Désordres non parasitaires

30 passages · diagnostic-2026-08-12

Chlorose ferrique : jeunes feuilles jaunes à nervures vertes sur hortensia et rosier

Ce qu'on voit : le limbe pâlit puis vire au jaune clair alors que les nervures restent nettement vertes, et le symptôme touche d'abord les jeunes feuilles, en bout de rameau. Ce qui le cause : le fer est présent dans le sol mais bloqué, le plus souvent parce que la terre est calcaire, parce que l'eau d'arrosage l'est, ou parce que le sol reste trop humide. On rencontre cette chlorose ferrique sur hortensia, rosier, pêcher, framboisier et sur les fruitiers plantés en terrain crayeux. Ce n'est ni une maladie ni un ravageur : pas de tache, pas d'insecte, pas de feutrage. Les gestes qui corrigent : arroser à l'eau de pluie dès que c'est possible, pailler au compost bien mûr, éviter les arrosages excessifs qui aggravent le blocage, apporter au printemps un engrais contenant du fer sous forme assimilable. En terrain franchement calcaire, la correction durable consiste à cultiver l'espèce sensible en bac avec un substrat adapté, ou à la remplacer par une espèce qui supporte le calcaire.

Chlorose du citronnier et des agrumes en pot arrosés à l'eau calcaire

Ce qu'on voit : sur un citronnier, un oranger ou un calamondin en pot, les feuilles jeunes deviennent jaune pâle avec un réseau de nervures resté vert, la pousse de printemps sort courte, et le feuillage tombe peu à peu en partant du haut. Ce qui le cause : des arrosages répétés à l'eau du robinet dans une région calcaire font monter le pH du terreau ; le fer et le manganèse deviennent inassimilables même s'ils sont bien présents dans le substrat. Un terreau vieilli de plusieurs années et un drainage bouché accentuent le phénomène. Les gestes qui corrigent : récupérer l'eau de pluie pour l'arrosage courant, vérifier que le trou du pot n'est pas obstrué et ne jamais laisser la soucoupe pleine, rempoter tous les deux à trois ans dans un substrat neuf et drainant, apporter un engrais pour agrumes pendant toute la période de végétation, du printemps à la fin de l'été. Un agrume rentré l'hiver dans une pièce chauffée et sombre jaunit pour les mêmes raisons : lui donner la pièce la plus fraîche et la plus lumineuse de la maison.

Carence en azote : gazon pâle, pousse lente et tontes de plus en plus espacées

Ce qu'on voit : le gazon perd sa couleur franche, vire au vert pâle puis au jaune, de façon uniforme sur toute la surface et sans taches ni ronds nets ; il pousse lentement, la tonte s'espace d'elle-même, et la mousse comme les plantes indésirables gagnent du terrain. Ce qui le cause : une carence en azote. Elle est fréquente à la sortie de l'hiver, sur les sols sableux, et sur les pelouses tondues très ras dont on ramasse systématiquement les déchets de tonte, ce qui exporte chaque semaine ce que le gazon a produit. Un hiver très pluvieux lessive aussi l'azote hors de portée des racines. Les gestes qui corrigent : apporter un engrais gazon au printemps puis de nouveau en fin d'été, pratiquer le mulching une tonte sur deux pour restituer la matière au sol, remonter la hauteur de coupe autour de quatre à cinq centimètres pour que les brins reconstituent leurs réserves. Un surfaçage au compost tamisé au printemps produit le même effet, plus lentement mais plus durablement.

Carence en azote au potager : feuilles du bas jaunes sur choux, courges et poireaux

Ce qu'on voit : sur choux, courges, maïs, poireaux ou salades, les feuilles les plus anciennes, celles du bas, jaunissent d'un jaune uniforme sur tout le limbe pendant que le sommet reste vert ; la plante reste petite, les tiges sont grêles et la récolte tarde. Ce qui le cause : une carence en azote. L'azote circule dans la plante, qui le retire de ses vieilles feuilles pour alimenter les jeunes : d'où ce jaunissement qui commence toujours par le bas. On l'observe après un hiver pluvieux qui a lessivé le sol, sur une planche cultivée depuis longtemps sans apport, ou quand on vient d'enfouir de la paille ou du broyat frais, qui immobilisent l'azote en se décomposant. Les gestes qui corrigent : apporter du compost mûr ou du fumier bien décomposé avant plantation, un engrais riche en azote ou de la corne broyée en cours de culture, semer un engrais vert de la famille des légumineuses à l'automne, et ne jamais enfouir de broyat frais juste avant un semis.

Carence en potasse : bord des feuilles desséché en liseré sur tomate et groseillier

Ce qu'on voit : le bord du limbe jaunit puis brunit et se dessèche sur quelques millimètres, en liseré régulier tout autour de la feuille, tandis que le centre reste vert ; les feuilles les plus âgées sont touchées les premières. Sur tomate, les fruits mûrissent de façon inégale, avec des épaules restées jaunes ou vertes ; sur groseillier, cassissier et vigne, le feuillage se recroqueville et roussit sur les marges ; sur rosier, la floraison est chiche et les tiges molles. Ce qui le cause : une carence en potasse, courante sur sol sableux ou très filtrant, en pot après plusieurs mois sans apport, et sur les cultures à fruits, qui en exportent beaucoup. Les gestes qui corrigent : apporter à l'automne de la cendre de bois tamisée en petite quantité, du compost, ou un engrais à dominante potasse pour les cultures fruitières ; pailler pour stabiliser l'humidité, car la potasse migre mal dans un sol sec. En pot, maintenir les apports pendant toute la période de végétation.

Carence en magnésium : jaunissement entre les nervures des feuilles les plus âgées

Ce qu'on voit : entre les nervures, le limbe jaunit puis prend des teintes jaune orangé, les nervures elles-mêmes restant vertes et bien dessinées. À la différence de la chlorose ferrique, ce sont les feuilles les plus âgées, en bas de la plante ou à la base des rameaux, qui sont touchées d'abord ; le symptôme monte ensuite progressivement. On l'observe sur tomate en pot ou sous abri, sur pommier, vigne et rosier, et les feuilles atteintes finissent par tomber. Ce qui le cause : une carence en magnésium, favorisée par les sols sableux et acides, par un lessivage après de fortes pluies, et par un excès de potasse qui gêne l'absorption du magnésium. En pot, un substrat épuisé suffit à la déclencher. Les gestes qui corrigent : apporter un engrais contenant du magnésium au démarrage de la culture, corriger un sol trop acide par un amendement calcaire magnésien à l'automne, espacer les apports de potasse, et pailler pour que le sol ne sèche jamais complètement entre deux arrosages.

Nécrose apicale de la tomate : fond du fruit noir, sec et légèrement enfoncé

Ce qu'on voit : à l'extrémité du fruit, à l'opposé du pédoncule, une plage brune à noire, sèche, un peu enfoncée et parcheminée, qui s'étend parfois sur un tiers de la tomate. Les premiers bouquets sont les plus touchés, en particulier sur les variétés allongées. Le feuillage, lui, reste sain, et rien ne se transmet d'un pied à l'autre : ce n'est ni une maladie ni un ravageur. Ce qui le cause : le calcium n'est pas arrivé jusqu'au fruit en croissance. Le sol en contient presque toujours assez, mais son transport dépend de la régularité de l'eau. Une alternance de sécheresse et d'arrosages copieux, un pot trop petit, une forte chaleur sous abri ou un excès d'azote qui pousse le feuillage au détriment du fruit suffisent à provoquer la nécrose apicale. Les gestes qui corrigent : arroser régulièrement au pied plutôt qu'abondamment de loin en loin, pailler épais pour stabiliser l'humidité, prévoir au moins une quinzaine de litres de substrat par pied en pot, aérer l'abri aux heures chaudes, modérer l'azote. Les fruits marqués ne se rattrapent pas : les retirer, les suivants seront normaux.

Nécrose apicale du poivron et de l'aubergine cultivés sous abri ou en pot

Ce qu'on voit : sur poivron, piment doux et aubergine, l'extrémité du fruit se décolore, devient translucide puis brunit en une zone sèche et déprimée ; le fruit reste attaché mais cesse de grossir régulièrement. Le feuillage ne porte ni tache ni déformation, et les pieds voisins peuvent être indemnes. Ce qui le cause : la même nécrose apicale que sur la tomate. Le calcium circule avec l'eau dans la plante ; sous abri, la chaleur et l'air sec font transpirer le feuillage qui capte le calcium en priorité, et le fruit en croissance est servi en dernier. Les à-coups d'arrosage, les pots trop petits et les fortes doses d'azote aggravent tout. Les gestes qui corrigent : arroser souvent et modérément plutôt que rarement et beaucoup, pailler la surface du sol ou du pot, ouvrir largement la serre ou le tunnel dès la matinée, ombrer légèrement aux heures les plus chaudes de juillet et août, rempoter dans un volume plus large si les racines tapissent déjà le fond. Retirer les fruits marqués pour que la plante se concentre sur les suivants.

Excès d'eau en pot : feuilles molles alors que le terreau est détrempé

Ce qu'on voit : la plante fane alors que le terreau est trempé, les feuilles deviennent molles et jaunissent en partant du bas, la surface du substrat prend une odeur aigre, et les racines sorties du pot apparaissent brunes, filandreuses et cassantes au lieu d'être blanches et fermes. Ficus, yucca, dracaena, orchidée et plantes grasses d'intérieur sont les plus souvent concernés, tout comme un géranium ou un fuchsia laissé en pot sous les pluies d'automne. Ce qui le cause : l'eau a chassé l'air du substrat et les racines ne respirent plus, c'est l'asphyxie racinaire. Une soucoupe laissée pleine, un cache-pot sans écoulement, un trou de drainage obstrué, un pot trop grand pour la motte, un terreau vieilli qui s'est tassé, ou simplement des arrosages hebdomadaires maintenus l'hiver alors que la plante ne pousse plus. Le symptôme ressemble beaucoup au manque d'eau, d'où l'erreur classique d'arroser encore davantage. Les gestes qui corrigent : vider la soucoupe un quart d'heure après l'arrosage, dépoter pour examiner les racines et supprimer celles qui sont brunes, rempoter dans un substrat neuf et drainant, attendre que les premiers centimètres soient secs avant d'arroser, et réduire nettement la fréquence de novembre à février.

Asphyxie racinaire en pleine terre : eau stagnante et sol lourd après un hiver pluvieux

Ce qu'on voit : au printemps, un arbuste débourre mal, feuille peu, garde un feuillage clairsemé puis dépérit rameau par rameau. L'eau stagne en flaques plusieurs heures après l'averse, la terre colle à la bêche et sent la vase, le collet est noirci. Buis, lavande, romarin, cerisier, pêcher et rhododendron y sont particulièrement sensibles. Ce qui le cause : un sol argileux ou compacté par le passage d'engins, une semelle de labour, un trou de plantation creusé comme une baignoire dans une terre lourde, ou une plantation dans un point bas du terrain. Privées d'air, les racines meurent, et la plante manque d'eau alors qu'elle en a trop. Les gestes qui corrigent : planter les espèces sensibles sur une butte de quinze à trente centimètres, décompacter à la grelinette sans retourner, incorporer compost et sable grossier sur une large surface plutôt que dans le seul trou, créer une pente ou un drain pour évacuer l'eau, et réserver les points bas aux espèces qui supportent l'humidité.

Manque d'eau au jardin : feuillage qui retombe l'après-midi et se relève la nuit

Ce qu'on voit : le feuillage pend en fin de journée puis se redresse pendant la nuit ; s'il ne se redresse plus au matin, le déficit dure depuis plusieurs jours. Les bords des feuilles brunissent et deviennent cassants, les feuilles du bas tombent, les fleurs coulent et les jeunes fruits chutent. Le gazon prend une teinte gris-bleu et garde l'empreinte des pas. Ce qui le cause : un manque d'eau, souvent aggravé par un sol nu que le soleil a fait croûter, par une plantation récente dont les racines n'explorent encore que la motte, et par des arrosages courts et fréquents qui n'humectent que la surface. Les gestes qui corrigent : arroser copieusement et espacé plutôt que peu et souvent, au pied et non sur le feuillage, tôt le matin ou en soirée, en formant une cuvette autour des plantations de l'année. Un paillage de cinq à sept centimètres de tonte séchée, de broyat ou de feuilles mortes réduit nettement les besoins. Biner ne remplace pas l'arrosage mais casse la croûte de surface et limite l'évaporation.

Motte desséchée en pot : l'eau traverse aussitôt sans mouiller le substrat

Ce qu'on voit : on arrose, l'eau ressort immédiatement dans la soucoupe, mais la motte reste sèche au cœur ; le pot est étonnamment léger, le terreau s'est rétracté et un espace s'est creusé entre la motte et la paroi, les feuilles pendent et leurs pointes sont sèches et cassantes. Ce qui le cause : un terreau riche en tourbe, laissé à sécher complètement, devient difficile à réhumecter ; l'eau glisse le long de la paroi sans pénétrer. Une plante à l'étroit dont les racines occupent tout le volume produit le même effet, tout comme un pot exposé en plein soleil sur une terrasse en été. Les gestes qui corrigent : bassiner, c'est-à-dire immerger le pot dans une bassine remplie jusqu'au niveau du terreau pendant une vingtaine de minutes, jusqu'à ce que les bulles cessent, puis laisser égoutter. Griffer ensuite la surface, ajouter du terreau frais pour combler l'espace périphérique, et rempoter si les racines tapissent le fond. En été, un pot en terre cuite au soleil demande souvent un arrosage quotidien.

Coup de soleil sur le feuillage : plages décolorées après un changement d'exposition

Ce qu'on voit : des plages décolorées, blanchies puis brunes et sèches, apparaissent au milieu du limbe sur les feuilles les plus exposées, souvent quelques jours après un changement de place ; les feuilles situées à l'ombre restent intactes. Les contours sont nets et le tissu atteint reste sec, sans auréole humide ni odeur, ce qui le distingue d'une maladie. Ce qui le cause : un coup de soleil. Une plante d'intérieur sortie d'un coup sur une terrasse en juin, un semis sorti de la maison sans transition, un sujet acheté sous serre ombrée puis installé plein sud, ou une vitre qui concentre le rayonnement : le feuillage formé à l'ombre n'a pas eu le temps d'épaissir sa cuticule. Contrairement à une idée répandue, l'eau posée sur le feuillage ne brûle pas les feuilles par effet de loupe : une étude parue dans New Phytologist en 2010 n'a trouvé aucune brûlure sur feuilles lisses, et n'a observé le phénomène que sur des feuilles à poils cireux qui tiennent la goutte au-dessus du limbe. Les gestes qui corrigent : acclimater progressivement sur une à deux semaines, quelques heures par jour d'abord, à l'ombre puis au soleil du matin ; ombrer avec un voile les premiers jours ; arroser au pied tôt le matin ou le soir. Les feuilles marquées ne reverdissent pas, mais les pousses suivantes seront adaptées.

Coup de soleil sur les fruits : plage blanchie sur tomate, poivron, pomme et raisin

Ce qu'on voit : sur la face exposée au sud ou à l'ouest, une plage claire, blanchâtre puis beige et parcheminée, se forme sur la tomate, le poivron, la pomme ou le grain de raisin ; la zone reste ferme et sèche, elle ne s'enfonce pas comme une pourriture et ne progresse plus une fois la chaleur passée. Elle apparaît après un épisode de forte chaleur, surtout si le feuillage a été retiré peu avant. Ce qui le cause : un coup de soleil sur le fruit. Un effeuillage trop généreux pratiqué pour hâter la maturation, une taille sévère en plein été, la perte de feuillage après une sécheresse, ou une paroi de serre qui concentre le rayonnement laissent le fruit sans ombre. Les gestes qui corrigent : conserver les feuilles qui abritent les grappes et les bouquets, n'effeuiller que très partiellement et jamais pendant une vague de chaleur, ombrer la serre ou le tunnel avec un voile pendant les journées les plus chaudes, arroser régulièrement pour que la plante ne referme pas ses feuilles. La récolte suivante sera normale si l'ombrage est rétabli.

Soleil d'hiver sur l'écorce des jeunes troncs : fentes verticales sur la face sud

Ce qu'on voit : sur un jeune arbre planté depuis peu, une plaque d'écorce du côté sud ou sud-ouest se fendille verticalement, se décolle par lambeaux et laisse le bois à nu ; la branche située au-dessus pousse moins bien l'année suivante. Les essences à écorce fine sont les plus concernées : pommier, cerisier, érable, hêtre, jeunes fruitiers en général. Ce qui le cause : l'alternance thermique de fin d'hiver. Par journée ensoleillée et froide, l'écorce exposée au sud se réchauffe fortement et la sève se remet en mouvement, puis le gel revient la nuit et les tissus éclatent. Les troncs isolés, dégagés très haut et sans ombrage, sont les plus exposés. Les gestes qui corrigent : conserver quelques branches basses les premières années pour ombrer le tronc, poser un manchon clair, une natte de roseau ou un badigeon à la chaux sur la face sud, planter à l'automne pour un enracinement précoce, et pailler le pied. Une plaie déjà ouverte se pare proprement sur les bords à la serpette, puis on la laisse cicatriser à l'air.

Vent desséchant : bords de feuilles roussis sur les haies et les jeunes plantations

Ce qu'on voit : les bords du limbe roussissent et se dessèchent, les jeunes pousses noircissent en bout, le feuillage prend une teinte terne, et la plante se développe de travers, penchée dans le sens du vent, avec une végétation nettement plus fournie du côté abrité. Sur les haies de laurier, de photinia ou de conifères, la face au vent brunit sur toute sa hauteur. Ce qui le cause : un dessèchement par le vent. L'air en mouvement, surtout froid et sec en hiver ou chargé d'embruns en bord de mer, fait perdre au feuillage plus d'eau que les racines n'en fournissent, en particulier quand le sol est gelé ou que la plantation est récente. Les gestes qui corrigent : installer un brise-vent ajouré, qui filtre l'air bien mieux qu'un mur plein en évitant les turbulences ; poser un voile d'hivernage sur les sujets sensibles pendant les périodes de vent froid ; tuteurer souplement les plantations de l'année ; pailler pour garder un sol meuble ; et placer en première ligne des espèces réputées résistantes au vent.

Choc de transplantation : le plant qui pique du nez dans les jours suivant la plantation

Ce qu'on voit : dans les jours qui suivent la plantation ou le repiquage, le plant fane aux heures chaudes, les feuilles se dessèchent sur les bords, la croissance s'arrête deux à trois semaines, et quelques feuilles jaunissent puis tombent. Le plant est pourtant sain : ni tache, ni insecte, ni déformation. Ce qui le cause : un choc de transplantation. Les radicelles fines, qui absorbent l'essentiel de l'eau, ont été rompues à l'arrachage ou desséchées à l'air pendant la manipulation, tandis que le feuillage continue de transpirer. Une plantation en plein soleil de midi, par vent sec, ou une motte sèche au moment de la mise en terre aggravent tout. On l'observe aussi bien sur les salades et les choux repiqués au potager que sur un rosier, un arbuste de haie ou un fruitier planté à racines nues en hiver. Les gestes qui corrigent : tremper la motte dans un seau jusqu'à la fin des bulles avant de planter, planter en fin de journée ou par temps couvert, arroser copieusement pour coller la terre aux racines, former une cuvette et pailler, ombrer quelques jours avec un cageot ou un voile, et pincer une partie du feuillage sur les sujets à racines nues. Ne pas fertiliser tout de suite : les racines neuves cherchent l'eau, pas l'engrais.

Sol trop calcaire pour la terre de bruyère : camélia, azalée et myrtille qui jaunissent

Ce qu'on voit : un camélia, un rhododendron, une azalée, un érable du Japon, une bruyère ou un pied de myrtille installé en terre ordinaire pousse mal, produit des feuilles de plus en plus petites et jaune pâle à nervures restées vertes, fleurit peu, et se dégarnit par le haut jusqu'à sécher rameau par rameau. Ce qui le cause : un sol trop calcaire, donc au pH trop élevé pour ces espèces de terre de bruyère, qui ne savent plus prélever le fer au-delà d'un certain seuil. L'arrosage à l'eau du robinet dans une région calcaire produit le même résultat en quelques saisons, même dans un substrat acide au départ. Les gestes qui corrigent : arroser à l'eau de pluie, pailler avec des aiguilles de pin, des écorces ou des feuilles de chêne, apporter du compost de feuilles chaque automne. En terrain franchement crayeux, aucun amendement ne tient durablement : mieux vaut cultiver ces espèces en bac ou en massif surélevé rempli d'un substrat adapté, ou leur préférer des arbustes qui tolèrent le calcaire.

Excès de sels minéraux en pot : croûte blanche sur le terreau et pointes sèches

Ce qu'on voit : une croûte blanchâtre ou jaunâtre se forme à la surface du terreau et sur le pourtour des pots en terre cuite, les pointes et les bords des feuilles brunissent et se dessèchent alors que le centre du limbe reste vert, la plante stagne, et de nouvelles racines apparaissent en surface. Ce qui le cause : une accumulation de sels minéraux dans le substrat. Des apports d'engrais répétés sans arrosage abondant entre deux, une eau du robinet très minéralisée, une soucoupe qui renvoie sans cesse la même eau dans la motte, ou l'absence de rempotage depuis plusieurs années concentrent ces sels jusqu'à ce que les racines n'arrivent plus à prélever l'eau. Les agrumes en pot, les plantes vertes d'intérieur comme le ficus ou le spathiphyllum, et les orchidées nourries toute l'année sont les premiers concernés. Les gestes qui corrigent : lessiver la motte en faisant couler lentement un volume d'eau égal à plusieurs fois celui du pot, puis vider la soucoupe ; gratter la croûte et remplacer le premier centimètre de terreau ; rempoter dans un substrat neuf si la couche est épaisse ; espacer les apports d'engrais et les suspendre pendant l'hiver.

Mousse dans le gazon : ce que son installation révèle de l'état du terrain

Ce qu'on voit : la mousse forme des plaques souples et vert sombre qui gagnent chaque hiver, surtout sous les arbres, le long des murs exposés au nord et dans les creux où l'eau stagne ; le gazon s'y clairsème, les brins s'affinent, et arracher la mousse laisse la terre nue. Ce qui le cause : la mousse ne concurrence pas un gazon vigoureux, elle occupe la place qu'il laisse libre. Son installation révèle presque toujours une combinaison de manque de lumière, de sol compacté, d'excès d'humidité, d'acidité, de tonte trop rase et de fertilisation insuffisante. C'est un indicateur, pas la cause première. Les gestes qui corrigent : agir sur le terrain plutôt que sur la mousse. Remonter la hauteur de tonte à quatre ou cinq centimètres, aérer par carottage à l'automne, scarifier au printemps puis regarnir aussitôt, élaguer les branches basses qui font écran, drainer les zones humides, apporter un engrais gazon au printemps et un amendement calcaire à l'automne si le sol est très acide. En zone durablement ombragée, un couvre-sol d'ombre donne un meilleur résultat qu'un gazon toujours à refaire.

Feutre racinaire du gazon : couche spongieuse entre les brins verts et la terre

Ce qu'on voit : en écartant les brins, on découvre entre la terre et la végétation verte une couche brune, fibreuse et spongieuse de plus d'un centimètre ; le pied s'y enfonce comme sur un tapis, l'eau d'arrosage met du temps à pénétrer, le gazon jaunit vite dès les premières chaleurs et se déchausse par plaques. Ce qui le cause : le feutre racinaire, une accumulation de racines, de rhizomes et de bases de tiges qui se décomposent moins vite qu'elles ne s'accumulent. Un sol tassé, une vie microbienne pauvre, une acidité marquée, des tontes rares mais sévères et un excès d'apports azotés favorisent son épaississement. Le feutre isole la terre de l'air et de l'eau, et les racines finissent par pousser dedans plutôt que dans le sol. Les gestes qui corrigent : scarifier au printemps, éventuellement une seconde fois en fin d'été, en croisant deux passages, puis ramasser les débris ; aérer par carottage sur les sols lourds ; épandre ensuite une fine couche de compost tamisé ou de terreau de surfaçage pour relancer la décomposition, et regarnir les zones mises à nu.

Chignon de racines en pot : plante qui stagne et arrosages de plus en plus rapprochés

Ce qu'on voit : la plante ne pousse plus malgré les arrosages et les apports, elle réclame de l'eau tous les deux jours, des racines sortent par le trou de drainage et tournent en spirale à la surface de la motte, le terreau a presque disparu au profit d'un feutrage de racines, et le pot bascule facilement. Ce qui le cause : la plante est à l'étroit. Les racines ont fait le tour du contenant et forment un chignon serré ; le peu de substrat restant ne retient plus assez d'eau ni d'éléments. Ce n'est ni une maladie ni un ravageur, seulement un manque de place. Un ficus, une monstera, un olivier en pot ou un rosier resté trois ou quatre ans dans le même conteneur en arrivent tous là. Les gestes qui corrigent : rempoter au printemps dans un pot d'un ou deux diamètres de plus, pas davantage ; démêler la base de la motte à la main et couper au sécateur les racines qui s'enroulent, sans quoi elles continueront à tourner ; installer un substrat neuf, arroser copieusement, puis attendre quelques semaines avant de reprendre les apports. Pour un arbuste acheté en conteneur, ce démêlage se pratique aussi au moment de la plantation en pleine terre.

Coulure des fleurs : grappes de vigne clairsemées et bouquets de tomate restés vides

Ce qu'on voit : la floraison a été normale, mais les fleurs sèchent et tombent sans laisser de fruit. Sur la vigne, la grappe reste très clairsemée, avec quelques grains isolés et d'autres restés minuscules ; sur la tomate, le bouquet jaunit à sa base et se détache d'un bloc. Ce qui le cause : la coulure, un échec de la fécondation pendant les quelques jours de la floraison. Une pluie continue qui colle le pollen, un temps froid, ou au contraire une chaleur forte et un air très sec sous abri, une vigueur excessive due à un excès d'azote ou à une taille trop sévère, un sol détrempé au printemps : tout ce qui perturbe la fleur à ce moment précis suffit. Les gestes qui corrigent : aérer largement la serre aux heures chaudes et secouer doucement les tiges de tomate le matin pour libérer le pollen ; modérer l'azote et les arrosages au début de la floraison ; palisser et aérer la vigne pour que l'air circule dans les grappes ; ne pas rogner en pleine floraison. Le phénomène est lié à l'année et ne se reproduit pas forcément la suivante.

Non-nouaison des courgettes et concombres : petits fruits qui jaunissent au bout

Ce qu'on voit : la courgette ou le concombre fleurit abondamment, mais les petits fruits jaunissent à leur extrémité, ramollissent puis se détachent à quelques centimètres. D'autres fleurs, celles qui n'ont aucun renflement à la base, tombent sans rien donner : ce sont les fleurs mâles, et c'est normal. Ce qui le cause : la non-nouaison. La fleur femelle, reconnaissable au petit fruit déjà formé sous les pétales, n'a pas été pollinisée. En début de saison, la plante ne produit souvent que des fleurs mâles ; ensuite, un temps froid et pluvieux, un jardin sans fleurs mellifères ou une serre restée fermée privent les fleurs femelles de visite, alors qu'elles ne restent réceptives qu'une matinée. Les gestes qui corrigent : ouvrir la serre dès le matin, semer des fleurs mellifères à proximité, et polliniser à la main en cueillant une fleur mâle épanouie, en retirant ses pétales et en déposant le pollen au cœur de la fleur femelle, avant midi. Retirer les fruits avortés pour relancer la production.

Non-nouaison des arbres fruitiers : floraison abondante mais récolte absente

Ce qu'on voit : le pommier, le poirier, le cerisier ou le prunier a fleuri en abondance, puis les fleurs sont tombées en quelques jours, tapissant le sol de pétales, et il ne reste presque aucun fruit noué. En ouvrant une fleur tombée, on trouve le cœur brun et sec. Ce qui le cause : plusieurs causes possibles, à distinguer. Une gelée de fin d'hiver ou de printemps pendant la floraison détruit le pistil, et l'année est perdue pour cet arbre. L'absence de pollinisateur compte tout autant : beaucoup de variétés sont autostériles et ont besoin d'une autre variété compatible fleurissant en même temps à proximité. Enfin, une floraison sous pluie continue ou par temps froid empêche les insectes de sortir. Les gestes qui corrigent : planter au moins deux variétés compatibles, ou greffer un rameau pollinisateur sur l'arbre en place ; éviter les points bas où l'air froid s'accumule ; voiler un jeune arbre isolé les nuits de gel annoncées pendant la floraison ; laisser fleurir des vivaces au pied du verger pour attirer les insectes.

Montée à graine prématurée : salade, épinard, radis et fenouil qui filent en tige

Ce qu'on voit : la salade dresse brusquement une tige centrale, ses feuilles s'allongent et deviennent amères ; l'épinard file en tige florale avant d'avoir formé sa touffe ; le radis devient creux et piquant ; la roquette et le fenouil montent en quelques jours ; la betterave et le chou-rave émettent une hampe dès la première année. Ce qui le cause : une montée à graine prématurée. La plante bascule en floraison sous l'effet d'un stress ou d'un signal saisonnier : un coup de sec, un semis trop tardif au printemps, l'allongement des jours de juin, un plant resté trop longtemps en godet, ou un épisode de froid après repiquage pour les espèces bisannuelles. Les gestes qui corrigent : semer aux périodes qui conviennent à l'espèce, en évitant le plein été pour les salades et les épinards ; arroser régulièrement pour que la culture ne subisse jamais d'à-coup ; pailler ; éclaircir tôt afin de limiter la concurrence ; repiquer jeune, avant que le godet ne soit envahi de racines ; et retenir pour les semis d'été des variétés décrites comme lentes à monter.

Éclatement des tomates et des cerises après une pluie d'orage en fin de maturation

Ce qu'on voit : la peau de la tomate se fend, soit en cercles concentriques autour du pédoncule, soit en fentes rayonnantes du sommet vers le bas ; sur cerise et prune, une fente nette s'ouvre après un orage, souvent au point le plus bas du fruit, puis sèche et se couvre de moisissure. Cela survient toujours peu avant la maturité. Ce qui le cause : un afflux d'eau brutal. Le fruit presque mûr a une peau qui a fini de s'étendre ; une pluie abondante ou un arrosage copieux après plusieurs jours de sec fait gonfler la pulpe plus vite que l'enveloppe, et elle cède. Les fortes amplitudes entre journée chaude et nuit fraîche aggravent le phénomène. Les gestes qui corrigent : arroser régulièrement plutôt que par à-coups, pailler épais pour amortir les variations d'humidité du sol, abriter les tomates de la pluie sous un simple auvent, réduire les apports d'eau à l'approche de la maturité, et récolter avant une pluie annoncée quand les cerises sont déjà colorées. Les fruits fendus ne se conservent pas : les retirer sans attendre.

Fentes des carottes, radis et choux : racines et pommes crevassées à la récolte

Ce qu'on voit : à l'arrachage, la carotte, le radis ou le navet portent une ou plusieurs fentes longitudinales, parfois déjà refermées et cicatrisées en liège ; les choux pommés et les choux-raves éclatent sur le côté. Les racines fourchues ou tordues, elles, relèvent d'autre chose : un sol caillouteux, mal ameubli, ou fumé trop frais. Ce qui le cause : une reprise brutale de croissance après une période sèche. Les tissus déjà formés ne s'étirent plus, une pluie ou un arrosage abondant fait gonfler l'intérieur, et l'enveloppe se fend. Un semis trop dense suivi d'un éclaircissage tardif produit le même à-coup, tout comme une récolte trop tardive sur des radis laissés en place. Les gestes qui corrigent : arroser régulièrement et sans à-coups pendant tout le grossissement, pailler entre les rangs, éclaircir tôt et à bonne distance, ameublir profondément avant le semis, ne pas apporter de fumier frais l'année même, et récolter les radis jeunes plutôt que de les laisser grossir.

Chute physiologique des jeunes fruits : la chute de juin du pommier et des agrumes

Ce qu'on voit : après une bonne floraison et une nouaison réussie, le pommier, le poirier ou l'oranger laisse tomber en quelques jours, souvent au mois de juin, une grande quantité de petits fruits de la taille d'une noisette ; le sol en est couvert. Les fruits tombés sont sains, sans piqûre ni tache, et leur pédoncule s'est détaché proprement. Ce qui le cause : une chute physiologique. L'arbre ajuste sa charge à ce qu'il peut nourrir et abandonne les fruits les moins bien fécondés ou les plus mal placés. Une sécheresse, un coup de chaud ou une année de forte alternance accentuent la chute. C'est un mécanisme normal, ce n'est le signe ni d'une maladie ni d'un ravageur. Les gestes qui corrigent : ne rien faire dans l'immédiat, puis compléter par un éclaircissage manuel une fois la chute terminée, en ne gardant qu'un ou deux fruits par bouquet et en espaçant les fruits le long du rameau. Arroser au pied pendant les épisodes secs de juin et pailler limitent la chute. Un arbre allégé donne des fruits plus gros et fleurit mieux l'année suivante.

Feuillage panaché qui reverdit : rameaux entièrement verts sur fusain, houx ou lierre

Ce qu'on voit : un fusain, un houx, un lierre, un troène panaché ou un ficus à feuilles marbrées émet un ou plusieurs rameaux entièrement verts, plus longs et plus vigoureux que le reste ; laissés en place, ils prennent le dessus et le sujet redevient uniformément vert en deux ou trois saisons. Ce qui le cause : la panachure correspond à des zones de feuille dépourvues de chlorophylle. Un rameau entièrement vert en produit davantage, pousse donc plus vite et étouffe les rameaux panachés. Un manque de lumière accélère le phénomène, l'arbuste privilégiant les pousses les plus efficaces. Ce n'est ni une carence ni une maladie. Les gestes qui corrigent : supprimer les rameaux verts dès leur apparition, en les taillant à leur point de départ sur le bois panaché et non à mi-longueur, faute de quoi ils repartent de plus belle ; contrôler le sujet une à deux fois par an ; installer les variétés panachées à une exposition claire, car à l'ombre la panachure s'estompe et les retours au vert se multiplient.