux tiers de la longueur dans une terre allégée de sable, en tranchée à l'abri du vent, ou dans un pot laissé dehors. Rien ne se passe visiblement pendant des mois : les racines se forment à la fin de l'hiver et le départ des feuilles en avril ou mai signe la reprise. Laissez les plants en place une saison complète avant de les déplacer. Sur les arbustes faciles la réussite est élevée, elle chute nettement sur les espèces à bois tendre.

Bouturage de feuille : quelles plantes s'y prêtent et comment poser la feuille

Le bouturage de feuille ne concerne qu'un petit nombre de plantes capables de reformer une tige à partir du limbe : bégonia rex, saintpaulia, sansevieria, et la plupart des succulentes. Sur le saintpaulia, plantez une feuille bien constituée avec deux à trois centimètres de pétiole, obliquement, dans un substrat léger toujours frais. Sur le bégonia rex, posez la feuille à plat, face inférieure contre le substrat, et incisez les nervures principales : chaque entaille peut donner un jeune plant. Sur le sansevieria, sectionnez la feuille en morceaux de cinq à huit centimètres et replantez-les dans le bon sens, la partie qui était vers le bas enfoncée. Comptez de six semaines à plusieurs mois avant de voir les premières pousses, plus longtemps encore en hiver. Sur les plantes ligneuses, une feuille peut émettre des racines mais ne fera jamais de tige : c'est un fragment de tige qu'il faut prélever.

Bouturage dans l'eau ou dans un substrat : ce que change réellement le milieu

Dans l'eau, la bouture forme des racines blanches et cassantes, adaptées à un milieu sans résistance ni air. Elles se voient, ce qui rassure, mais elles supportent mal le passage en pot : une partie sèche et la plante marque un arrêt de plusieurs semaines. La méthode reste pratique pour le monstera, le pothos, le fuchsia, la menthe et beaucoup de tiges tendres, à condition de changer l'eau tous les deux ou trois jours et de rempoter dès que les racines atteignent deux à trois centimètres, pas plus. Dans un substrat léger, l'enracinement est invisible et demande de la patience, mais les racines produites sont directement fonctionnelles et la reprise après rempotage se fait sans à-coup. Pour les rameaux ligneux, la lavande, le romarin, le rosier ou le buis, le substrat est la seule voie raisonnable : dans l'eau, la base noircit avant d'enraciner.

Bouturer l'hortensia en été : rameau sans fleur, deux nœuds, substrat léger

L'hortensia se bouture facilement de juin à août, sur les pousses de l'année. Choisissez impérativement un rameau qui n'a pas fleuri, plus court et plus trapu que les tiges florifères. Prélevez un fragment de dix à douze centimètres portant deux étages de feuilles, coupez juste sous le nœud du bas, retirez les deux feuilles inférieures et coupez de moitié les deux feuilles du haut, très larges chez cette plante. Piquez dans un mélange de terreau et de sable, deux boutures par godet, et placez à l'ombre claire sous cloche ou sous sachet. Le substrat doit rester frais en permanence : l'hortensia est la plante qui pardonne le moins un dessèchement pendant l'enracinement. Les racines apparaissent en trois à cinq semaines, signalées par la reprise du bourgeon terminal. Rempotez à l'automne et hivernez le godet hors gel ; la première floraison vient en général la deuxième année.

Bouturer l'hortensia en fin de saison : rameaux aoûtés et hivernage du godet

En septembre et en octobre, l'hortensia se bouture encore, sur des rameaux de l'année dont la base a durci et pris une teinte claire de bois. Le principe change peu : une quinzaine de centimètres, coupe sous un nœud, feuilles du bas supprimées, feuilles du haut réduites de moitié. La différence est dans le rythme : l'enracinement se poursuit lentement pendant l'automne et ne s'achève parfois qu'au printemps. Installez les godets en châssis froid, contre un mur abrité ou sous une véranda non chauffée, et arrosez très peu pendant l'hiver, juste assez pour que le substrat ne se dessèche pas complètement. Un excès d'eau par temps froid est ce qui fait perdre le plus de boutures d'automne. Ne tirez jamais sur la bouture pour vérifier : soulevez le godet et regardez si des racines pointent aux trous de drainage. La mise en place au jardin se fait au printemps suivant, une fois les gelées passées.

Bouturer le géranium et le pélargonium : la bouture qui n'aime pas l'excès d'eau

Ce que l'on appelle géranium de balcon est un pélargonium, et il se bouture d'août à septembre pour repartir l'année suivante, ou au printemps sur les pieds hivernés. Prélevez une extrémité de tige de huit à dix centimètres, coupez sous un nœud, supprimez toutes les fleurs et tous les boutons ainsi que les feuilles du bas, puis laissez la coupe sécher une à deux heures à l'air avant de planter : c'est la tige la plus charnue du lot, et une base ressuyée pourrit beaucoup moins. Piquez dans un mélange très drainant, terreau et sable à parts égales, sans cloche ni sachet. Arrosez une fois puis attendez que la surface sèche entre deux apports. À la lumière et à température douce, les racines viennent en deux à trois semaines et la reprise est franche : c'est l'une des boutures les plus régulières, souvent réussie sur la quasi-totalité d'une série.

Bouturer le rosier en bois sec de novembre à février : longueur et mise en place

Le bouturage du rosier en bois sec se pratique pendant le repos, de novembre à février, en dehors des périodes de gel. Prélevez sur un rameau de l'année ayant fleuri, bien mûr et de la grosseur d'un crayon, des tronçons de vingt centimètres portant trois à quatre yeux. Coupe droite sous l'œil du bas, coupe en biseau au-dessus de l'œil du haut, et suppression des épines sur la partie qui sera enterrée. Enfoncez les deux tiers dans une terre allégée de sable, à l'abri des vents froids et à mi-ombre, en ne laissant dépasser que l'œil supérieur. Ne bougez plus rien jusqu'au printemps. Le départ des feuilles ne prouve pas encore l'enracinement : c'est la pousse qui continue de s'allonger en mai et juin qui le confirme. Cette méthode donne des rosiers francs de pied, sans porte-greffe. La réussite est irrégulière selon les variétés : prévoyez plusieurs boutures pour un plant.

Bouturer le rosier en été : rameau défleuri, talon et culture à l'étouffée

En juillet et en août, le rosier se bouture aussi en semi-aoûté, sur un rameau qui vient de défleurir et dont la base commence à durcir. Prélevez un fragment de douze à quinze centimètres, si possible arraché avec un petit talon d'écorce, coupez au-dessus d'un œil en haut, retirez la fleur fanée, les feuilles du bas et les épines de la partie enterrée, et conservez deux feuilles réduites de moitié en haut. Piquez dans un mélange sableux maintenu frais, sous cloche ou sous sachet, à l'ombre claire : en plein soleil, une cloche fermée cuit la bouture en une après-midi. Aérez quelques minutes par jour pour éviter la condensation permanente sur le feuillage. L'enracinement demande quatre à huit semaines. Hivernez les godets en châssis froid et plantez au printemps. Sur les rosiers arbustifs et les grimpants anciens, la réussite est bien meilleure que sur les variétés modernes à grandes fleurs.

Bouturer la lavande : rameaux non fleuris, substrat sableux, arrosage mesuré

La lavande se bouture en juin sur pousses tendres, ou de la fin août à septembre en semi-aoûté, méthode plus régulière. Prélevez des extrémités de rameaux non fleuris de huit à dix centimètres, en tirant vers le bas pour emporter un talon d'écorce. Effeuillez la moitié basse en pinçant les feuilles entre deux doigts plutôt qu'en les arrachant, ce qui déchire l'écorce. Piquez serré dans un mélange très sableux, en terrine ou en godets, et placez à mi-ombre. La lavande enracine dans un substrat qui sèche en surface entre deux arrosages : maintenue trop humide ou sous cloche fermée, elle noircit à la base avant d'enraciner. Comptez trois à six semaines pour les boutures de juin, plus longtemps en fin de saison. Hivernez les jeunes plants au sec et au frais, et plantez au printemps dans un sol bien drainé. Sur des rameaux bien choisis, la majorité d'une série reprend.

Bouturer le buis : rameaux semi-aoûtés de fin d'été et enracinement lent

Le buis se bouture d'août à octobre, sur des rameaux de l'année dont la base a durci. Prélevez des fragments de huit à douze centimètres, arrachés avec un talon si le rameau s'y prête, et dégarnissez la moitié inférieure de ses petites feuilles. Piquez serré, plusieurs boutures par terrine, dans un mélange de terreau et de sable, et installez en châssis froid ou contre un mur exposé au nord, à l'abri du soleil direct. Le buis est lent : les racines mettent souvent trois à six mois à se former, et il n'est pas rare de ne voir la reprise de croissance qu'au printemps suivant. Gardez le substrat frais sans excès pendant tout l'hiver. Prélevez uniquement sur des pieds au feuillage sain et bien fourni : une bouture issue d'un sujet affaibli par la pyrale ou par une attaque de feuillage démarre mal. Repiquez en godet individuel la deuxième année, et comptez trois ans pour un sujet présentable.

Bouturer le laurier-palme et le laurier-tin : période et taille du fragment

Le laurier-palme, planté en haie, et le laurier-tin, cultivé pour sa floraison de fin d'hiver, se bouturent tous deux en semi-aoûté, d'août à octobre. Prélevez des rameaux de l'année de quinze à vingt centimètres pour le laurier-palme, de dix à quinze pour le laurier-tin, en coupant sous un nœud. Retirez les feuilles de la moitié basse et coupez en deux, en travers, les grandes feuilles du laurier-palme : entières, elles évaporent plus que la bouture ne peut absorber. Piquez dans un mélange sableux, en pot profond ou directement en pépinière à l'ombre, et maintenez frais. L'enracinement demande de six semaines à trois mois selon la douceur de l'arrière-saison. Le laurier-palme reprend facilement et permet de compléter une haie à moindre frais, le laurier-tin est un peu plus capricieux. Laissez les plants en place un an avant la mise en ligne définitive.

Bouturer le romarin : extrémités de rameaux, drainage et reprise rapide

Le romarin se bouture presque toute la belle saison, avec deux périodes plus sûres : mai et juin sur pousses tendres, septembre en semi-aoûté. Coupez des extrémités de rameaux de huit à douze centimètres, sur des pieds compacts et bien exposés plutôt que sur des sujets étirés à l'ombre. Effeuillez les deux tiers inférieurs et piquez dans un substrat très drainant, terreau sableux ou mélange à semis additionné de sable grossier. Le romarin n'a pas besoin de cloche : l'air confiné lui fait plus de mal que de bien. Placez à la lumière, sans soleil direct, et arrosez modérément en laissant la surface sécher. Les racines apparaissent en trois à cinq semaines au printemps, plus lentement en automne. Le romarin s'enracine aussi dans un verre d'eau, mais les racines produites sont fragiles et la reprise en pot moins régulière qu'en substrat. Rempotez en godet dès que la pousse redémarre.

Bouturer la sauge officinale et les sauges arbustives : période et substrat

La sauge officinale, à feuillage gris, et les sauges arbustives de massif se bouturent de la fin du printemps au début de l'automne. Prélevez des extrémités de tiges de huit à douze centimètres, sans fleur, en coupant sous un nœud. Retirez les feuilles de la moitié basse et réduisez de moitié les grandes feuilles restantes, car elles transpirent beaucoup. Piquez dans un mélange léger et drainant, terreau et sable, en godets ou en terrine, et placez à mi-ombre. Gardez le substrat frais mais jamais détrempé : la base des tiges de sauge est tendre et supporte mal l'eau stagnante. Une cloche entrouverte aide les boutures de plein été, en septembre mieux vaut s'en passer. L'enracinement demande deux à quatre semaines en saison chaude. Sauge officinale comme sauges arbustives se bouturent facilement ; nous n'avons pas de repère fiable pour les classer entre elles.

Bouturer le ficus : sève laiteuse, longueur de tige et chaleur de fond

Les ficus d'intérieur, du ficus benjamina aux ficus à grandes feuilles, se bouturent de préférence au printemps et en été, quand la plante est en croissance active. Prélevez une extrémité de tige de dix à quinze centimètres portant trois à quatre feuilles, coupée sous un nœud. La coupe laisse perler une sève laiteuse : épongez-la ou passez la base sous l'eau tiède, puis laissez ressuyer quelques minutes, sinon elle fige et obture la surface de coupe. Retirez les feuilles du bas, réduisez les grandes feuilles de moitié et piquez dans un mélange de terreau et de sable maintenu juste humide. Le ficus demande de la chaleur : dans une pièce fraîche, l'enracinement ne démarre pas. Couvrez d'un sachet transparent aéré chaque jour, à la lumière tamisée. Comptez quatre à huit semaines. Les vieux sujets dégarnis du bas se reprennent mieux par marcottage aérien que par bouture.

Bouturer le monstera : le nœud et la racine aérienne font toute la reprise

Le monstera se bouture au printemps ou en été, en profitant d'une taille de rééquilibrage. La règle est simple : un fragment de tige sans nœud ne fera jamais de plante. Coupez un tronçon portant au minimum un nœud, c'est-à-dire le point renflé d'où partent une feuille et, très souvent, une racine aérienne. Un fragment avec une feuille et une racine aérienne déjà formée reprend presque toujours. Laissez la coupe sécher une heure, puis placez le nœud soit dans un verre d'eau changée tous les deux ou trois jours, soit directement dans un substrat aéré à base d'écorce et de terreau. Le nœud doit être en contact avec le milieu, la feuille dehors. Les racines apparaissent en deux à quatre semaines en saison chaude. Si vous partez de l'eau, rempotez dès que les racines atteignent trois à cinq centimètres : plus elles s'allongent dans l'eau, plus le passage en pot marque un arrêt.

Bouturer une succulente par la feuille : détacher net, sécher, poser à plat

Beaucoup de succulentes à rosette, echeveria, sedum, graptopetalum, se multiplient par simple feuille, de préférence du printemps à la fin de l'été. Le geste décide de tout : la feuille doit se détacher entière, avec sa base intacte, par un mouvement latéral ferme au ras de la tige. Une feuille arrachée en laissant un morceau collé à la tige ne donnera rien. Laissez ensuite les feuilles sécher à l'air, à l'ombre, deux à cinq jours, jusqu'à ce que la cassure forme une pellicule sèche. Posez-les à plat sur un substrat sableux, sans les enterrer, et vaporisez légèrement tous les deux ou trois jours. Une racine puis une minuscule rosette apparaissent au bout de deux à six semaines. La feuille mère se ride et se vide au profit du jeune plant : c'est normal, ne la retirez pas avant qu'elle soit complètement sèche. Le taux de réussite varie beaucoup selon les genres.

Bouturer une succulente par la tige ou séparer les rejets de la touffe

Les succulentes qui s'étirent, à rosette montée sur une tige nue, se rajeunissent en coupant la tête. Sectionnez la rosette avec deux à trois centimètres de tige, retirez les feuilles du bas, et laissez sécher la coupe trois à sept jours à l'ombre avant de la poser sur un substrat sableux à peine humide. La tige laissée en place n'est pas perdue : elle émet en général plusieurs rejets sur les nœuds dégarnis, que l'on détache une fois qu'ils ont la taille d'une noix. Beaucoup d'autres succulentes produisent spontanément des rejets à la base de la touffe, souvent déjà pourvus de racines : il suffit de les séparer au printemps et de les rempoter individuellement. Dans tous les cas, retardez le premier arrosage d'une semaine après la mise en pot, puis arrosez peu. C'est l'excès d'eau au départ, jamais le manque, qui fait perdre ces boutures.

Bouturer le fuchsia : jeunes pousses de printemps et hivernage des jeunes plants

Le fuchsia est l'un des arbustes les plus faciles à bouturer. La meilleure période va de mars à juin, sur les jeunes pousses tendres, mais on réussit encore en août et en septembre. Prélevez une extrémité de tige de six à dix centimètres portant deux à trois étages de feuilles, coupez sous un nœud, supprimez fleurs, boutons et feuilles du bas. Le fuchsia enracine aussi bien dans un verre d'eau que dans un mélange de terreau et de sable ; en substrat, les racines sont plus solides. Placez à la lumière tamisée, à température douce, sous sachet aéré si l'air de la pièce est sec. Les racines viennent en deux à trois semaines au printemps. Pincez l'extrémité du jeune plant après la reprise pour obtenir une touffe ramifiée plutôt qu'une tige unique. Hivernez les godets hors gel, presque au sec, et rempotez au printemps. Une série de boutures de fuchsia réussit presque intégralement.

Bouturer le forsythia en bois sec : l'arbuste de haie le plus simple à multiplier

Le forsythia se prête particulièrement bien au bouturage de bois sec, de novembre à février. Prélevez sur un rameau de l'année, droit et bien mûr, des tronçons de vingt à vingt-cinq centimètres portant trois à quatre yeux, coupe droite sous l'œil du bas et biseau au-dessus de l'œil du haut. Enfoncez les deux tiers dans une terre de jardin allégée de sable, en tranchée à mi-ombre, en tassant bien pour que la terre colle au bois. Aucun soin particulier n'est nécessaire pendant l'hiver, hormis un arrosage si le sol se dessèche au printemps. Les feuilles partent en avril, les racines suivent, et la reprise se confirme par une pousse qui s'allonge en mai et juin. Laissez les plants en place jusqu'à l'automne suivant avant de les mettre en ligne. Le forsythia se marcotte aussi tout seul : un rameau bas qui touche le sol s'enracine souvent sans intervention.

Marcottage aérien : entaille, sphaigne humide et sevrage de la nouvelle tête

Le marcottage aérien sert à rajeunir une plante d'intérieur devenue haute et dégarnie du bas, ficus, caoutchouc, dracaena, ou à multiplier un arbuste dont les boutures sont difficiles. On le pratique au printemps ou au début de l'été, sur une tige de la grosseur d'un doigt. Choisissez un point situé sous une touffe de feuilles bien vertes, retirez les feuilles sur une dizaine de centimètres, puis entaillez l'écorce sur un tiers du diamètre, ou retirez un anneau d'écorce d'un centimètre de large. Entourez la zone d'une poignée de sphaigne bien humide, serrez dans un film plastique fermé en haut et en bas, et laissez à la lumière. Rouvrez pour humidifier si la sphaigne sèche. Des racines apparaissent au travers du film en six semaines à trois mois. Sectionnez alors la tige juste sous la motte de racines et rempotez la nouvelle tête sans retirer la sphaigne. Le pied mère repart en général par des rejets.

Marcottage par couchage : coucher un rameau en terre et le séparer un an après

Le marcottage par couchage se fait au printemps ou à la fin de l'été, sur les arbustes à rameaux souples qui plient jusqu'au sol : hortensia, forsythia, groseillier, chèvrefeuille, laurier-tin, romarin étalé. Choisissez un rameau bas de l'année ou de l'année précédente, dégarnissez-le de ses feuilles sur une vingtaine de centimètres, entaillez légèrement l'écorce sous un nœud, puis couchez cette portion dans une cuvette creusée de quelques centimètres. Maintenez-la au sol avec une pierre ou un crochet, recouvrez de terre mêlée de terreau, et redressez l'extrémité feuillée à la verticale contre un tuteur. Arrosez pour que la zone ne sèche jamais complètement. Les racines se forment pendant la saison. Sevrez la marcotte l'automne ou le printemps suivant en coupant le rameau entre le pied mère et les racines, puis attendez quelques semaines avant de déplanter. C'est la méthode la plus sûre : la marcotte reste nourrie par le pied mère pendant tout l'enracinement.

Diviser les vivaces : quand ouvrir la touffe et quelle taille d'éclat conserver

La division renouvelle les vivaces dont le centre se dégarnit et qui fleurissent moins qu'avant, en général tous les trois à quatre ans. Deux fenêtres conviennent : le début du printemps, au moment où les pousses pointent, et le début de l'automne, quand le sol est encore chaud. L'usage veut que l'on divise à l'automne les vivaces qui fleurissent au printemps, et au printemps celles qui fleurissent en fin de saison. Arrachez la touffe à la fourche-bêche en gardant un maximum de racines, secouez la terre pour voir la structure, puis séparez à la main, au couteau, ou en croisant deux fourches dos à dos pour les souches coriaces. Éliminez le cœur épuisé et ne conservez que les éclats de la périphérie, chacun portant plusieurs bourgeons et un bon volume de racines : un éclat de la taille d'un poing reprend mieux qu'un fragment minuscule. Replantez aussitôt, à la même profondeur, et arrosez copieusement.

Diviser les graminées ornementales : attendre le départ de végétation au printemps

Les graminées ornementales se divisent au printemps, quand les nouvelles pousses apparaissent à la base, et non à l'automne : ouvertes avant l'hiver, les touffes restent froides et humides et repartent mal. Rabattez d'abord le feuillage sec à une vingtaine de centimètres pour y voir clair, puis arrachez la touffe entière. Les touffes âgées forment au centre un plateau de racines très dense, souvent creux : éliminez cette partie morte. Séparez la périphérie en éclats larges comme deux mains, chacun portant des pousses vertes visibles et des racines. Sur les souches les plus dures, une bêche tranchante ou une scie d'élagage sont plus efficaces que la main. Replantez immédiatement à la même profondeur, arrosez, et gardez le sol frais pendant tout le premier été : c'est la seule période où une graminée réclame de l'arrosage. Les graminées de saison chaude se divisent plus tard, quand le sol s'est réchauffé.

Diviser les iris de jardin : rhizomes, éventails de feuilles et replantation à fleur de sol

Les iris de jardin à rhizome se divisent après la floraison, de la fin juin à la fin août, tous les trois à quatre ans, quand la touffe s'est étalée en cercle et fleurit moins au centre. Soulevez la touffe à la fourche, secouez la terre, puis cassez ou coupez les rhizomes de façon que chaque fragment porte un éventail de feuilles et des racines. Éliminez les portions de rhizome molles, creuses ou sans feuillage. Raccourcissez les feuilles en biseau à une quinzaine de centimètres pour limiter la prise au vent et l'évaporation. La replantation est le point décisif : le rhizome se pose à fleur de sol, à peine recouvert, sa face supérieure visible et tournée vers le soleil, seules les racines enterrées. Un rhizome enfoui ne fleurit pas. Espacez les éclats d'une trentaine de centimètres, arrosez une fois, puis laissez faire. La floraison revient l'année suivante ou la seconde année.

Diviser les hostas : au réveil des cornets ou en fin d'été, avec des racines

L'hosta se divise au tout début du printemps, quand les cornets de feuilles pointent encore roulés hors du sol, ou à la fin de l'été après la floraison. Le printemps est le moment le plus lisible : on voit exactement où couper entre les bourgeons. Arrachez la touffe à la fourche-bêche en cerclant largement pour préserver les racines charnues, puis séparez à la main si la souche cède, au couteau bien affûté sinon, en veillant à ce que chaque éclat porte au moins deux ou trois cornets et un bouquet de racines. Un éclat à un seul bourgeon reprend, mais met deux ans à former une touffe présentable. Replantez à la même profondeur, le collet au niveau du sol, dans un sol frais enrichi de compost, à mi-ombre. Arrosez régulièrement le premier été. Un hosta divisé au printemps produit des feuilles plus petites la première année : la taille normale revient la saison suivante.

Le substrat de bouturage : pourquoi un mélange pauvre et drainant enracine mieux

Une bouture n'a pas de racines : elle ne peut rien absorber d'un substrat riche, et un excès d'éléments nutritifs ne fait qu'entretenir l'humidité et favoriser la pourriture de la base. Le mélange de référence est pauvre, léger et drainant : moitié terreau à semis, moitié sable grossier ou perlite. Pour les boutures charnues, pélargonium, succulentes, romarin, augmentez la part de sable. Pour les boutures herbacées qui demandent une fraîcheur constante, hortensia, fuchsia, augmentez la part de terreau. Le substrat doit être humide au moment du piquage, jamais détrempé : serré dans la main, il forme une boule qui ne rend pas d'eau. Utilisez des godets ou des terrines percés, remplis sans tasser, et faites un avant-trou au crayon pour ne pas écraser la base de la bouture en l'enfonçant. L'apport d'engrais n'a de sens qu'après la reprise de croissance, jamais avant.

Tenir une bouture à l'étouffée : humidité de l'air, aération et lumière juste

Tant qu'elle n'a pas de racines, une bouture perd de l'eau par ses feuilles sans pouvoir en reprendre : tout l'enjeu est de ralentir cette perte. C'est le rôle de l'étouffée, cloche, mini-serre ou simple sachet transparent maintenu écarté par des baguettes pour qu'il ne colle pas au feuillage. L'air saturé d'humidité réduit l'évaporation et laisse aux racines le temps de se former. Deux réglages comptent. L'aération d'abord : ouvrez quelques minutes chaque jour pour renouveler l'air et laisser retomber la condensation, faute de quoi le feuillage reste mouillé en permanence et se couvre de taches. La lumière ensuite : beaucoup de clarté, mais jamais de soleil direct, qui transforme la cloche en four en une demi-heure. Retirez progressivement la couverture dès que la pousse terminale redémarre, sur plusieurs jours, pour habituer le jeune plant à l'air ambiant.

Délais d'enracinement et nombre de boutures à prévoir dans une série

Quelques ordres de grandeur évitent de déterrer une bouture trop tôt. En herbacé et à température douce, deux à quatre semaines suffisent souvent : fuchsia, pélargonium, monstera, sauge, romarin. En semi-aoûté, comptez un à trois mois : lavande, laurier, rosier d'été, hortensia d'automne. En bois sec, l'enracinement s'étale sur l'hiver et ne se confirme qu'au printemps : forsythia, rosier, groseillier. Le buis et les persistants lents dépassent souvent trois mois. Le signe fiable de la reprise n'est pas la couleur du feuillage, qui reste vert plusieurs semaines sur une bouture perdue, mais le redémarrage du bourgeon terminal et l'apparition de racines aux trous de drainage. Ne tirez jamais sur une bouture pour vérifier. Prévoyez toujours plus de boutures que de plants souhaités : sur les espèces faciles, l'essentiel d'une série reprend ; sur les espèces difficiles, la moitié ou moins, ce qui reste normal.

Sevrer et rempoter une bouture enracinée sans casser les jeunes racines

Une bouture est prête à être rempotée quand des racines apparaissent aux trous de drainage et que la pousse terminale s'allonge nettement. Retirez d'abord la cloche ou le sachet par étapes, sur trois à cinq jours, pour que le jeune plant s'habitue à l'air ambiant : un passage brutal fait flétrir le feuillage en quelques heures. Arrosez la veille du rempotage, puis dépotez en retournant le godet et en soutenant la motte, sans jamais tirer sur la tige. Les racines de bouture sont fines et cassantes : ne les démêlez pas, ne secouez pas la motte. Rempotez dans un godet à peine plus grand, avec un terreau ordinaire cette fois, en gardant le collet au même niveau. Arrosez pour tasser le substrat autour de la motte, puis placez à la lumière sans soleil direct une semaine. Attendez un mois avant tout apport d'engrais, et pincez l'extrémité pour que le plant se ramifie.

Choisir le rameau à bouturer et les erreurs qui font échouer toute une série

La qualité du rameau prélevé est le premier facteur de réussite. Prélevez le matin, sur un pied bien nourri et arrosé la veille, jamais en pleine chaleur ni sur une plante flétrie. Choisissez une pousse de l'année moyennement vigoureuse : les rameaux gourmands, très longs et creux, enracinent mal, et les brindilles chétives n'ont pas de réserves. Écartez systématiquement les tiges portant fleurs ou boutons, ainsi que les rameaux au feuillage marqué par une maladie ou colonisés par des pucerons ou des cochenilles. Coupez avec une lame propre et bien affûtée : un sécateur émoussé écrase les tissus et la base ne cicatrise pas. Mettez les fragments à l'abri dans un sachet fermé le temps du transport, et piquez dans l'heure. Les trois erreurs les plus fréquentes : trop de feuilles laissées en place, un substrat trop riche, et un arrosage excessif pendant les premières semaines.